Axa se met en ordre de marche pour un numérique durable

L’assureur Axa se met en ordre de marche afin de réussir sa stratégie de sobriété numérique. Une initiative baptisée « Axa Digital sustainability » a été officialisée cette année sous le sponsorship de Giovanni d’Aniello, Group Chief Technology Officer chez Axa. Le projet apparaît complexe.

Une démarche portée par les grands programmes de transformation technologique

Axa s’est lancé dans la mesure de l’impact environnemental de son informatique. Sur le sujet, le groupe a même réussi à obtenir des réponses de la part de ses fournisseurs de Cloud, ce qui n’est pas le lot commun si l’on en croit le livre blanc publié par le Cigref sur le sujet et qui a interrogé Google, Microsoft, OVH et Dell. Afin d’atteindre ses objectifs en matière de numérique responsable, le CTO d’Axa pour sa part mise sur les grands programmes de transformation technologique déjà lancés par Axa. Ces programmes doivent constituer le « véhicule » qui va porter ces objectifs. Le responsable prend bien en compte l’ensemble du cycle de vie de ses équipements, intégrant leur fabrication. Il entend intégrer également ses fournisseurs dans la démarche et ceux-ci devront répondre à de nouveau critères de sélection.

« Décider d’étendre le monitoring et la limitation de l’impact environnemental au système d’information, c’est une décision importante« 

« Nous avons décidé d’accélérer notre focus sur les concepts de sobriété numérique » confirme Giovanni d’Aniello. Cette notion de « Digital sustainability », de sobriété technologique est intégrée au sein de la stratégie technologique du groupe baptisée « Tech and Data ». « Nous avons aussi beaucoup travaillé à comprendre ce que cela signifie. Décider d’étendre le monitoring et la limitation de l’impact environnemental au système d’information, c’est une décision importante mais comprendre ce que cela signifie, ce n’est pas simple » reconnaît-il. L’initiative est positionnée dans l’entité Axa Group Operations. Cette entité fournit les services d’infrastructures et d’applications à la quasi-totalité des entités du groupe.

« Il faut mesurer notre impact actuel » dit-il. « Nous avons commencé ce genre de démarche. Nous avons plutôt pas mal avancé. Par exemple, on ne se limite pas à la consommation électrique de nos Data Centers, on va jusqu’aux équipements qui sont dans les Data centers. Un équipement a un impact écologique très important au moment de sa fabrication, et ensuite dans son utilisation » rappelle-t-il. Dans ses calculs, il intègre donc ce « passif » des équipements lors de leur fabrication. « Dans nos Data centers, dans toutes nos infrastructures nous avons fait cet exercice. Mais on le fait aussi pour tous les devices, les smartphones, les PC portables de nos employés, et de nos circuits de distribution » présente-t-il.

Les prestataires de Cloud d’Axa jouent le jeu jusqu’à présent

Les prestataires de Cloud sont dans la boucle même si ce n’est pas simple. « Et nous l’avons fait aussi sur le Cloud. De plus en plus de nos applications sont en train de migrer de nos data center vers le Cloud. On ne peut pas ne pas travailler avec nos fournisseurs de Cloud. On a étendu cette étude à ces fournisseurs qui ont joué le jeu. Et ils continuent de jouer le jeu. Evidemment c’est toujours un peu délicat, mais on sent que l’on avance » indique-t-il. Pour progresser il faut mesurer et se fixer des objectifs.  « La mesure c’est extrêmement important. On est en plein dans la fixation d’ambitions et d’objectifs. On va s’atteler à les atteindre année après année parce que ce n’est quand même pas simple » commente le CTO.

« La clé c’est de voir comment un certain nombre de ces objectifs peuvent être déposés dans certains grands programmes de transformation »

Afin d’atteindre ces objectifs, il souhaite profiter des grands programmes de transformation technologique prévus chez Axa. « « La clé c’est d’essayer, de voir comment un certain nombre de ces objectifs peuvent être déposés dans un certain nombre de grands projets ou de grands programmes de transformation que l’on peut avoir. Nous avons fait l’exercice » annonce-t-il. Axa mène actuellement un certain nombre d’initiatives transformationnelles très importantes sur la partie « Tech and data ». « Pour chacune, nous avons vraiment essayé et nous sommes encore en cours, nous avons essayé de déposer un certain nombre d’objectifs à l’intérieur de ces projets pour faire en sorte que l’on trouve un véhicule naturel qui est lancé, qui a une structure, des sponsors, du budget, pour contribuer à l’atteinte de ces objectifs » décrit-il.

Pour lui, la « digital sustainability » doit être présente dans les indicateurs de gouvernance opérationnelle. « On ne peut pas parler de digital sustainabilty sans parler d’architecture, de gestion de données, de pratiques de développement logiciel, et de comment intégrer tous ces concepts dans les gouvernances opérationnelles qui nous pilotent au quotidien dans les indicateurs, dans les processus, les outils, c’est extrêmement clé » dit-il. La digital sustainability doit être dans l’air que respirent les équipes. « La digital sustainability c’est comme la sécurité ou la qualité, c’est l’histoire de tout le monde tous les jours. Il faut que l’on trouve les façons d’intégrer ces concepts de manière très tangible dans le quotidien de tous nos collaborateurs » pense-t-il.

De nouveaux critères utilisés dans les processus de sélection des fournisseurs

Ces questions et ces enjeux vont également être répercutés sur les fournisseurs technologiques d’Axa. « Nous avons lancé la définition d’un certain nombre de critères que l’on commence à utiliser dans les processus de sélection [NDLR : de prestataires], quand on est sur des appels d’offres ou en contact avec un certain nombre de fournisseurs » annonce-t-il.

Il souhaite enfin que l’initiative de « digital sustainability » ne s’essouffle pas et se maintienne sur la durée. « Nous sommes aussi en train de travailler sur une approche commune, avec nos partenaires pour faire en sorte que la manière dont on va intégrer au sein d’Axa la sobriété numérique soit avec un impact plus grand et surtout que cela soit fait de manière pérenne » s’inquiète-t-il. « Je veux éviter que tant que l’on énormément de focus et d’attention, dans la montée en charge de l’initiative, tout se passe bien et qu’ensuite quand les autres priorités commencent à passer un peu par-dessus, pour de bonnes ou mauvaises raisons, que tout d’un coup cela s’essouffle et cela se dégonfle » conclut-il.

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