L’actualité de la transformation

OVHcloud veut être connu comme étant la solution numérique pour tous les Européens

Octave Klaba, patron et fondateur d'OVHcloud, 10 février 2026

Né en Pologne, Octave Klaba est devenu un dirigeant clé de l’informatique souveraine à la française en ayant fondé OVHcloud, fournisseur de services d’hébergement. Malgré son air de jeune geek éternel, il a désormais 50 ans et trois enfants.

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Il a pris la parole en ouverture de l’événement AI Day organisé par France Digitale, le 10 février à Station F alors qu’il a repris récemment les commandes opérationnelles de OVHcloud. L’événement est dédié à la marche vers la souveraineté numérique et les nouvelles solutions en IA.

Changement dans la création de logiciels et réussir auprès du grand public

Le dirigeant observe que l’IA rebat les cartes dans le développement des logiciels, ce qui bouscule les logiciels Saas, et déclare qu’il souhaite qu’OVHcloud soit reconnu sur le marché européen de la clientèle grand public, le marché massif du “B to C”. Il entend également disposer de sa propre technologie de grands modèles de langages, les LLM (Large Language Model) et veut de la concurrence entre acteurs européens de l’IA et non que tout le monde se range derrière un seul champion.

« La technologie [d’IA] est très puissante, mais vous devez l’intégrer dans les différents processus des entreprises »

Octave Klaba observe que l’intelligence artificielle était au début simplement considérée comme un produit supplémentaire dans le Cloud mais que la situation est en train de changer. « La technologie [d’IA] est très puissante, mais vous devez l’intégrer dans les différents processus des entreprises. Cette partie est en cours dans les entreprises » dit-il. Il ne suffit pas de disposer de GPU et de LLM.

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Il y a un autre aspect. Depuis trois ou quatre mois, grâce à la puissance de l’IA, il y a un accès illimité à la technologie qui permet d’écrire ou de co-écrire tous les logiciels. « Cela a changé beaucoup de choses, car cela vous donne la possibilité de développer exactement ce dont vous avez besoin et de l’intégrer dans les entreprises » pense-t-il. Développer des logiciels n’est désormais réellement plus une chose compliquée. Cela ne coûte par beaucoup d’argent et cela ne nécessite pas de grosses équipes, avance-t-il.

Impact sur le cours boursier des éditeurs de logiciels en mode Saas

Beaucoup de choses sont désormais possibles. Il y a moins de six mois, ce n’était pas le cas. C’est tout nouveau. « Cela a changé beaucoup de choses. C’est pourquoi nous voyons beaucoup d’actions au Nasdaq évoluer en ce qui concerne les entreprises SaaS » relève-t-il.  

« Tout le monde se demande ce que vont acheter les clients demain. Vont-ils acheter du SaaS, des ressources, des jetons ? »

Cela pose la question de où va se trouver la valeur demain. « Tout le monde se demande ce que vont acheter les clients demain ? Vont-ils continuer à acheter du SaaS ? Vont-ils continuer à acheter des ressources ? Vont-ils continuer à acheter uniquement des jetons [Tokens de l’IA] ? Et alors, où se trouve la valeur ? Et qui détient cette valeur ? Et comment cette valeur sera-t-elle facturée ? Combien cela coûtera-t-il ? » interroge le dirigeant.

Le dirigeant fait référence à l’annonce récente de la société Anthropic – spécialiste de l’IA – qui met à disposition des agents IA qui peuvent effectuer certaines tâches réalisées par des logiciels délivrés en mode Saas.

Un dirigeant qui souhaite une concurrence entre Européens

Octave Klaba exprime le fait que la vision européenne des enjeux en matière d’IA est extrêmement restreinte quand elle n’envisage qu’un seul champion dans ce domaine sur le vieux continent. « Habituellement, quand vous pensez à la technologie, vous pensez à la concurrence. Aux Etats-Unis, il y a de la concurrence même si elle est un peu étrange car ils investissent les uns chez les autres, mais il y a toujours de la concurrence. En Chine, vous avez de la concurrence » décrit-il.

« En Europe, il semble que c’est un investissement tellement important qu’il n’y aura qu’un seul acteur pour répondre à toutes les questions. Je ne pense pas que ce soit la réponse »

« En Europe, il semble que les gens disent que c’est un investissement tellement important qu’il n’y aura qu’un seul acteur pour répondre à toutes les questions. Je ne pense pas que ce soit la réponse. Je pense que la concurrence est une bonne chose. » Pour le dirigeant, la concurrence permet d’améliorer les produits, de suivre les besoins réels des clients et de proposer les bons tarifs. « Je pense que nous aurons cette concurrence en interne en IA en Europe et c’est ce dont nous avons besoin » tranche-t-il.

