Les données des portables aident à la compréhension d’une épidémie

Simon Cauchemez; membre du Comité scientifique [Photo source Axa]

Simon Cauchemez est qualifié de « modélisateur » dans le Conseil scientifique qui renseigne le gouvernement face à l’épidémie de Covid-19. C’est un titre un peu court pour la mission clé d’anticiper la propagation des maladies infectieuses dans des situations d’urgence.

Accompagner les responsables politiques

Diplômé de l’école nationale des statistiques et de l’administration économique, il travaille pour l’institut Pasteur où il développe des modèles mathématiques qui font le lien entre les données très parcellaires que l’on observe sur le terrain et leur interprétation. Son objectif est d’aider à mieux comprendre, voire d’anticiper, l’évolution d’une épidémie, afin d’accompagner les politiques dans leur prise de décision. 

A l’heure où le gouvernement s’interroge sur l’usage de la géo-localisation des téléphones mobiles afin de mieux tracer les malades du Covid-19, force est de constater que les travaux qu’il a pu mener montrent l’intérêt de cette géo-localisation et qu’il utilise désormais les données des médias sociaux et les données des téléphones portables. « Nous devons toujours être inventifs et développer de nouvelles façons de tirer le meilleur parti des données que nous obtenons » écrit-il afin de décrire ses missions.

Des dispositifs GPS au Bangladesh

Parmi les études menées, on relève celle sur le Chikungunya au Bangladesh. Des dispositifs de géo-localisation GPS ont été donnés aux habitants dans le cadre d’une recherche pilotée par Simon Cauchemez afin de suivre les déplacements des populations. Un taux extrêmement élevé de transmission pouvait être observé dans un village, mais au-delà de ses limites géographiques, le cas d’individus infectés diminuait rapidement.

Autre cas, l’étude de la propagation de la grippe à Madagascar, cette île de l’Océan indien. Simon Cauchemez y a évalué les déterminants spatiaux de la maladie, entre la capitale et les villages isolés. Des prises de sang permettent de connaître les niveaux d’anticorps pour chaque souche de virus de la grippe depuis 50 ans. L’étude menée utilise en outre l’âge des personnes, et leur géo-localisation afin de remonter à l’intensité de chacune des épidémies passées et d’identifier des tendances. L’impact de la connexion aérienne entre l’île et la Thaïlande fait partie de l’étude.

Des virus à l’échelle mondiale

Par ailleurs, Simon Cauchemez a travaillé sur le virus Zika touchant la Martinique en 2016, sur le risque de dengue à La Réunion en 2018-2019. Son unité de recherche s’est impliquée lors de l’épidémie de Peste pulmonaire en 2017 à Madagascar. Il est également intervenu lors de l’épidémie d’Ebola en 2013-2015 en Afrique de l’Ouest.

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