Nouveaux portiques antifraude en gare : à désespérer de la nature humaine

Valérie Pécresse et Guillaume Pépy, 28 août

Le déploiement des nouveaux portiques de blocage des fraudeurs à la gare St Lazare montre le peu de confiance que la SNCF et île de France Mobilités ont dans la nature humaine et dans sa capacité à respecter les règlements.

63 millions d’euros de fraude par an en île de France

Les portiques de sécurité ont été inaugurés à la gare St Lazare le 28 août en présence de Valérie Pécresse, Présidente de la région île de France, et de Guillaume Pépy, Président du directoire de la SNCF. Ces portiques, installés à partir du 15 juillet, sont là pour bloquer les fraudeurs. Le coût de la fraude est évalué à 63 millions d’euros par an sur le Transilien, le réseau de trains de l’île de France, selon Mobilités île de France qui finance le projet. Le montant de la fraude représente 3 ans de nettoyage des 394 gares SNCF du Transilien.

L’objectif est d’améliorer la sécurité dans les transports. « 60% des auteurs d’incivilités sont des fraudeurs » pointe île de France Mobilités. « Inciter les voyageurs au geste de la validation crée un environnement plus serein dans les gares et à bord des trains » veut croire l’organisme chargé des transports en île de France. Depuis l’installation des portiques, « on a constaté 20% de tickets vendus en plus aux guichets » affirme Valérie Pécresse, citée par Le Parisien.

St Lazare n’est que le début. 34 gares seront équipées de portiques d’ici 2021 pour lutter contre la fraude et moderniser la billettique. Ce programme mènera au remplacement progressif des 1 800 tourniquets qui équipent les gares franciliennes, dont certains ont 30 ans. Le coût du projet atteint 55 millions d’euros dont 14 millions d’euros pour la seule gare de Saint-Lazare.

40 passages par minute par portique

Les portiques sont prévus pour un flux jusqu’à 40 passages par minute contre 21 passages avec les portiques actuels dans les autres gares. Il existe 3 tailles de portes pour être adapté au passage des voyageurs avec un fauteuil roulant, un bagage, une poussette et un vélo.

A St Lazare, il passe 450 000 voyageurs chaque jour, dont 380 000 clients du Transilien. Désormais, les clients doivent valider leur billet à l’entrée, pour accéder aux quais, et en sortie pour se rendre vers le métro, le RER ou le parvis de la gare, via les 140 portiques de validation, réparties sur 8 accès (les arcades, le quai transversal, les souterrains et l’accès rue de Rome).

Les nouveaux portiques permettront également l’usage de nouveaux titres de transport comme Navigo Easy et le service Navigo Liberté+. Ces deux services ciblent les voyageurs dits « occasionnels » et pour remplacer les tickets de métro.

Sens du passage modifié selon le moment dans la journée

Le sens du passage des portiques sera modifié pour répondre aux flux entrants et sortants de la gare selon la période de la journée. Les portiques détectent la forme des personnes et des objets pour adapter leur vitesse de fermeture et laisser à tous le temps de passer.

Ces portiques lisent les titres de transport d’Île-de-France, les tickets magnétiques et les passes Navigo, et les titres des voyageurs des lignes normandes grâce à un lecteur de code-barres situé au-dessus de l’écran d’information de l’appareil. C’est une particularité de la gare Saint-Lazare qui accueille à la fois des clients venant d’Île-de-France et de Normandie.

La mise en place des portiques un projet réfléchi depuis 3 ans avec Île-de-France Mobilités, SNCF Transilien, Gares&Connexions, TER, Intercités et la Région Normandie. L’ensemble de la signalétique de la gare a été repensé depuis le niveau métro jusqu’aux quais. Les cheminements ont été découpés en 3 zones principales avec des codes couleurs : vers la Ligne L (violet), vers la Ligne J (vert) et vers les Lignes Normandes (bleu)

Dispositif renforcé par des nudges

Des écrans d’information voyageurs ont été repositionnés ou ajoutés. Les carrés de couleurs y sont repris pour permettre aux clients de se pré-positionner dans les 3 zones, avant même l’affichage de la voie. Le dispositif a été renforcé par des Nudges (coups de pouce) mettant en lumière les nouveaux gestes de validation pour les clients, et les nouveaux parcours en gare.

Une réaction sur “Nouveaux portiques antifraude en gare : à désespérer de la nature humaine” :

  1. AvatarLaurent

    Bizarrement l’étude, du moins les données fournies par la SNCF, ne mettent pas en avant l’augmentation de la fraude depuis la mise en place des portiques et ce dans toutes les gares où ils sont implantées

    Le portique ne pemet QUE de laisser passer un client munis d’un titre de transport, seulement des petits malins ont vu la faille et ont acheté des billets pour des chiens (7 euros si je me souviens bien pour un chien de moins de 6 kgs) et autres réductions (enfant etc)

    Lors de la mise en place des portiques j’avais noté que l’on n’était plus contrôlé dans certains trains (je le prends tous les jours sur différentes destinations et aussi bien les TER, que TGV)

    Le résultat étant qu’il y a maintenant plus de contrôleurs aux portiques (on les voit parfois demander les justificatifs de réductions) et EN PLUS, il y a des contrôles dans les wagons (on ne peut plus siester tranquillement). Si la SNCF voulait diminuer son personnel c’est râté

    Donc quel est l’intéret de ces portiques surtout aux vues des dépenses ? L’argument de sécurité qui avait été mise en avant parfois n’en n’est pas un et il est totalement ridicule d’autant plus que si je prends le fait de contrôles sur le quai par les douanes et police cela m’est arrivé qu’une seule fois en 5 ans

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