Le président de M6 mise sur la TV en streaming et l’abonnement payé par la publicité

Nicolas de Tavernost, 15 juin

L’avenir de la TV c’est le streaming sur internet et l’abonnement aux contenus payé par la publicité. Autrement dit, c’est la TV en OTT (Over The Top) et un abonnement aux plateformes de diffusion payé par la publicité, ou AVOD (Advertising Video On Demand]. C’est ce que l’on comprend à l’écoute de Nicolas de Tavernost, emblématique patron de M6, depuis 30 ans. Il a pris la parole le 14 juin, à l’occasion de l’événement Ramp Up organisé par LiveRamp, société américaine spécialisée dans la donnée sur les internautes.

Coupler les offres en linéaire et l’OTT

Pour autant, le dirigeant n’écarte pas la TV linéaire diffusée massivement en TNT car cette offre est puissante avec une forte couverture instantanée pour les annonceurs, par exemple en couplant 6Ter et W9. « Nous ferons les deux » dit-il. Les tarifs de la publicité en TNT devraient d’ailleurs augmenter au fur et à mesure que la baisse de la durée d’écoute continuera en linéaire.

« L’avantage de l’OTT pour nous par rapport aux opérateurs [NDLR : publicité ciblée via les box], c’est que nous maîtrisons la donnée« 

Autre atout de l’OTT, c’est que face aux difficultés rencontrées avec la publicité TV ciblée sur les box des opérateurs, l’OTT a nettement plus de potentiel et devrait progresser plus vte. « Le marché auquel on croit le plus c’est le marché de l’OTT avec le développement des foyers raccordés en fibre optique en France » déclare Nicolas de Tavernost. « L’avantage de l’OTT pour nous par rapport aux opérateurs [NDLR : par rapport aux offres de publicité ciblée via les box], c’est que nous maîtrisons la donnée. C’est extrêmement important » poursuit-il.

M6 veut délivrer des datas ciblées à ses annonceurs, plus fournies que ce qui est actuellement possible sur les box des opérateurs. « Aujourd’hui, nous sommes relativement limités avec les opérateurs, parce qu’il faut un consentement spécifique [NDLR : des spectateurs], et les données d’usage récoltées ne sont pas extraordinairement affinées » pointe le dirigeant. « Pour que la publicité ciblée se développe, il faut que l’on avance dans ce process. Et l’OTT va nous permettre d’aller plus vite »  déclare-t-il. Il cite le cas de la diffusion en replay sur la plateforme 6Play de M6 directement sur le terminal du spectateur, tablette ou PC. « Nous avons beaucoup plus de données et nous sommes dans une économie plus stable, plus forte avec nos clients que pour le moment avec les FAI » explique-t-il.

La technologie est clé dans la TV

Dans le cadre de la TV en streaming, M6 investit dans la technologie. En particulier, le groupe a créé la société Bedrock, propriété pour moitié de RTL group et pour l’autre moitié de M6. « On ne le dit pas assez la technologie est clé dans notre secteur » souligne Nicolas de Tavernost.  Avec Bedrock, « nous avons environ directement et indirectement 350 collaborateurs qui élaborent des plateformes de streaming pour des acteurs européens, en Belgique, Hongrie, Hollande  et notamment employée par Salto et 6Play » décrit-il. « Il faut s’adapter à tellement de devices. Il y a tellement de fonctionnalités en streaming » ajoute-t-il.

« C’est une vraie voie très importante pour nous d’aller vers l’AVOD et notre métier de base c’est de vendre de la publicité »

Comment financer ces nouvelles offres de TV en streaming ? Le dirigeant croit plus que jamais dans le modèle avec publicité. « C’est une vraie voie très importante pour nous d’aller vers l’AVOD [NDLR : Advertising Video On Demand] et notre métier de base c’est de vendre de la publicité » annonce-t-il. « Cela tombe bien la publicité se vend plus cher lorsqu’elle est ciblée. Nous avons tout intérêt à avoir une offre AVOD puissante. On la combine avec l’offre linéaire, c’est complexe mais on a une certaine habitude » commente-t-il.

De fait, même l’américain Netflix va proposer une offre d’abonnement à ses programmes avec publicité. « Je crois que c’est l’AVOD qui va gagner. Monsieur Reed Hastings [patron de Netflix] est venu sur notre terrain, ce n’est pas nous qui sommes allés sur le sien. Cela c’est vraiment l’axe principal »» sourit-il. « On estime que 70% des abonnés à Disney+ choisiront l’abonnement avec publicité » illustre-t-il. En parallèle, le dirigeant veut faire des offres SVOD pour les spectateurs allergiques à la publicité. M6 participe ainsi à Salto, un service payant sans publicité. En cas de fusion acceptée entre M6 et TF1, le service Salto sera conservé au sein du nouveau groupe audiovisuel et France Télévision le quitterait.



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