L’institut Thomas More annonce une étude du pluralisme et de la neutralité de l’’audiovisuel public réalisée avec l’IA. L’institut déclare que sous un vernis de pluralisme, son rapport révèle la présence de biais éditoriaux manifestes.
Etude de 2000 heures de programmes sur 3 mois
L’analyse couvre 2 000 heures de programmes de sept chaînes de France Télévisions et Radio France sur 3 mois. L’institut Thomas More publie les prompts utilisés pour concrétiser cette étude et reconnait que l’IA est encore « un champ de recherche nouveau et perfectible ». L’institut mise sur le volume de données traités pour en tirer des enseignements neutres et fiables.
Il y a eu 7 053 émissions et chroniques analysées avec 29 905 mentions de personnalités ou de formations politiques
Le rapport estime qu’une hostilité générale est marquée à l’égard du personnel politique avec des nuances. Près d’une mention sur deux envers des partis ou personnalités politiques est négative, et seulement 17 % des mentions sont positives. La majorité présidentielle et la droite sont surexposées par rapport à leur représentation parlementaire mais souvent critiqués.
Traitement plus indulgent de la gauche modérée et des écologistes
En ce qui concerne les partis que Thomas More qualifie de “radicaux de gauche et de droite“, ils sont sous-représentés médiatiquement. Ils reçoivent les traitements les plus hostiles. La gauche modérée et les écologistes bénéficient pour leur part d’un traitement plus indulgent. De nombreuses personnalités bien notées viennent de ces familles politiques.
L’étude estime qu’il y a un biais éditorial en faveur d’un angle de centre-gauche
Sur les 37 émissions analysées, 30 sont marquées à gauche. Cela peut être fortement à gauche, comme C Politique sur France 5 et Complément d’Enquête sur France 2. Elles sont 7 émissions marquées à droite. L’institut Thomas More déclare que l’émission Questions Politiques a une note fortement marquée à droite parce que plusieurs entretiens de personnalités de droite ont été massivement rediffusés la nuit entre 2h et 5h du matin.
Surreprésentation des conflits internationaux
Toujours selon l’étude, les thèmes traités sur l’audiovisuel public ne reflètent pas toujours les priorités des Français. Par exemple, les conflits internationaux et la lutte contre le dérèglement climatique seraient surreprésentés. Au bout du compte, les thèmes traités sont plus proche des priorités des sympathisants du centre et des écologistes que de celles des électeurs des partis Les Républicains, du Rassemblement national et de La France insoumise.
14 des 19 thématiques observées présenteraient un biais éditorial de gauche
L’analyse s’emploie à tenir compte de la fréquence, de l’orientation politique du traitement, de l’orientation politique des programmes et de l’orientation éditoriale. Elle estime que certains angles et choix éditoriaux favorisent certaines visions du monde ou grilles de lecture tandis que d’autres, plus libérales ou conservatrices, sont reléguées à des positions défensives ou sont systématiquement problématisées.
Le modèle Gemini retenu à la suite d’une vérification humaine
L’étude traite 2 000 heures de programmes sur trois mois avec l’intelligence artificielle. La démarche a évalué différents modèles d’intelligence artificielle issus de Mistral, OpenAI et Gemini. Le but est de réaliser une analyse sémantique, émotionnelle et idéologique. À l’issue d’une comparaison entre ces trois modèles, l’institut Thomas More a retenu le modèle Gemini pour la conduite de l’étude.
Gemini présentait une meilleure capacité à identifier correctement les personnalités politiques
Gemini identifiait mieux la direction idéologique notamment dans des cas ambigus tels que l’usage de l’ironie, ainsi que des justifications de notes plus précises et mieux argumentées que celles produites par les autres modèles. D’autre part, la méthode a introduit un indice d’hostilité ou de bienveillance, appliqué à chaque prise de parole, afin de mesurer le traitement réservé à chaque personnalité et formation politique mentionnées sur les antennes.
Indice d’orientation gauche-droite
L’étude introduit également un indice d’orientation gauche-droite, appliqué à chaque chronique ou émission, pour noter la neutralité politique des programmes, non pas en fonction du profil des interlocuteurs (leurs étiquettes politiques), mais des seuls propos exprimés.
L’IA applique les mêmes critères à chaque citation : tonalité, lexique évaluatif et cohérence idéologique
La méthodologie procède en trois temps. D’abord, les émissions sont transcrites en écrit via les plateformes de Radio France et France Télévisions. La transcription est ensuite analysée par l’IA. L’IA reçoit la transcription et un prompt d’évaluation idéologique. Les émissions sont segmentées en prises de parole, les personnalités sont identifiées et leurs propos sont analysés. L’IA renvoie son analyse avec une note d’orientation, une justification et une ou plusieurs citations.
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