Transformation de l’Etat par la data, les ministères veulent leurs Hubs sectoriels ou intersectoriels

Dans la marche forcée de la transformation de l’Etat par la data,  la tendance chez beaucoup de ministères est d’avoir leur Hub sectoriel ou intersectoriel à l’instar du Health Data Hub, qui est l’un des premiers de ce type. Il devrait y avoir des Hubs sectoriels dans le domaine de l’éducation, des données environnementales, du travail, etc. Les projets sont foisonnants.

Les projets data foisonnent

Ce type de plateforme de données répond d’abord à des besoins, des cas d’usage et c’est une communauté qui met en commun des données dans un endroit, selon différentes architectures, et facilite le traitement de ces données, et son utilisation par des tiers. Les projets foisonnent qu’il va falloir animer, orchestrer et rationnaliser car faire son Hub de données n’est pas une fin en soi, pointe un responsable. Cette démarche intéressera aussi les acteurs privés.

Les administrateurs de données ont animé les travaux d’élaboration d’une feuille de route data dans chaque ministère

Cette émergence des Hubs sectoriels est le résultat de l’organisation de la Data lancée par le Premier ministre Jean Castex, en avril 2021. En tout, seize administrateurs des données (Chief Data Officer), pour les différents ministères ont été nommés en mai 2021. De mai à septembre, dans chaque ministère, ces administrateurs de données ont animé les travaux d’élaboration d’une feuille de route, avec des grands projets sur la data.


Sur ces feuilles de route, une première partie identifie les enjeux pour les politiques publiques, c’est-à-dire pour les métiers. Il s’agissait de répondre à des questions telles que « Qu’est ce que la donnée change concrètement dans le service que je rends à mes usagers dans les applications que je diffuse ? Comment est ce que je peux améliorer ce que je fais grâce à la donnée ? Quels sont tous les endroits où cela peut mieux fonctionner, être plus efficace, rendre mes usagers ou mes clients plus satisfaits ? ».

L’impact sur les systèmes d’information est évalué

La seconde partie concerne ce que cela change pour les infrastructures, les systèmes d’information, la façon de travailler, sur l’Open Data, et sur le partage de données. Un volet important est en train d’apparaître qui concerne l’usage des Data Sciences et de l’intelligence artificielle. Viennent ensuite le sujet de la bonne gouvernance à mettre en place et des moyens dédiés.

Les niveaux de maturité data sont différents parmi les administrations

Au bout du compte, il y aura des chantiers de la donnée partout, relève-t-on en interne. Les niveaux de maturité sont toutefois différents parmi les administrations. Le ministère de la transition écologique par exemple, est considéré comme ayant la culture de la donnée, l’habitude de travailler avec la donnée, avec des données environnementales et géographiques, ce qui représente des volumes importants.

On trouve aussi de grosses bases de données au ministère de la culture, mais organisées différemment, dont beaucoup sont chez des opérateurs, avec des données patrimoniales et des sujets de sémantisation. Dans le domaine du travail, ce sont les données de l’insertion qui importent, pour mieux les faire circuler. Au sein des administrations, il peut toutefois y avoir encore des résistances culturelles dans le partage des données. Cela provient pour partie de la méconnaissance de la valeur de la donnée et de la nécessité d’une acculturation. Certains responsables s’inquiètent de la qualité de leurs données et de ce qui va se passer s’ils les mettent à disposition.

La facturation de la valeur créée grâce aux données

La question qu’il faudra clarifier ensuite est qui paie pour la donnée ? La valeur produite par l’ouverture des données est une question critique. L’expérience montre que les administrations ne sont pas les mieux placées pour vendre leurs données. Elles ne savent pas établir une tarification car ce n’est pas leur métier. Parfois, elles cassent l’innovation en mettant de grosses barrières à l’entrée au lieu de tarifer les données au volume.

Les données à forte valeur qui existent sont mises à disposition gratuitement

En interne, on rappelle que la loi est claire aujourd’hui, et ceci également à l’échelle européenne avec la directive PSI. Les données qui existent sont mises à disposition gratuitement et en particulier les données à forte valeur et au fort potentiel de réutilisation. Pour autant, la question reste posée de comment empêcher la captation unilatérale de valeur par les Gafa (Google Apple Facebook Amazon) afin qu’ils restituent localement une partie de la valeur créée. 

Pourtant, ne pas mettre les données à disposition des Gafa serait finalement contre productif car des acteurs comme Google peuvent eux-mêmes recréer ces données, considère-t-on du côté de l’Etat. Si les mécanismes de fermeture d’accès aux données ne sont pas appropriés, ce sont plutôt les petits innovateurs et les entreprises qui n’ont pas les moyens de recréer les données qui seront pénalisés, par exemple sur les données de transport.

Des infrastructures importantes à entretenir

Finalement, si la donnée devient une infrastructure, il faudra investir dans son entretien, et sa mise à jour.  S’il est nécessaire d’avoir de gros niveaux d’infrastructure qu’il faut mettre à jour, l’Etat pourrait ainsi facturer du service à façon. On évoque le fait que le sujet des Hubs sectoriels voulus par les ministères en lien avec une évolution de la législation européenne devrait retraiter de ces questions.



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