Face à la criminalité et au terrorisme, la reconnaissance faciale et l’IA reviennent sur le devant de la scène

Jean-Baptiste Djebbari, ministre en charge des transports

Face à la menace terroriste et aux dégâts causés par la criminalité, le recours à la reconnaissance faciale est de nouveau évoqué par des responsables politiques.

Le ministre des transports ouvert à avancer vers l’usage de l’IA

Jean-Baptiste Djebbari, Ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, chargé des transports, se montre même favorable à un usage de la reconnaissance faciale et de l’intelligence artificielle afin de détecter les dangers. Il s’est dit « assez favorable » à la proposition de Valérie Pécresse, Présidente de la région Ile-de-France, de recourir à la reconnaissance faciale dans les transports afin de lutter contre le terrorisme. Il s’exprimait dans l’émission « le Grand Rendez-vous » sur Europe 1 dimanche 24 octobre.

« Je suis tout à fait prêt à avancer avec Madame Pécresse sur ces sujets là, mettre en place effectivement une instance d’éthique« 

« Je suis assez favorable à cela » dit-il. « Elle propose un comité d’éthique. Je suis tout à fait prêt à avancer avec Madame Pécresse sur ces sujets là, mettre en place effectivement une instance d’éthique pour regarder ce qu’il est possible de faire au regard du droit français » dit-il. Plus précisément, il s’avère qu’il souhaite plutôt détecter les comportements suspects que de reconnaître des visages, bien qu’il se félicite d’avoir utilisé l’analyse des visages au début du Covid afin de détecter les personnes portant un masque comme cela était recommandé dans les transports.

« Nous l’avons fait au début du Covid, pour détecter le nombre de personnes qui portaient le masque. C’est comme cela que l’on a pu savoir que 95% des personnes, des usagers des transports portaient le masque » rappelle-t-il. L’opération avait été menée avec la startup Datakalab à la station Châtelet. Mais l’opération avait été interrompue par la RATP, une des raisons évoquées à l’époque étant que les personnes filmées ne pouvaient pas s’opposer à ce que leur image soit capturée.  

L’IA doit rechercher des comportements suspects pas des personnes

La question des libertés individuelles doit être traitée, insiste Jean-Baptiste Djebbari. « Tout cela doit être concilié avec la liberté individuelle. On recherche des comportements suspects pas des personnes. Des personnes qui laissent un bagage abandonné, des personnes qui se comportent de façon suspecte, maintenant on sait assez bien le mettre en oeuvre. C’est mis en place dans beaucoup de pays » précise-t-il. La mise en place d’une instance d’éthique lui paraît normal. « L’idée d’un comité d’éthique pour étudier comment on utilise les nouvelles technologies et comment on concilie tout cela avec les libertés individuelles, c’est un chemin qui me paraît tout à fait normal » poursuit-il.

« Les pays qui sont le plus en avance s’appuient sur l’intelligence artificielle pour détecter les comportements anormaux »

« Moi je parle de toutes les techniques qui permettent d’appréhender les comportements suspects. Je ne sais pas si la reconnaissance faciale est la technique qui permet le mieux de déceler des comportements suspects, en tout cas je sais que les pays qui sont le plus en avance sur le sujet, les Etats Unis et Israël, s’appuient beaucoup sur l’intelligence artificielle pour détecter les comportements anormaux. Après, vous avez les agents sur le terrain » décrit-il.

Dans le Parisien du 24 octobre, Valérie Pécresse pour sa part est nettement en faveur de la reconnaissance faciale. « Nous sommes en risque terroriste très élevé, or on n’a aucun moyen d’utiliser l’intelligence artificielle pour les repérer alors qu’on a désormais des caméras partout. N’attendons pas un drame pour agir. Je demande à l’Etat la création sans délai d’un comité d’éthique pour trouver un juste équilibre entre l’impératif de sécurisation des réseaux de transports et la préservation des libertés » demande-t-elle.

Les caméras d’analyse faciale a priori incompatibles avec le RGPD selon la Cnil

Ce type de caméra risque de généraliser un sentiment de surveillance chez les citoyens

Les caméras intelligentes, aptes à détecter le bon port d’un masque de protection, à vérifier le respect de la distance physique voire à mesurer la température d’une personne, inquiètent la Cnil même s’il s’agit de freiner la diffusion du virus Covid-19.

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