L’infrastructure est la clé de la souveraineté numérique, mais il faut que la France accélère l’exécution quand on veut construire un Data Center. Il faut également un Buy European Act, soigner l’excellence académique et soutenir les startups. C’est ce que présente Thomas Reynaud, DG de Iliad, maison mère de Free, et groupe de Xavier Niel. Le DG a pris la parole le 20 janvier, à l’occasion de l’événement sur la souveraineté organisé par l’IMA (Innovation Makers Alliance), au Ministère des Finances à Bercy.
Construction d’un Data Center pour l’IA en Seine et Marne
Côté accélération de la vitesse d’exécution, Le DG cite l’exemple du Data Center de sa filiale Scaleway en Seine et Marne qui va prendre 3 ans d’autorisation administrative car les procédures sont très lentes en France. « La France a besoin d’une plus grande vitesse d’exécution » dit-il. « On a actuellement un superbe projet, un investissement de 2 milliards d’euros en seine et Marne pour développer le principal data center en Europe dédié à l’intelligence artificielle. C’est une question de priorité nationale. C’est une course de vitesse » présente-t-il.
Or, la construction fait face à trois ans pour obtenir l’autorisation administrative. « Nous allons implanter ce Data Center sur une ancienne centrale à charbon et nous devons faire une étude faune et fleur sur quatre saisons. Bruxelles impose pour tout projet industriel une étude faune et fleur sur quatre mois. En France, c’est une surtransposition, on a traduit ça par quatre saisons » se désole-t-il. « Lorsque vous mettez toutes les spécificités françaises bout à bout, vous arrivez sur un projet industriel qui pourrait sortir en un an à trois ans d’autorisation administrative ».
Moins d’un an pour construire un Data Center aux Etats-Unis
Il pointe le paradoxe que les Data Centers sont en train d’être construits dans les pays à énergie carbonée. « Tous les nouveaux Data centers sont en train de se concentrer dans des pays à électricité très fortement carbonée. Là où en France, il faut désormais quatre ans pour sortir un data center de terre, il en faut moins d’un an aux États-Unis » s’irrite-t-il. « A Phoenix, Elon Musk vient de sortir un énorme Data center avec des turbines à gaz, un non-sens total environnemental » illustre-t-il.
Plus globalement, il souhaite une volonté politique afin de penser la souveraineté numérique à l’échelle européenne. « Je pense qu’il est totalement illusoire d’essayer de vouloir construire une souveraineté numérique uniquement à l’échelle d’un pays » dit-il. Autre enjeu, il souhaite un « European Buy Act ». L’idée est de bénéficier de la commande publique, sans imposer pour autant que l’État s’approvisionne uniquement avec les fournisseurs européens.
Réserver 25% à 30% de la commande publique aux acteurs européens
Il cite un minimum de 25% ou 30% de la commande publique allant vers des prestataires européens. Scaleway, la filiale de Data Centers d’Iliad, revendique déjà des contrats avec Veepee, Mirakl et commence à avoir des contrats avec des institutions publiques. Scaleway va ainsi gérer l’euro numérique pour la Commission européenne et a un contrat avec le ministère de l’Intérieur. En ce début d’année, bonne nouvelle pour Iliad, la mairie de Copenhague a décidé de basculer tout son Cloud chez Scaleway.
Le DG déclare qu’Iliad investit dans un Cloud souverain, à travers Scaleway. « C’est une solution qui a été développée en interne par 700 développeurs où on développe sous la direction de Damien Lucas, DG de Scaleway, toute la stack logicielle » décrit-il. Pourquoi parle-t-il d’une solution souveraine ? « Nous ne sommes soumis à aucune législation extra européenne. Nous ne sommes soumis ni au Patriot Act ni au Cloud Act qui peuvent créer des problèmes de compromission de vos données » affirme-t-il.
Les offres américaines revendues par des Européens
Le DG tacle au passage les offres de Cloud américaines revendues par des prestataires européens via des constructions juridiques récentes. Sans compter le risque récent, « qui semble totalement ahurissant de coupure simple sur un mauvais réveil du Président américain qui s’est levé du mauvais pied » ajoute-t-il.
Enfin, le DG demande que la France maintienne son excellence en formation. Il faut « maintenir l’excellence académique, universitaire et favoriser l’innovation en Europe. On a la chance en France d’avoir une excellence académique, et notamment sur les questions de mathématiques et il faut l’entretenir » termine-t-il.
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