OVHcloud doit-il lancer un LLM, un grand modèle de langage ?  « La question qui se pose pour nous est pouvons-nous survivre au cours des 10 ou 20 prochaines années sans disposer de cette technologie en interne ? La réponse est non. Vous devez disposer de ce type de technologie » répond-il.

Liberté de créer et d’agir revendiquée

Pour lui, de nombreux pays l’ont également compris et c’est pourquoi la demande en GPU est si forte, car il s’agit de souveraineté. « Je veux être capable de bâtir ma propre technologie. Je veux pouvoir l’utiliser. Je ne veux pas être contrôlé. Je suis juste libre. La liberté de choix, c’est la liberté d’action. C’est vraiment important quand on investit autant d’argent dans ce domaine, dans cet écosystème économique. C’est là où nous en sommes » décrit-il.

« Beaucoup d’agences et de clients nous utilisent. Nous devons avoir aussi cette technologie  [de LLM]»

Il rappelle qu’OVHcloud génère plus de 1 milliard d’euros de revenus et générera bientôt 2 milliards. « Beaucoup d’agences et de clients nous utilisent. Nous devons avoir aussi cette technologie  [de LLM]» dit-il. D’autre part, Octave Klaba estime que ce qui manque en Europe, c’est le marché « B to C », le marché grand public. Aux États-Unis, ce marché existe. On peut s’abonner pour 20 $ à Claude d’Anthropic ou à ChatGPT d’OpenAI, illustre-t-il.

Octave Klaba observe qu’il n’y a pas beaucoup de champions européens dans le domaine du B to C, et ne trouve à citer que Spotify, leader suédois de la musique en streaming. « C’est ce que nous ne sommes pas capables de créer, le marché B to C. Nous avons des acteurs B to B qui ciblent les entreprises, un pays après l’autre. Mais avoir un site web qui fonctionne pour tous les pays, toutes les langues, pour tout le monde, et qui soit un grand succès, il n’y a pas beaucoup d’exemples créés ces dernières années » déplore-t-il.

Réussir la commercialisation de produits numériques à l’échelle européenne

La réussite en B to C pour une entreprise européenne dans toute l’Europe est le plus gros challenge. « Pour moi, le plus grand défi dans les années à venir, sera de pouvoir développer ce type de produit et de réussir dans tous les pays d’Europe, afin d’être numéro un, numéro deux ou numéro trois dans tous les pays » annonce-t-il.

À quoi pourrait ressembler OVH dans 10 ans ? « C’est exactement la question que je me pose. Cela fait 27 ans que je fais cela. Nous savons que nous devons grossir

Le service Shadow lancé par OVH Cloud pourrait-il être ce type de produit qui réussisse à l’échelle européenne ? « L’avenir le dira » répond sobrement le dirigeant. Shadow est un service de PC Windows hébergé dans le Cloud commercialisé par OVH Cloud. Dans la foulée, à quoi pourrait ressembler OVH dans 10 ans ? « C’est exactement la question que je me pose, car cela fait maintenant 27 ans que je fais cela, et je suis toujours aussi enthousiaste chaque matin à l’idée de voir à quelle vitesse tout évolue. Nous savons que nous devons grossir.”

OVHCloud veut passer à une autre étape. “Au cours des cinq prochaines années, ce que nous faisons, ce que nous voulons est d’être présent dans chaque pays européen. Bien sûr, nous avons déjà des équipes en Allemagne, en Pologne, en Espagne, au Portugal, en Italie, au Royaume-Uni et en Irlande. Nous en avons beaucoup. Nous avons les centres de données, etc. Mais maintenant, cela passe à une autre étape. Cette étape consiste à être connus des clients B to C » déclare-t-il.

OVH Cloud cible 100 millions d’utilisateurs

La clientèle se chiffre en millions. « Le B to C, en quête de 100 millions d’utilisateurs, des millions de clients. C’est la cible  que nous nous sommes fixés en interne, celui de grossir sur ce marché, d’être connus comme la solution numérique pour tous les clients européens. C’est mon ambition pour les cinq prochaines années » termine-t-il.

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