Le gouvernement va lutter contre les fake news venues de l’étranger avec une quarantaine de Geeks

Stéphane Bouillon, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale

Le gouvernement va créer un service à compétence nationale afin de lutter contre les informations diffusées par des états ou des organisations étrangères qui veulent déstabiliser la vie politique française. Cette structure sera placée auprès de Stéphane Bouillon, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale. Elle doit être opérationnelle pour la rentrée prochaine, en septembre probablement donc. Elle comprendra 40 personnes à la fin de 2021 et une soixantaine au maximum. La structure a été annoncée par Stéphane Bouillon à l’occasion de son audition à l’Assemblée nationale, le 2 juin devant la Commission de la Défense.

Des Geeks regarderont les informations circulant sur les réseaux sociaux

L’équipe sera composée plutôt de ce que l’on appelle des Geeks, indique le secrétaire général. « Ils ont la capacité à pouvoir regarder ce qui se passe en sources ouvertes. Nous ne faisons pas du renseignement » précise-t-il. L’objectif est d’identifier des états et des organisations qui sont hostiles à la France, qui diffusent et amplifient des nouvelles de nature à nuire à la sincérité d’un scrutin ou à créer des troubles à l’ordre public. Les premières opérations menées par ce service concerneront les élections au parlement en Allemagne du 26 septembre – afin de se roder – et le référendum en Nouvelle Calédonie du 12 décembre 2021, avant de préparer la prochaine élection présidentielle française en 2022.

« Je parle bien des ‘fake news’ d’origine étrangère qui sont organisées par un état »

Le but est d’identifier les menaces venues de l’étranger. « Ce sont les ‘fake news’ dont l’origine ne trompe personne mais encore faut-il pouvoir les attribuer. Je parle bien des ‘fake news’ d’origine étrangère, qui sont organisées soit par un état soit par une organisation para étatique, mais évidemment pas de ce qui relève du débat politique national » tient à préciser le haut fonctionnaire.

Il cite comme exemple d’action, le fait de pouvoir permettre aux hommes politiques, aux diplomates, à la justice, et à la presse, de constater que sur 400 000 tweets de reprise d’une information, il y en a 200 000 qui viennent d’une ferme à bots. Ou qu’un débat qui est en train de monter provient d’une ferme à trolls ou que ces informations passent toujours par tel type de site qui relaie des éléments qui proviennent de tel site d’information, de telle agence de presse ou de telle agence gouvernementale.

Le rôle de l’administration n’est pas de dire si telle information est exacte

« Soyons bien clair, il ne s’agit absolument pas pour nous de commencer à dire telle information est exacte, telle information est inexacte. Cela c’est le rôle des politiques, des médias, et c’est le rôle de la justice. Cela ne peut pas être le rôle d’une administration » réagit le responsable face aux députés. « Ce que nous cherchons à faire c’est de voir qu’une information qui est en train de circuler et qui a une rapidité d’amplification très forte, vient d’un pays étranger ou d’une organisation étrangère qui vise à déstabiliser sur le plan politique l’Etat, à faire monter quelque chose dont nous il ne nous appartiendra pas de dire que c’est inexact. La justice pourra le dire. Les hommes politiques pourront le dire » précise-t-il. « Notre objectif est de signaler l’incendiaire et de l’identifier le plus tôt possible » résume-t-il.

Un comité d’éthique et scientifique sera créé au sein de cette structure, qui aura accès à toutes ses activités

Conscient que cette structure chargée de trier le bon grain de l’ivraie dans l’information, pose question, Stéphane Bouillon insiste sur l’objectif d’être totalement transparent sur les actions menées. Il va proposer de créer un comité d’éthique et scientifique au sein de cette structure, qui aura accès à toutes ses activités. Ce comité sera présidé par un conseiller d’Etat. Elle comprendra un membre du CSA, un magistrat, un ambassadeur et des journalistes.

« Ce comité comprendra aussi des chercheurs parce c’est un sujet qui est très sensible et très examiné au niveau universitaire »  commente-t-il. Les représentants des réseaux sociaux pourront aussi être présents. « Nous souhaitons une articulation la plus forte possible avec les médias, dont avec des journalistes mais aussi des représentants des réseaux sociaux qui pourront être installés dans le comité d’éthique et scientifique » conclut-il.  

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