La plateforme de données alimentaires Num-Alim des industriels accélérée par la banque BPI France

La filière alimentaire française crée sa base de données géante

La plateforme Num-Alim de données sur l’alimentaire soutenue par les industriels et les acteurs de la filière accélère son développement avec un premier financement par la banque BPI France.

Un contrat d’aide total de 3 millions d’euros

Ce versement, réalisé pour le compte de l’Etat et au titre du Programme d’investissements d’avenir (PIA), intervient dans le cadre d’un contrat d’aide total de 3 millions d’euros. La création de cette plateforme française Num-Alim résulte des Etats Généraux de l’Alimentation organisés en 2017. Elle vient concurrencer directement des bases de données privées ou Open Source sur l’alimentation. Elle doit notamment dynamiser le développement d’applications mobiles grand public de type Yuka qui guident les achats des particuliers dans les rayons des supermarchés. « Demain vous pourrez savoir d’où viennent les petits pois de votre boîte de conserve, comment ils ont été cultivés et transformés. Les consommateurs pourront savoir à quels autres aliments les associer pour constituer un plat équilibré » illustre-t-on chez l’Ania (Association nationale des industries alimentaires).

La plateforme est dirigée par Jérôme François, précédemment directeur général marketing de Nestlé France

La plateforme Numérique de l’Alimentation, a été créée en juin 2019, à l’initiative des acteurs de la filière et avec le soutien des pouvoirs publics. Elle est dirigée par Jérôme François, précédemment directeur général marketing de Nestlé France. Sa gouvernance représente différents groupes d’acteurs et d’industriels ainsi que des représentants de la société civile avec Numagri, Coopération Agricole, Fondation Avril, Ania, FCD, Geco Food Service, UFC Que Choisir, CLCV, La Note Globale, FFAS, Iterg, Actia, etc.

Geco Food Service réunit par exemple les industriels tels que Coca-Cola, Danone, Lesieur, McCain, Panzani, Nestlé, Saupiquet, Unilever, Yoplait, etc. L’Ania pour sa part est l’association nationale des industries alimentaires. Elle rassemble 35 syndicats métiers (Chambre syndicale des eaux minérales, association des brasseurs, fédération des importateurs de produits alimentaires, fédération nationale de l’industrie laitière, fédération des produits de l’épicerie et de la diététique, etc.) et 16 associations régionales, représentatives des 17 723 entreprises alimentaires de France.

Une plateforme de données ouvertes, fiables et exhaustives

Num-Alim se veut une plateforme numérique de données ouvertes, fiables et exhaustives sur les produits alimentaires. Elle concurrence par exemple une plateforme de données alimentaires telle qu’Open Food Facts. Le financement par la BPI va permettre des recrutements. « L’apport financier de BPI France va nous permettre d’accélérer notre développement à court et moyen terme. L’équipe à recruter pourra atteindre une quinzaine de personnes » se félicite  Jérôme François, directeur général de Num-Alim.

La plateforme doit améliorer l’information sur les produits alimentaires avec une forte présence des acteurs de la filière

Un usage possible de la plateforme est d’obtenir des analyses des attentes du public en matière d’alimentation en effectuant le croisement des cartes d’identité numériques des aliments avec les évolutions de consommation. La plateforme doit délivrer une meilleure information sur les produits alimentaires avec une forte présence des acteurs de la filière, l’amont agricole représenté par Numagri, les filières interprofessionnelles, la transformation alimentaire réalisée en coopérative et industrielle, la distribution et la restauration. « La société civile est également représentée au sein de la gouvernance, au travers d’associations de consommateurs » défend le DG.

« Le projet Num-Alim démontre la capacité de la filière alimentaire à se fédérer autour d’un objectif commun de souveraineté de ses données » veut retenir pour sa part Ariane Voyatzakis, responsable du secteur agroalimentaire à la direction de l’Innovation de BPI France.

Valoriser les pratiques et les produits alimentaires

La plateforme Num-Alim doit collecter un vaste répertoire de données, englobant l’ensemble de la chaîne alimentaire, dont celles de l’amont agricole en coordination avec Numagri, l’association du monde agricole. L’objectif est développer l’usage des données numériques pour valoriser les pratiques et les produits issus de l’agriculture et de la transformation industrielle et coopérative hexagonales.

Num-Alim doit permettre des études dynamiques sur les évolutions de l’offre et de la demande

La plateforme doit recenser l’historique des données permettant des études dynamiques sur les évolutions d’offre et de demande, selon des critères de qualité variés et produire des études sur les comportements alimentaires et leurs déterminants, les liens entre les différents répertoires alimentaires et la santé et enfin, préparer les étapes de traçabilité et de blockchain.

Le déploiement est prévu entre 2020 et 2023 en 4 étapes. Num-Alim compte finaliser sa gouvernance, lors de son assemblée générale constitutive, le 1er juillet prochain, dans les locaux de BPI France et attirer de nouvelles entreprises. La création d’un Comité d’Ethique et d’un Comité Scientifique est également en cours.

La numérisation des données est confiée à GS1 France avec CodeOnline Food

Côté technique, il s’agit de numériser les informations de composition et de qualité nutritionnelle des aliments. Cette base de données, baptisée CodeOnline Food, est gérée par GS1 France, qui travaille au déploiement de standards d’identification en entreprise des produits tels que le code à barres ou le RFID. Est également prévu l’organisation de conférences et de sessions de réflexion et de formation, pour valoriser l’impact stratégique des données produits.

Les données produits seront croisées avec des informations sur la consommation, les référentiels qualité et le développement durable

Au global, il s’agira de piloter le croisement des données produits avec d’autres sources (consommation, référentiels qualité dans les domaines nutritionnel et développement durable…). Dans la foulée, il sera proposé, en lien avec des organismes de recherche, un programme d’études « Bien Public » pour décrypter les choix d’alimentation des consommateurs et identifier des modèles d’adaptation répondant à leurs besoins spécifiques (âge, niveau d’activité, contraintes de santé…).

Enfin, il s’agira d’enrichir la base des caractéristiques produits, via l’interconnexion des données issues de l’amont agricole, et en suivant des pilotes conçus avec Numagri à partir de  2021. A terme, Num-Alim doit contribuer à favoriser l’extension des solutions de traçabilité, avec des technologies blockchain.

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