Marseille veut inaugurer son Big Data de la tranquillité publique en juin | La Revue du Digital

Marseille veut inaugurer son Big Data de la tranquillité publique en juin

De gauche à doire, Fabienne Marty et Caroline Pozmentier, pour la ville de Marseille, 6 février

En juin, le Big Data de la tranquillité publique doit faire ses premiers pas sur la Canebière. C’est la date avancée par Caroline Pozmentier, adjointe au maire de Marseille, en charge de la sécurité publique, Vice Présidente de la région Paca. Elle a pris la parole le 6 février lors de l’événement Oracle sur le décisionnel à l’U Arena de Nanterre.

L’intelligence artificielle en soutien de la tranquillité publique

Une municipalité ose prendre l’intelligence artificielle comme un véritable soutien aux politiques publiques du quotidien, à savoir la tranquillité publique” se félicite la responsable. “On peut ambitionner d’ici la fin du 1er semestre 2018 de produire ce Big Data de la tranquillité publique pour anticiper, prévenir, prédire peut-être, et rendre crédibles nos politiques auprès de nos concitoyens, et leur redonner confiance lorsque nous utilisons ces nouvelles technologies au profit de la sécurité du quotidien, de même pour nos agents“, dit-elle. Elle évoque la pression des citoyens via les médias sociaux et les emails. “Croyez-moi, cela ne manque pas,” résume la responsable politique.

Faire travailler les gens ensemble

Il s’agit de faire travailler ensemble plusieurs métiers pour plus de réactivité et de pro-activité alors que les citoyens peuvent penser que ces corps de métiers se parlent déjà tous les jours alors que ce n’est pas forcément le cas. “Nous sommes allés chercher nos partenaires. Nous sommes allés voir le Préfet de Police, les institutions, les opérateurs télécoms – j’espère bien avoir des données de SFR, Orange ou autre – les transporteurs, nous les avons tous identifiés et tous rencontrés,” rappelle Caroline Pozmentier.

Lorsque nous les avons fait travailler sur des cas d’usages, il y avait réellement une difficulté de voir émerger des cas d’usage pour les croiser entre eux. C’est une aventure humaine d’avoir dans une même pièce des ateliers entre la Police Nationale, la Police Municipale, les services sociaux, les marins pompiers, tous ceux qui véritablement ne travaillaient pas de façon suffisamment proactive et prédictive ensemble au service d’une sécurité cruciale pour le développement de nos villes et de nos régions, alors que d’après nos concitoyens ils se parlent,” s’enflamme la responsable politique.

Un projet démarré il y a 2 ans

Le projet a débuté il y a déjà 2 ans. Le thème “n’a pas fait sourire tout le monde tout de suite,” reconnait Caroline Pozmentier. “On l’a d’abord appelé observatoire de la tranquillité publique,” glisse-t-elle. La question posée était “est-ce que le Big Data et l’intelligence artificielle peuvent améliorer la tranquillité publique,” reprend Fabienne Marty, directrice des infrastructures informatiques et télécoms de la métropole Aix Marseille Provence.

Un premier test réalisé sur l’accidentologie

Une étude de 6 mois a permis de rencontrer les partenaires et a permis d’expliquer ce que pourrait être le Big Data, ses avantages, ses utilités pour l’ensemble des partenaires et des citoyens. La conclusion a été que cela pouvait être très utile sur le territoire. Une cartographie des données récupérables chez les partenaires a été réalisée. Un POC sur l’accidentologie a d’abord été effectué avec la société de services Engie Ineo afin de vérifier les avantages concrets du Big Data. “Cela s’est très bien passé, et cela a démontré que le Big Data pouvait nous apporter des choses différentes“, résume Fabienne Marty.

Un appel d’offres a alors été lancé remporté par un groupement réunissant notamment Engie Ineo et Oracle. “Depuis le 20 novembre, nous avons commencé à travailler sur les cas d’usage,” ajoute la responsable technique. “C’est complexe car les métiers doivent partir de ce qu’ils désirent tout en tenant compte de ce que les données peuvent réellement leur apporter“, indique Fabienne Marty. Cette manière de travailler et d’utiliser le Big Data se heurte aux modes de travail habituels des informaticiens mobilisés sur l’opération.

Trois cas d’usage présentés

Un premier cas d’usage concerne le déroulement d’événements sur le territoire urbain. Il s’agit de connaître ces différents événements, sportifs, culturels, chantiers, les permis de construire, manifestations, afin de savoir s’il y aura les ressources suffisantes pour les sécuriser sur un mois et s’il n’y a pas de téléscopage d’événements. “Cela doit permettre d’anticiper un peu,” dit-elle.

Exploitation des images vidéo

Un deuxième cas d’usage concerne la circulation. “Les citoyens doivent savoir si un trajet peut être emprunté en termes de circulation, de danger, d’accident“, décrit-elle. Cette application exploitera la donnée vidéo, la ville de Marseille étant particulièrement dotée en caméras fixes ou mobiles. Un troisième cas d’usage est lié à l’accidentologie. “Quels sont les trajets plus ou moins accidentogènes, cela inclut les trajets qui tiennent compte de la sécurité des enfants par exemple,” termine-t-elle.

Toutes les données seront collectées, stockées et corrélées sur un socle Big Data. Cela comprend les données issues des sources sonores et des caméras placées dans la ville. A noter, que l’usage de la reconnaissance faciale pourrait faire partie d’une évolution future de la solution.

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