Les agences immobilières dans la tourmente

Le secteur des agences immobilières est sous le choc du Covid-19 prévient la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Le secteur pâtit également de la dématérialisation encore trop partielle des multiples procédures réglementaires à réaliser lors d’une vente.

20 000 emplois menacés

Les conséquences pourraient être lourdes selon la Fnaim qui parle de 3000 agences immobilières qui pourraient disparaître et de 20 000 emplois menacés. La fédération pointe du doigt les autres maillons de la chaîne de finalisation des transactions immobilières.   « Les agents immobiliers ne peuvent pas, à eux seuls, suppléer à toutes les défaillances qui s’accumulent en amont et en aval de leurs compétences spécifiques » déclare la fédération. Les informations ont été rassemblées par la Fnaim à l’occasion d’un sondage express réalisé auprès de 2000 professionnels adhérents à la Fnaim.

Le tiers des agences n’a qu’un mois de trésorerie

L’enquête montre que pour 1 agence sur trois, leur trésorerie n’excède pas 30 jours, et pour un autre tiers, elle est comprise entre 30 et 60 jours. « Leurs trésoreries ne pourront donc pas indéfiniment résister à un arrêt total des rentrées de fonds » prévient la Fnaim. Dans ce contexte, une ordonnance prise par le gouvernement aggrave la situation selon la Fnaim. Le report des délais de signature a été autorisé par l’ordonnance prise le 25 mars.

La Fnaim n’accepte pas cette mesure. « Il faut, au contraire, réduire les délais de purge des différents recours susceptibles de bloquer une transaction. Sinon, un stock d’actes représentant 400 millions d’euros de chiffre d’affaires ne pourra pas être signé avant le 25 août. Et je ne parle ici que de nos adhérents FNAIM, 50% des professionnels » déclare Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim.

3000 agences devront mettre la clé sous la porte

Faute d’un redémarrage des transactions d’ici à la fin de mai, les trois quarts des professionnels de l’immobilier spécialisés dans la vente auront dû cesser leur activité, annonce la Fnaim. Cela signifie que 3000 agences fermeront et 20 000 emplois sont menacés, dans ces TPE implantées partout en France. « Nous nous organisons pour travailler à distance, mais il nous manque d’autres maillons pour travailler réellement, au premier rang desquels les services d’urbanisme, alors que nous avons besoin d’eux pour poursuivre notre activité » demande Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim.

La Fnaim constate un retard en équipements digitaux de nombreuses études notariales

À cette fin, la Fnaim rappelle qu’elle avait souligné l’impératif de continuité du service d’authentification des actes, même à distance. Elle se félicite que le Conseil supérieur du Notariat se soit  déclaré favorable à la comparution à distance. « Mais dans la réalité des faits, ce vœu s’est heurté au retard en équipements digitaux de nombreuses études » déplore la Fnaim.

La Fnaim rappelle que pour preuve de sa bonne volonté, le Conseil supérieur du notariat est intervenu auprès du ministère des finances pour obtenir la réouverture des services de publicité foncière. C’est chose faite depuis le mercredi 1er avril. « Mais cela ne résout pas tout » admet Jean-François Humbert, président du Conseil supérieur du notariat.

Des demandes fortes de la Fnaim

La Fnaim demande la suspension du droit de préemption pour les collectivités incapables d’assurer un fonctionnement à distance de leur service d’urbanisme ; l’abrogation du report du délai de réponse pour les déclarations d’intention d’aliéner (DIA) prévu dans l’ordonnance ; la faculté de renoncement à tous les délais de protection.

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