Emmanuel Macron soutien occulte de Uber selon une enquête du Monde et de France Info

Emmanuel Macron, ministre de l'Economie de François Hollande

Le soutien discret et sur la durée d’Emmanuel Macron à l’entreprise américaine de VTC Uber en 2014 et en 2015 alors qu’il était ministre de l’Economie fait l’actualité et suscite de nombreuses critiques. Les méthodes d’Emmanuel Macron sont détaillées dans le cadre d’une enquête commune menée par France Info et Le Monde. L’enquête a été réalisée à partir de dossiers récupérés depuis Uber (Les Uber Files) par le quotidien britannique The Guardian.

Transformer le secteur des taxis

Du coté des soutiens d’Emmanuel Macron, on explique son comportement et son attitude vis à vis d’Uber par sa volonté de transformer le secteur des taxis et de créer des emplois grâce aux VTC. Emmanuel Macron avait découvert les enjeux du secteur des taxis en 2007 lorsque jeune inspecteur des finances, il participait à la Commission pour la libération de la croissance française.

La Commission Attali avait pointé la nécessité de réformer le secteur des taxis

Cette commission était présidée par Jacques Attali et avait été créée par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République. Emmanuel Macron en était le rapporteur général adjoint. Les conclusions de la Commission avaient pointé la nécessité de réformer le secteur des taxis. Les chauffeurs avaient créé un système de revente de plaque qui bloquait toute tentative de changement.

Du côté des opposants d’Emmanuel Macron, on pointe qu’il aurait pu soutenir des startups françaises de VTC et non une société américaine aux méthodes brutales voire illégales et qu’il a agi dans la coulisse voire avec une certaine forme de contradiction avec d’autres membres du gouvernement tel que Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, tout cela pour créer des emplois précaires. Certains vont plus loin et s’interrogent même sur la nature du « deal », de l’échange, qui aurait pu être passé entre Uber et Emmanuel Macron.

La colère et les manifestations des chauffeurs de taxi

En France, l’arrivée d’Uber avait déclenché la colère et des manifestations des chauffeurs de taxi. Le service Uber Pop en particulier suscitait le rejet. Il permettait à chacun de jouer les chauffeurs de taxi occasionnels. Emmanuel Macron est décrit comme favorisant l’implantation de Uber depuis la coulisse.

Selon Uber, Emmanuel Macron voulait que la DGCCRF desserre son étreinte sur l’entreprise de VTC

Par exemple, face à des contrôles des autorités, selon Uber, Emmanuel Macron aurait indiqué qu’il souhaitait que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) – un service du ministère de l’Economie – desserre son étreinte autour de la firme de VTC.

Emmanuel Lacresse, l’un des anciens conseillers d’Emmanuel Macron à Bercy, aujourd’hui député, a assuré aux journalistes dans une réponse écrite que cela n’avait pas été le cas. Quoiqu’il en soit, Emmanuel Macron apparaît comme intervenant en parallèle des actions du gouvernement et main dans la main avec Uber afin de faciliter l’implantation des services de VTC.

Conseil donné de passer par des amendements via des députés amis

Emmanuel Macron conseille notamment à Uber de solliciter des députés afin de porter des amendements à sa propre loi. C’est ce que fait Uber avec le député socialiste Luc Belot, à qui il propose 4 amendements, chacun accompagné d’un amendement de repli. Trois amendements en faveur d’Uber seront finalement déposés après avoir été retravaillés par le député. Ces amendements n’auront finalement pas été acceptés.

Ce sont finalement des décrets annoncés par Emmanuel Macron qui viendront alléger le cadre d’exercice du métier de VTC. C’est ainsi que la formation pour devenir chauffeur de VTC passe de 250 heures, demandées par la loi Thévenoud, à 7 heures. Dans le même temps, face au service Uber Pop, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, dénonce pour sa part l’arrogance de la société américaine.

Emmanuel Macron aurait rassuré Uber sur un nouvel accord sur les VTC

Le 3 juillet 2015, Uber annonce officiellement la suspension de son activité Pop. Selon les documents du Guardian, Emmanuel Macron aurait alors rassuré Uber en indiquant que Bernard Cazeneuve accepterait un nouvel accord qu’il a préparé sur les VTC. La proximité avec Emmanuel Macron est telle que les responsables d’Uber en France se sentent autorisés à le solliciter le matin du 6 juillet alors que des fonctionnaires du fisc effectuent une perquisition dans leurs locaux. Mais le ministre de l’Economie ne réagira pas à cette demande.

Les documents du Guardian montrent qu’il y a par la suite d’autres contacts directs entre les dirigeants d’Uber et Emmanuel Macron dans les semaines qui suivent. Le ministère de l’Economie semble conduire le dossier des VTC alors que ce secteur dépend du ministère des Transports.

Emmanuel Macron travaillait à dénouer les verrous administratifs

Interrogé par le consortium de journalistes qui a réalisé cette enquête, le Président de la République n’a pas répondu précisément. Le service de presse de l’Élysée défend le rôle de l’ancien ministre de l’Economie d’avoir rencontré des entreprises et cherché à desserrer les verrous réglementaires.

Selon le service de presse, les fonctions passées d’Emmanuel Macron « l’ont naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu’il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires ».  



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