Trump exclu de Twitter : tous les courants politiques s’inquiètent du pouvoir des Gafa dans le débat public

La fermeture du compte Twitter de Donald Trump, Président des Etats-Unis jusqu’au 20 janvier, à la suite de l’envahissement du Capitole par ses partisans, montre le rôle clé que jouent les géants du numérique sur l’organisation du débat public.

Comptes bloqués sur Twitter, Facebook et Instagram pour Donald Trump

Le compte de Donald Trump a été définitivement bloqué par Twitter le 8 janvier. Il était suivi par 88 millions d’abonnés. Ce blocage par Twitter intervient après que Mark Zuckerberg, patron de Facebook, ait annoncé le 7 janvier qu’il suspendait les comptes Facebook et Instagram de Donald Trump afin d’assurer un passage apaisé du pouvoir à Joe Biden, président élu des Etats-Unis. La cérémonie de transition aura lieu le 20 janvier. Donald Trump a annoncé qu’il ne serait pas présent.

En France, des inquiétudes s’expriment depuis la majorité jusqu’à l’opposition. Après la décision de Twitter, les réactions du côté de la majorité de « La République en marche » et de l’opposition avec « La France insoumise » ou du « Rassemblement national » montrent que les responsables politiques souhaitent une régulation des GAFA qui ne dépende pas des GAFA eux-mêmes. Ironiquement ces réactions ont eu lieu sur Twitter.

Aurore Bergé, députée de la LREM pense que l’on peut « refuser de se réjouir de voir les GAFA décider seuls, sans contrôle du juge, sans recours possible, quel président en exercice a le droit d’avoir un compte ou non sur Twitter. Cela n’aide certainement pas la démocratie ».

Pour Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique, « la fermeture du compte de Donald Trump n’en pose pas moins des questions fondamentales. La régulation du débat public par les principaux réseaux sociaux au regard de leurs seuls CGU (Conditions générales d’utilisation) ». Il pointe que Twitter agit sans aucune supervision démocratique. « Nous avons besoin d’inventer une nouvelle forme de supervision démocratique » suggère-t-il.

Quant à Jean-Luc Mélenchon de LFI, il estime que « Le comportement de #Trump ne peut servir de prétexte pour que les #GAFA s’arrogent le pouvoir de contrôler le débat public. Les lois Macron ont pourtant légalisé cette censure privée. »

Effacé numériquement sans recours

Marine Le Pen, leader du rassemblement national, quant à elle considère que « la suspension du compte de Trump, la purge des géants du numérique contre ses partisans, devraient indigner tout citoyen attaché à la démocratie. Où s’arrêtera ce contrôle de toute opinion dissidente ? Qui, demain, sera effacé numériquement sans possibilité de se défendre ? » interroge-t-elle.

Enfin, on peut noter que Shopify, une société canadienne de technologie qui fabrique des outils logiciels pour que les commerçants gèrent des magasins en ligne, a fermé jeudi 7 janvier le site TrumpStore.com de l’organisation Trump , ainsi que la partie commerce électronique du site Web des élections présidentielles. Shopify considère que Donald Trump a enfreint sa politique d’utilisation qui interdit la promotion ou le soutien d’organisations, de plateformes ou de personnes qui menacent ou tolèrent la violence pour faire avancer une cause. Donalt Trump a également été bloqué sur Snapchat.

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