L’actualité de la transformation

Youtube dépasse Netflix en revenus : les créateurs de contenus ont le vent en  poupe

Adham Hassan, spécialiste de la Creator Economy

Pour la première fois, Google a publié le chiffre d’affaires réel de YouTube. Le signal envoyé dépasse largement la simple comparaison avec Netflix. Il y a un basculement sur l’économie des créateurs de contenus. C’est l’analyse dans cette tribune d’Adham Hassan, spécialiste de la Creator Economy. On constate l’agilité du modèle de Youtube où les petits ruisseaux font les grandes rivières face à celui plus rigide de Netflix.

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En 2025, YouTube a généré 60 milliards de dollars de chiffre d’affaires. L’annonce est historique. C’est un chiffre communiqué officiellement pour la première fois par Google. Jusqu’ici, le marché devait se contenter d’estimations d’analystes ou d’indications partielles intégrées aux résultats d’Alphabet. Cette transparence nouvelle vient confirmer une tendance déjà perceptible. YouTube n’est plus seulement une plateforme de contenus. C’est désormais l’un des acteurs économiques les plus puissants du divertissement mondial, devant Netflix en revenus.

60 milliards de dollars pour Youtube – 45 milliards de dollars pour Netflix

YouTube avait déjà dépassé Netflix dès 2024, avec plus de 50 milliards de dollars de revenus estimés. La différence, aujourd’hui, est qu’elle est actée. Avec 60 milliards de dollars en 2025, YouTube s’installe durablement devant Netflix, dont les revenus atteignaient environ 45 milliards sur la même période. Ce n’est pas un dépassement ponctuel. C’est un changement d’échelle.

On est face à un choc de modèles économiques plus qu’à une guerre des contenus. Comparer YouTube et Netflix uniquement sous l’angle des catalogues de contenus serait une erreur. Les deux plateformes reposent sur des logiques radicalement différentes. Netflix reste un modèle majoritairement fondé sur l’abonnement. La production de contenus est centralisée, coûteuse et fortement capitalistique.

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Un écosystème décentralisé chez Youtube

YouTube, à l’inverse, s’appuie sur un écosystème décentralisé de créateurs, une monétisation hybride qui associe la publicité, les abonnements et les partenariats avec une capacité à capter l’attention sur tous les écrans, dont la télévision. Ce modèle explique pourquoi YouTube domine déjà le temps passé sur les écrans TV depuis plusieurs années, avant même de dominer en chiffre d’affaires.

En fait, la concurrence est plus directe qu’il n’y paraît. Malgré leurs discours, les deux plateformes se rapprochent de plus en plus. YouTube adopte des codes de plus en plus « streaming » sur les téléviseurs. Netflix, de son côté, signe des créateurs issus de YouTube et investit des formats historiquement associés aux plateformes sociales, comme les podcasts ou les contenus incarnés.

L’attention des audiences est la ressource centrale

La frontière entre les plateformes de streaming et les plateformes de créateurs de contenus devient floue. Ce glissement traduit une réalité simple. L’attention des audiences est devenue la ressource centrale, et les créateurs de contenus en sont désormais les principaux détenteurs.

Cette domination économique place YouTube et, plus largement, Google dans une position délicate face aux autorités de régulation. Netflix l’a bien compris. Dans ses échanges avec les sénateurs américains sur les questions antitrust, la plateforme met en avant la puissance des GAFAM. Ces débats visent à déterminer si certaines entreprises disposent d’un pouvoir de marché excessif ou faussent la concurrence, en raison de moyens financiers et structurels sans commune mesure.

Netflix veut grossir pour rester compétitif face aux Gafam

Le récent rapprochement entre Netflix et Warner Bros. Discovery s’inscrit aussi dans cette logique défensive. L’objectif est de renforcer sa taille pour rester compétitif face à des plateformes soutenues par des groupes technologiques aux ressources quasi illimitées.

La révélation du chiffre d’affaires de YouTube acte un basculement. Le divertissement mondial ne se structure plus uniquement autour de studios et de catalogues, mais autour de plateformes capables d’orchestrer des écosystèmes de créateurs à grande échelle. Dans cette nouvelle configuration, la question n’est plus seulement de savoir qui produit les meilleurs contenus, mais qui sait capter, organiser et monétiser l’attention sur le long terme.

La Creator Economy est un pilier de l’économie du divertissement

YouTube n’a pas seulement dépassé Netflix. Il a confirmé un changement de modèle. En officialisant ses revenus, Google éclaire une réalité devenue impossible à ignorer. La Creator Economy n’est plus un segment émergent du divertissement. Elle en est désormais l’un des piliers économiques centraux.

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