Ma French Bank, la banque mobile de La Poste, vers la fin de l’aventure

La Banque Postale prête à stopper sa banque 100% mobile

La fin de Ma French Bank, la banque 100% mobile, se prépare. Sa maison mère, La Banque Postale lui reproche son absence de rentabilité. La Banque Postale propose aux clients de Ma French Bank de rejoindre sa propre offre, qu’elle tend à décrire comme similaire techniquement à celle de sa filiale en parlant de sa propre app comme étant « dans les meilleurs standards de marché » mais en mieux grâce à la supériorité des services proposés. On finit par se demander pourquoi La Banque Postale a lancé Ma French Bank. Quoiqu’il en soit, les clients de Ma French Bank ne rapportent pas assez.

Une plateforme technique temps réel spécifique

Comme quoi on peut avoir de nombreux atouts techniques tels que le temps réel pour l’enregistrement des transactions et la mobilité native, dérouler un programme très rationnel afin de conquérir des clients, et échouer sur le marché à l’instar d’Orange Bank. Ma French Bank dispose d’une plateforme technique spécifique créée pour l’occasion et fonctionnant en temps réel et au goût du jour, adopte les codes attendus par les jeunes générations en privilégiant le mobile, tout en conservant la proximité via les bureaux de Poste et un centre d’appels téléphonique avec des vrais gens impliqués dans le succès de la banque pour répondre aux clients. Pour rappel, Orange Bank disposait d’une plateforme technique améliorée et récemment migrée sur le Cloud Amazon et mettait un centre d’appels à disposition de ses clients ainsi qu’un chatbot évolué peu de temps avant de décider de mettre la clé sous la porte.

« Ma French Bank n’a pas atteint la rentabilité et n’a pas encore trouvé son modèle économique »

Au final, bien que l’on crédite Ma French Bank de 750 000 clients au bout de 5 ans d’activité, et que La Banque Postale parle d' »un succès indéniable auprès des clients« , le groupe étudie un projet d’arrêt des activités de Ma French Bank. Ces dernières semaines une revue stratégique de Ma French Bank a été réalisée. « Ma French Bank n’a pas atteint la rentabilité et n’a pas encore trouvé son modèle économique » énonce La Banque Postale.

Selon le groupe bancaire, le marché est extrêmement concurrentiel, en pleine consolidation, et il requiert une taille critique suffisante pour espérer devenir rentable. « Des investissements massifs seraient nécessaires pour le développement de Ma French Bank, notamment en élargissant sa gamme de produits et d’offres d’équipement » poursuit la maison mère.



La Banque Postale veut se digitaliser

Cette orientation n’apparait plus compatible avec le plan stratégique du Groupe La Banque Postale, qui envisage de prioriser ses investissements sur l’accélération de sa digitalisation. Si la cessation des activités de Ma French Bank était actée, elle se ferait suivant un processus progressif, qui s’inscrirait dans la durée. Cela prendrait entre 12 et 18 mois. Si ce projet devait être mis en œuvre, l’ensemble des collaborateurs de Ma French Bank se verraient proposer de poursuivre leur carrière au sein du groupe. « Leurs compétences et leur savoir-faire constituent un atout de taille pour La Banque Postale » déclare la Banque Postale.

« Le meilleur du digital avec une app dans les meilleurs standards de marché, et une gamme de produits et services large et complète »

La Banque Postale se montre rassurante et annonce que si l’arrêt de Ma French Bank venait à être mis en œuvre, elle proposerait à l’ensemble des clients de Ma French Bank la possibilité d’ouvrir un compte en son sein, et sur son réseau physique de 7 000 bureaux de poste, et leur proposer « le meilleur du digital avec une app dans les meilleurs standards de marché, et une gamme de produits et services large et complète ».

Les avoirs et les dépôts des clients, resteraient accessibles tout au long de la procédure. Hamid Gourrada, directeur du Pôle Transformation du secteur Banque Assurance chez Transformation Factory évalue à 255 millions d’euros le coût de Ma French Bank, en cumulant les pertes nettes entre 2018 et 2022. Sur ce marché des néo-banques, Boursorama, filiale de Société Générale, apparaît comme le leader dans l’hexagone. Quant à BNP Paribas, il développe Nickel et Hello Bank.



La Banque Postale forme, avec ses filiales dont CNP Assurances, un groupe international de bancassurance. Le groupe revendique en France 20 millions de clients particuliers, entreprises et acteurs du secteur public local. Filiale du groupe La Poste, La Banque Postale est une banque de proximité, présente sur tout le territoire avec 17 000 points de contacts dont 7 000 bureaux de poste.

La Banque Postale veut se diversifier et développe des métiers d’expertise, notamment dans la gestion d’actifs, l’assurance, le crédit à la consommation et la banque de financement et d’investissement. La Banque Postale ambitionne d’atteindre zéro émission nette en 2040. La Banque Postale commercialise ses services autour de trois marques. Il y a La Banque Postale, sa banque au quotidien, Ma French Bank, sa banque mobile et Louvre Banque Privée, sa banque patrimoniale.

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