Les investissements dans les startups de la French Tech restent presque étales en 2025 avec 7,4 milliards d’euros de fonds levés. C’est un recul de -5 % avec 618 opérations effectuées (-15 % par rapport à 2024). C’est ce que montre le baromètre EY du capital-risque 2025. L’étude recense les opérations de financement dans les startups de la French Tech en fonds propres, du 1er janvier au 31 décembre 2025.
La méga levée de fonds de Mistral AI est atypique
On peut relever que la baisse des investissements serait nettement plus forte et atteindrait -26% s’il n’y avait pas eu la méga levée de fonds de la startup de l’IA, Mistral AI qui a collecté 1,7 milliard d’euros à elle seule. Ceci dit, d’autres startups émergent avec Adcytherix (105 millions d’euros dans le médicament), Alice & Bob (100 millions d’euros dans le quantique), Knave (100 millions d’euros dans la fintech, propose des offres de location et d’abonnement en marque blanche) et Waat (100 millions d’euros pour la recharge électrique), illustrant un marché plus sélectif.
Le secteur le plus actif est celui des logiciels. Il conserve sa 1ère place du podium avec des montants levés de 3,3 milliards d’euros, en progression de +9 %. Les Greentech se placent en deuxième position avec 1 milliard d’euros malgré une forte baisse (-46 %). Cela traduit le changement de vue mondial sur la durabilité. Quant au secteur des sciences de la vie, il fait un retour en force avec 975 millions d’euros, soit +20 % en valeur.
La France très loin de la Grande Bretagne
La France est numéro 2 en Europe en termes de valeur des fonds levés pour les startups. Le numéro 1 est le Royaume-Uni qui a levé 20 milliards d’euros en valeur (+40 %) via 1290 opérations. Le marché britannique est tiré par Revolut. L’Allemagne est en recul à 7,2 milliards d’euros (- 2 % en valeur). Comparativement, les États-Unis sont dopés à l’IA générative, avec 89 % des investissements en valeur réalisés, OpenAI, xAI et Anthropic en tête.
Sur ce sujet, l’Europe reste en retrait dans l’IA générative (-5 % en valeur et 23 % du volume), tandis que le reste du monde confirme sa montée en puissance (+312 %.) preuve que la dynamique impulsée par l’IA ne connaît plus de frontières et alors que la Chine, quatrième acteur mondial, chute à 1,5 milliard de dollars (-61 %).
Un regard optimiste sur 2026
Franck Sebag, associé EY et auteur de l’étude, se montre cependant optimiste quand il regarde 2026. « La startup Harmattan lève 200 millions d’euros, et pas mal de sociétés pourraient se voir financées. Des projets sont annoncés, notamment dans la nouvelle génération des LLM. On a entendu que Yann Lecun [ancien patron de la recherche IA de Meta] devait lever 500 millions d’euros » dit-il.
Le consultant modère cependant l’importance de l’IA. « L’Europe sur l’IA, finalement, ce n’est que 5 milliards par rapport à 100 milliards au niveau mondial. C’est 5% des montants, ce n’est pas grand-chose » relève-t-il. Il regarde les signaux faibles et pour cela, il se tourne vers la Grande Bretagne où les levées de fonds sont le triple de la France. « Les trois secteurs qui développent le plus en Angleterre, c’est la FinTech, les Life Sciences et la tech. Ils ne sont pas très bons en fait en IA » déclare-t-il.
Se développer dans la Deep Tech
Certes, il faut être dans l’IA et quelques sociétés britanniques ont levé des fonds dans ce domaine. Mais le consultant relève qu’il y a désormais des sociétés tellement fortes en IA que lancer une petite startup sur ce sujet devient compliqué. Dès lors, il recommande de développer des secteurs de la Deep tech, tels que le quantique, la robotique ou la défense. « On a plein de secteurs qui vont être rendus plus attrayant par de l’IA. Aujourd’hui, arriver avec une société d’IA qui fait un agent très simple, qui n’est qu’un prompt d’un LLM, de facto, ça ne va pas marcher » termine-t-il.
Le Baromètre EY du capital-risque en France recense les opérations de financement en fonds propres des entreprises en phase de création ou durant les premières années d’existence, en date d’opération du 1er janvier au 31 décembre 2025 et publiées avant le 25 décembre 2025.
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