Les plateformes de finance alternative : un univers émietté en forte croissance dans le monde

La finance alternative est en croissance de 25% par an

Dix ans après la crise financière, la finance alternative est en forte croissance. La diversité et le dynamisme des nouveaux acteurs de ce marché marquent les esprits. La France est toutefois en retard. C’est ce que montre cette tribune de Damien Guermonprez, Président Exécutif de Lemon Way, une solution de paiement pour les places de marché. 

Le secteur de la finance alternative représenterait près de 300 milliards de dollars de collecte dans le monde, en progression de 25% par an. En 2023, le marché mondial pourrait atteindre les 500 milliards de collecte par an. Ce montant  reste toutefois encore faible au regard du montant des financements octroyés par les banques mais le dynamisme des nouveaux acteurs de ce marché est indéniable.

La crise de 2008 comme aiguillon du marché 

L’engouement pour la finance alternative est mondial. La crise financière de 2008 a poussé les particuliers et les entreprises vers des solutions alternatives pour se refinancer et les prêteurs ont répondu présents dans un contexte de taux d’intérêt bas. On comptait déjà, selon l’étude KPMG, 43 millions d’investisseurs dans le monde qui ont investi dans la finance alternative.

En France, la finance alternative a récolté 1,4 milliard d’euros en 2018

Le domaine de la finance alternative est largement dominé par les Chinois à hauteur de 75%, un pourcentage déjà enregistré en 2015 selon KPMG et l’Université de Cambridge. Les Etats-Unis arrivent en deuxième position avec 19% du marché. L’Europe représente à peine 6% pour le moment du secteur dont l’essentiel (60%) provient du Royaume-Uni. En France, la finance alternative a récolté 1,4 milliard d’euros en 2018, un montant en augmentation de 39% selon le rapport annuel de KPMG et l’association Financement participatif France (FPF).

Cette forme d’investissement offre une praticité d’usage pour le donateur et des rendements attractifs pour les investisseurs. Tous les secteurs du financement sont concernés. L’activité de prêt aux particuliers ou « Peer to Peer lending » représente la majorité des volumes de la finance alternative dans le monde, à hauteur de 58%. On y trouve des géants du secteur comme Lending Club aux Etats-Unis ou Prosper au Royaume-Uni.  En France, il s’agit d’un monopole bancaire, ce qui explique que le seul acteur, Younited Credit, soit aussi une banque.

Le financement participatif des entreprises en 2ème position 

Le deuxième marché le plus important, avec un tiers des volumes, est le financement participatif du prêt aux entreprises ou « Crowdlending ». On y trouve des représentants espagnols comme Zank, Arboribus, Lendmarket, Loanbook et les sociétés françaises Wesharebonds ou October, ce dernier étant déjà implanté dans cinq pays européens. Les spécialistes du financement des projets liés aux énergies renouvelables se démarquent avec les acteurs français Lendosphere, Climateseed, AkuoCoop et l’espagnol Fundeen.

Une multitude d’acteurs veulent financer les promoteurs immobiliers

Autre cas, avec 5% des volumes dans le monde, le marché du financement immobilier ou « Real estate crowdfunding » progresse fortement avec l’arrivée d’une multitude d’acteurs pour financer des promoteurs immobiliers qui ont du mal à se refinancer auprès des banques. Le français Wiseed, les allemands Green Rocket et iFunded, les autrichiens Reval et Rendity, les espagnols Housers et Strockcrowd se démarquent par leur dynamisme.

Quant au marché du financement participatif action ou « crowdfunding equity », il ne représente que 2% des volumes de collecte mais il a des représentants français comme Finple, Happy Capital et Sowefund. De la même taille, le secteur des dons aux œuvres ou « Charity » est occupé par le suédois Trine, l’islandais Karolina fund ou le français Commeon.

L’affacturage en forte croissance en Italie et en Espagne

Enfin, le dernier segment, celui de l’affacturage ou « Invoice Trading », est le plus petit avec 1% des sommes collectées mais il connaît la plus forte croissance, notamment en Italie et en Espagne où l’activité n’est pas un monopole bancaire comme en France. Ce sont les investisseurs institutionnels qui refinancent les factures des PME apportées sur les plateformes comme Finanzarel et Novicap en Espagne, Work Invoice, Cashme, CashInvoice et Anticipay en Italie.

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