L’identité numérique des Français sur internet, un horizon fixé à juin 2021 par l’Etat

Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique

La mise en place d’une identité numérique sur internet pour les Français est un chantier sans cesse relancé. Nous en sommes au 5ème projet reconnaît Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique. Il cible juin 2021 comme horizon et demande au public de bien séparer ce projet d’identité sur internet et l’usage de la reconnaissance faciale actuellement expérimentée dans le cadre d’Alicem (Authentification en ligne certifiée sur mobile), une application mobile de l’Etat qui emploie la reconnaissance faciale.  

Séparer l’identité numérique et la reconnaissance faciale

« Il y a un débat sur la reconnaissance faciale, et un débat sur l’identité numérique, qui me semblent disjoints » présente le ministre. « Nous devons avancer sur l’identité numérique en ligne. Il y a d’autres capacités que la reconnaissance faciale pour certifier une identité. Nous ne devons pas lier les sujets » poursuit-il.

On peut s’identifier sans passer par la reconnaissance faciale

Pour le ministre, il faut séparer l’identification en ligne et la reconnaissance faciale. « Il y a des techniques qui permettent de s’identifier qui ne passent pas par la reconnaissance faciale » rappelle-t-il. Actuellement, la reconnaissance faciale avec Alicem est expérimentée afin de vérifier que la personne devant le téléphone est la bonne personne, mais d’autres scénarios sont possibles.

« Dans la création de l’identité numérique en ligne, si on prend l’application Alicem qui est expérimentée par l’Etat, on utilise la reconnaissance faciale pour créer votre identité et être sûr que la personne qui est devant le téléphone c’est bien vous » décrit-il. « Mais on pourrait très bien considérer que par ailleurs vous pouvez aller dans un guichet, que l’on valide votre identité numérique en ligne sans avoir besoin de la reconnaissance faciale » illustre-t-il.

L’application Alicem est en attente de certification par l’Anssi

Le test de l’application mobile Alicem est toujours en cours. « Pour l’instant, je n’ai pas de retour sur l’expérimentation en cours. Pour ma part, j’ai testé Alicem et sa reconnaissance faciale, cela marche » indique le ministre. Le test se déroule auprès de 2000 à 3000 personnes. « L’application est en cours de certification par l’Anssi, l’Agence Nationale pour la sécurité des systèmes d’information. Nous sommes au milieu des discussions avec l’Anssi pour la sécurité. Il y a encore 2 ou 3 points techniques avant d’élargir l’expérimentation » indique Cédric O.

L’application de reconnaissance faciale ne serait pas généralisée avant 2021 de toute façon

L’usage massif est loin d’être à l’ordre du jour. « Mais on ne généralisera pas cette application avant 2021 » indique-t-il, faisant référence au projet d’identité numérique sur internet que mène le gouvernement et pour lequel il fixe l’horizon de juin 2021. Cédric O souhaite le développement d’une identité des Français sur internet assurée par l’Etat. « La question de l’identité numérique est essentielle pour développer un certain nombre de services dans le public comme dans le privé. Par exemple, pour ouvrir un compte en banque ou pour faire un certain nombre de démarches administratives qui nécessitent aujourd’hui une présence physique » décrit-il.

L’horizon est juin 2021. « On doit pouvoir avancer dans cette direction là. Ce que l’on s’est mis comme horizon c’est juin 2021. En juin 2021, nous commençons à remplacer toutes les cartes d’identité des Français par une carte d’identité avec une puce qui permettra de faire un certain nombre de choses électroniquement. A cette échéance là, l’Etat a annoncé qu’il se mettrait en condition de déployer l’identité numérique pour les Français » présente le ministre.

5ème fois que l’on entreprend un projet d’identité numérique en France

Il considère que c’est à l’Etat de délivrer une identité numérique ou à des entreprises privées agrées par l’Etat, et non aux Gafas ni même aux banques. « Si l’Etat ne le fait pas d’autres le feront. La gestion de l’identité est une dimension totalement régalienne » affirme-t-il.

Le secrétaire d’Etat a bien conscience que les projets en la matière n’ont cessé d’échouer. C’est la 5ème fois que l’on entreprend un projet d’identité numérique en France. Les 4 premières ont été abandonnées pour des raisons politiques, conclut-il. Cédric O a répondu aux questions de La Revue du Digital à l’occasion de la présentation du baromètre de la confiance des Français dans le numérique de l’Acsel, le 25 février.

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