Ping An, l’assureur chinois qui surfe sur les technologies

Jonathan Larsen, Chief Innovation Officer de Ping An, 30 janvier

D’assureur, la société chinoise Ping An entend se transformer désormais en société de technologie tout en se développant à grande vitesse dans de nombreux secteurs d’activité tels que la banque, la gestion de fortune, la santé ou les services publics. C’est ce que présente Jonathan Larsen, Chief Innovation Officer de Ping An et Président de la société d’investissement de Ping An qui gère 1 milliard de dollars de fonds. Il a pris la parole à l’occasion de l’événement Paris Fintech Forum, le 30 janvier.

180 millions de clients pour les services financiers

La taille de Ping An est impressionnante. La société annonce 180 millions de clients pour ses services financiers et 500 millions d’utilisateurs digitaux. Ce qui est intéressant c’est la manière dont l’entreprise emploie la technologie. « Nous sommes entièrement dans le Cloud. Nous sommes la seule grande institution financière dans le monde qui est dans le Cloud à 100% » déclare le responsable.

En 6 ans, l’entreprise s’est débarrassée de toutes ses anciennes applications informatiques

Il y a 6 ans l’entreprise a décidé de se débarrasser de toutes ses anciennes plateformes informatiques et de migrer vers une plateforme Cloud. Et de ré-architecturer toutes les technologies sur cette plateforme. « Et nous avons profondément investi dans l’automatisation dans toutes les activités » présente-t-il. Par exemple, la firme emploie 1,4 million d’agents dans l’assurance vie et ces agents sont entièrement pilotés par les plateformes mobiles. « Vous êtes recruté sur mobile, formé sur mobile, et notre CRM sur les clients est entièrement piloté par des outils sur internet » décrit Jonathan Larsen.

La technologie est partout. Sur les réseaux sociaux, des intelligence artificielles délivrent les bons contenus très précisément selon les clients. Autre cas, « dans notre activité d’assureur automobile, si vous avez un petit accident, vous prenez votre smartphone et vous scannez les dommages. Nous réalisons une évaluation via une intelligence artificielle instantanément, et nous pouvons même vous offrir un remboursement en cash sur place, et vous verser l’argent dans votre portefeuille électronique et c’est bouclé » décrit-il.

250 millions de clients enregistrés pour les services médicaux

Ping An se développe également dans la santé. « Nous avons une société qui s’appelle Good Doctor. Elle gère 250 millions de clients enregistrés. Elle fait tout ce qu’un médecin généraliste fait, en matière de soins qui ne nécessitent pas un contact en face à face » présente-t-il. « Cela pourrait être une part très importante du futur du système de santé chinois » ajoute-t-il. En novembre dernier, Ping An a même inauguré des stations de santé placées dans la rue – semblables à des photomatons – qui permettent d’effectuer un diagnostic santé rapide.

Ping An dispose de 1000 spécialistes en intelligence artificielle

La recherche et le développement occupent une place centrale chez Ping An. « Nous avons près de 30 000 ingénieurs qui travaillent dans la recherche et le développement. Dont 1000 professionnels de l’intelligence artificielle, de la véritable intelligence artificielle. Nous avons dépensé 1,5 milliard de dollars de pure recherche et développement l’année dernière » précise-t-il.

Pour le responsable, il est clair que nous sommes dans une économie basée sur la donnée. « Nous avons une activité de prêt, et nous avons automatisé et numérisé cette activité. Il faut que l’on trouve des moyens créatifs pour trouver les données nécessaires sur les clients afin de prendre une décision. Nous avons abouti à une base de données robuste pour les crédits » dit-il.

Une base destinée aux prêts de 900 millions de personnes

« HSBC, les grandes banques chinoises sont nos clients. Il y a 300 banques de taille moyenne qui utilisent cette base de données. Nous protégeons les données de chaque banque. Nous ne regardons pas les données individuelles d’un client » précise-t-il. Cette base de données contient presque 900 millions de clients, avec 6400 variables au total. « Nous pensons que cela nous donne un gain de 20% dans la performance du crédit et la capacité de prédire le risque, que si nous nous appuyons simplement sur nos seules données » se félicite-t-il.

Prochaine étape : équiper en technologies et en services le secteur public chinois. « Nous pensons que nous avons tous les services qui peuvent s’appliquer très facilement à ce secteur. Nous voyons un monde où il y aura un relativement petit nombre de sociétés capables de définir ces technologies et d’être capables de les déployer à grande échelle. Nous ne serons pas forcément dans toutes ces activités mais nous serons une part majeure de la délivrance de valeur dans ces activités. C’est notre vision pour notre transition depuis une société de services financiers vers une société de technologies » conclut-il.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Newsletters de La Revue

Retrouvez le meilleur de l'actualité du digital


Restez connecté !