Trop de hiérarchie, manque de polyvalence, frais généraux,  … Guillaume Pepy liste les maux de la SNCF

Guillaume Pépy, Président de la SNCF (Photo d'archive)

Manque de polyvalence des cheminots, organisation du travail gérée de la même manière partout, trop d’échelons hiérarchiques et des frais généraux et de structure élevés, tels sont les maux de la SNCF listés par Guillaume Pépy, Président de la SNCF.

100 millions d’euros par an à partir de 2020

A l’heure où il faut adapter l’entreprise publique face à la montée en puissance de la concurrence, la fin du recrutement au statut devrait aider à corriger cette situation, et réduire les coûts de 100 millions d’euros par an, promet le dirigeant. Date de démarrage prévue par le gouvernement : 1er janvier 2020. Cela devra même contribuer à réduire l’écart de compétitivité entre la SNCF et ses futurs nouveaux concurrents évalué à 25%, ajoute Guillaume Pépy. C’est ce qu’il a présenté en matinée sur les ondes de France Info, ce 15 mai.

25% d’écart de compétitivité entre la SNCF et ses futurs concurrents

« Le chiffre de 100 millions d’euros d’économies par an liées à la fin du recrutement au statut annoncé par Elisabeth Borne, Ministre des transports, est tout à fait exact », a confirmé Guillaume Pepy. Il a souligné que cet effort serait insuffisant car l’écart de compétitivité avec les futurs concurrents est élevé. « L’écart de compétitivité entre la SNCF et ses futurs concurrents le jour où la concurrence va s’ouvrir,  n’est pas de 100 millions, il est d’environ 25% » pointe-t-il.

Il n’est pas question de moins payer les gens, affirme le Président de la SNCF. « Les 100 millions, c’est l’écart entre le coût d’une personne au statut et le paiement probable des nouveaux salariés qui vont avoir une convention collective, et un accord d’entreprise » explique-t-il.

Absence de polyvalence en tête

« Ce qui coûte cher dans le statut, c’est d’abord l’absence de polyvalence » dit-il. « Les métiers sont définis de façon très étroite. Les cheminots ne peuvent pas avoir des compétences élargies, pour pouvoir lorsqu’ils rencontrent un client répondre à une question sur l’accueil, une question sur la vente ou sur le contrôle » liste-t-il.

Les salariés, les syndicats et les managers doivent adapter l’organisation du travail

Deuxième source de coûts : l’organisation du travail à la SNCF. « On a une organisation du travail extrêmement rigide. Que l’on soit à Dunkerque, Chambéry ou Culmont-Chalindrey, l’organisation du travail est la même.  Il faut laisser les salariés, les syndicats et les managers adapter l’organisation du travail » propose-t-il.

Enfin, il reconnaît le poids des frais généraux et d’une hiérarchie trop importante. Un train de vie qui ne pourra pas être maintenu à l’ère de la concurrence. « On a des frais généraux qui sont ceux d’une belle entreprise publique, présente sur tout le territoire avec beaucoup d’échelons hiérarchiques et beaucoup de structures, évidemment dans la concurrence il va falloir réduire tout cela » annonce-t-il.

Former les cheminots aux nouvelles technologies

Pour l’avenir, le Président de la SNCF entend miser sur les savoir faire du groupe tout en formant les cheminots au numérique et aux nouvelles technologies. « L’avenir des cheminots est dans les compétences et dans le savoir faire. On a 170 ans d’histoire sur la sécurité, la régularité, la robustesse, sur les savoirs faire » souligne-t-il.

« On va faire un grand plan de formation de nos cheminots pour les former au digital, aux nouvelles technologies, et pour garder notre avance. On va négocier ce plan de formation dans les mois qui viennent avec les syndicats. Et mon souhait est que cela démarre dès 2019 » conclut-il.

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