Reconnaissance faciale : la Cnil réclame plus d’informations à la ville de Nice

La Police municipale de Nice est satisfaite des résultats de la reconnaissance faciale [Photo Ville de Nice]

La Cnil veut en savoir plus sur l’expérimentation de la reconnaissance faciale par la ville de Nice lors du carnaval 2019. La municipalité niçoise a rédigé en mars dernier un rapport montrant la satisfaction des agents de la police municipale de Nice en ce qui concerne la reconnaissance faciale.

Des informations chiffrées demandées 

La Cnil considère que le rapport manque d’informations techniques et scientifiques. C’est ce que révèle Le Monde qui a eu accès au rapport de la ville de Nice. La Cnil a demandé à la ville de communiquer des informations et des chiffres sur l’expérimentation afin d’évaluer en particulier les biais éventuels de la reconnaissance faciale, liés au sexe, au genre, à la couleur de la peau, etc.

Le rapport de la ville de Nice montre que Christian Estrosi, maire de Nice, entend aller plus loin et souhaite un texte de loi afin que la reconnaissance faciale soit opérationnelle pour les jeux Olympiques de Paris, en 2024. Le rapport demande de faire évoluer rapidement la législation française en matière d’expérimentation de nouvelles technologies en conditions réelles sur la voie publique face aux enjeux de sécurisation des espaces publics.

Des tests dans la foule et en contrôle d’accès

Lors du carnaval de février 2019, la ville de Nice a réalisé deux séries de test de reconnaissance faciale avec le logiciel israélien Anyvision qu’elle considère comme satisfaisants. Il y a eu ainsi un contrôle d’accès « un par un » dans une file d’accès, et un contrôle d’accès « à la volée » pour la détection d’une personne d’intérêt au milieu d’une foule. Les personnes ont été reconnues même en utilisant des photos anciennes et même dans le cas de vrais jumeaux, le logiciel ayant bien reconnu la bonne personne.

Le rapport de la ville de Nice intègre également un sondage réalisé auprès de 821 personnes qui montre leur adhésion à l’usage de la reconnaissance faciale.  Les cas cités sont le fait de retrouver un enfant perdu (83,1 % sont d’accord), localiser un individu recherché par la justice (81,7%), sécuriser un lieu de rassemblement (80.3 %), porter secours à une personne vulnérable (80 %) et contrôler l’identité des personnes dans les lieux de transit (78.5 %). Le panel interrogé a également montré (à 66,5%) qu’il était d’accord pour modifier la loi informatique et liberté de 1978. Un texte qui est le socle de l’action de la Cnil depuis sa création.

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