BNP Paribas veut de la blockchain sur ses services aux particuliers

BNP Paribas veut améliorer le processus KYC (Know Your Customer) grâce à la blockchain

BNP Paribas prépare l’usage de la blockchain pour ses services aux particuliers.  La banque s’appuie sur les startups. Elle souhaite diffuser les informations clients dans son écosystème de partenaires tels que la grande distribution afin de simplifier les processus et réduire les coûts. 

La blockchain va vers des métiers de retail [NDLR  : commerce de détail]” déclare Laurent Herbillon, directeur Open Innovation de BNP Paribas. Il a pris la parole le 22 mars lors d’un événement préparé par l’Acsel et la société Alteir Consulting, organisatrice du Fintech Forum.

Des processus internes moins coûteux

Ces métiers vont utiliser la blockchain pour rendre des processus internes plus efficaces, plus rapides, moins coûteux, et qui vont bénéficier finalement au client final,” décrit-il. Il pare la blockchain de nombreuses qualités : une meilleure transparence, plus d’efficacité et donc une réduction des coûts, plus de sécurité et plus de simplification.

Réduire les coûts technologiques grâce aux startups

BNP Paribas anticipe l’usage de la blockchain dans plusieurs pans de son activité et de son écosystème afin de gagner en efficacité. La banque s’appuie sur les startups, en particulier PickioChain et Stratumn. Objectif : des coûts technologiques plus abordables et une expérience client plus efficace.

Ainsi, la banque mise sur la plateforme PickioChain afin d’enregistrer ses clients de manière plus efficace, “les on-boarder”, pour une expérience client plus efficiente, et réaliser un processus KYC (Know Your Customer) plus efficace. “On redonne la main au client après, en étant conforme à GDPR [NDLR : nouvelle réglementation européenne de protection des données personnelles]” souligne Laurent Herbillon.

Des documents demandés une seule fois

Ce processus KYC permet de diffuser l’information de manière plus efficace notamment entre les différentes activités commerciales de la banque. “On évite de redemander un certain nombre de fois les mêmes documents” pointe le responsable. “Chez BNP Paribas, vous pouvez commencer une relation commerciale avec Cetelem, la poursuivre avec la banque de détail, ou avoir une assurance chez Cardif” décrit-il. Atout : cela renforce l’expérience client. “C’est extrêmement important pour nous car c’est sur cela que nous sommes challengés par les nouveaux acteurs” insiste Laurent Herbillon. Tout cela avec une efficacité interne beaucoup plus grande.

Les informations clients partagées avec les partenaires commerciaux

Outre le partage des informations en interne, BNP Paribas évalue son extension à ses partenaires. Exemple : le crédit à la consommation délivré par sa filiale Cetelem. Cette offre de crédit à la consommation est également proposée via la grande distribution tels que But, Conforama ou E.Leclerc. Le processus de KYC peut là encore être diffusé vers ces partenaires.

Si on y arrive, c’est la cerise sur le gâteau, on peut aussi partager ce KYC avec certains de nos partenaires tout en étant conforme au GDPR et en donnant la main à nos clients ” annonce le responsable. “Je pense au Consumer Finance avec Cetelem, où on acquière beaucoup de nos clients par des partenariats avec des grands de la distribution” illustre-t-il. “C’est extrêmement prometteur, à la fois en termes d’expérience client et de simplification, très prometteur en termes d’optimisation interne,” se réjouit-il.

Transfert de contrat d’assurance facilité

Autre exemple : le service aux particuliers de transfert de leur contrat d’assurance entre assureurs dans le cadre de la loi Hamon, ce que le secteur appelle “mobilité du contrat”. “Cela concerne la place de marché avec la startup Stratumn, dont BNP Paribas est actionnaire” reprend-il.

La blockchain servira à tracer le transfert de contrat d’assurance

La blockchain est là pour “rendre cette mobilité de façon plus efficace pour le client et satisfaire la loi, et faire cela avec un tracking, une capacité à auditer, et à des coûts technologiques qui sont beaucoup plus abordables” se félicite Laurent Herbillon.

BNP Paribas travaille sur la blockchain depuis 2011. La banque a rejoint l’initiative LabChain lancée par la Caisse des dépôts et consignations et le consortium R3. Outre la technologie, la blockchain est un sujet de tournure d’esprit (“mindset”) pense Laurent Herbillon. “Il s’agit de basculer de choses centralisées à des choses partagées. C’est une histoire de tournure d’esprit pour le métier, et de culture, notamment par rapport à la culture française,” présente le responsable de l’Open Innovation.

Des applications coeur de finance chez BP2S

Les premiers cas d’application chez BNP Paribas concernaient le coeur de finance avec BP2S (BNP Paribas Securities Services), comme la simplification de la lettre de crédit, la suppression d’un certain nombre de supports papier, des services pour les clients tels que le déplacement d’argent “cash without borders” plus efficace et plus rapide en éliminant des coûts et des délais, etc. “Sur ce type de métier, on a des offres qui fonctionnent de façon assez efficace pour le bénéfice de nos clients et l’efficacité de nos back offices,” conclut-il.

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