Cherche villes et hôpitaux pour tester l’intelligence artificielle en grandeur nature

L'événement AI France Summit 2019 a eu lieu le 19 février à Paris [Photo : Tech'In France]

La France doit absolument faire mieux en matière d’intelligence artificielle. Pour cela, il faut créer de vastes zones d’expérimentation concrète de l’intelligence artificielle, faciliter l’accès aux données et accroître fortement la puissance de calcul disponible dans l’hexagone pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle.

Rapport présenté le 19 février

C’est le sens du rapport intitulé « Prospective, intelligence artificielle : État de l’art et perspectives pour la France », remis le 19 février à l’occasion de l’événement AI France Summit 2019. Le rapport a été établi à la demande d’organismes publics, le Pipame (Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques), la DGE (Direction générale des entreprises) et le CGET (Commissariat général à l’égalité des territoires).

Faciliter les expérimentations concrètes et l’accès à toutes les données disponibles

Les actions proposées par le rapport visent à favoriser l’expérimentation de l’intelligence artificielle sur le territoire. L’expérimentation en conditions réelles est clé pour fédérer tous les acteurs impliqués : acteurs publics des administrations centrales et territoriales, laboratoires de recherche, enseignement, écosystèmes innovants, startups, grands groupes, financeurs et grand public.  Le second objectif des actions proposées vise à rendre le plus accessible possible toutes les données disponibles pendant la phase de recherche et de développement de technologies d’intelligence artificielle.

Pour cela, le rapport préconise de créer une distinction explicite et légale entre la phase d’expérimentation et celle de l’usage commercial des données. Cette distinction doit permettre de simplifier l’accès aux données pendant les phases de mise au point. En santé par exemple, la très grande majorité des technologies d’intelligence artificielle développées par des startups créées en France l’ont été avec des données provenant d’autres pays, induisant un risque de délocalisation des activités dans ces pays et d’affaiblissement de l’écosystème français, pointe le rapport.

Transformer les hôpitaux en zone d’expérimentation 

En matière de zones d’expérimentations, elles peuvent être crées à l’échelle d’un hôpital ou d’un réseau de soins. Un ou plusieurs hôpitaux existants pourraient être transformés en centre d’expérimentation de technologies numériques dont l’intelligence artificielle. Un investissement en infrastructure serait réalisé dans l’hôpital pour rendre accessible l’ensemble des données médico-économiques aux sociétés voulant innover. Chaque service de l’hôpital devra accepter de tester des innovations pendant une période de plusieurs mois. La dimension légale serait également totalement prise en compte par l’hôpital expérimental pour éviter aux acteurs innovants un travail lourd et fastidieux de mise en conformité.

Transformer une ville de plusieurs milliers d’habitants en zone de test pour la santé

Un second type d’expérimentation correspond à rendre accessible l’ensemble des données des professionnels de santé à l’échelle d’une ville de plusieurs milliers d’habitants : pharmacie, médecine générale, structures de soins, hospitalisation à domicile, etc. L’objectif serait le même, permettre à des acteurs innovants d’expérimenter facilement et rapidement des technologies d’intelligence artificielle. Les investissements seraient de même nature que pour l’hôpital (infrastructure communicante entre les acteurs, données, cadre légal d’expérimentation, etc.).

La recommandation du rapport correspond à créer un cadre légal rendant accessible plus rapidement et facilement des données des structures de santé pour expérimenter des services basés sur leur usage. La législation permettrait aux structures de soins en France de fournir rapidement leurs données aux chercheurs ou aux acteurs innovants qui en feraient la demande.

Zones de test des véhicules autonomes

De même, il faudrait créer des zones d’expérimentation de véhicules autonomes à l’échelle d’une ville ou d’une situation de transport à risque telle qu’une autoroute ou une zone montagneuse. Cette recommandation correspond à créer plusieurs zones d’expérimentation accessible à tous les acteurs innovants dans le domaine de la conduite autonome.

Une ville de 50 000 habitants accueillerait les véhicules autonomes

Une première zone d’expérimentation correspondrait à une ville d’au moins 50 000 habitants, représentative de situations de conduite en milieu urbain, mais avec une taille qui limiterait le besoin d’investissement en infrastructure communicante. Une seconde zone d’expérimentation correspondrait à une situation de conduite particulière  telle qu’une autoroute de plus de 100 km pour les situations de conduite rapide ou une zone montagneuse pour les situations de conduite sur routes sinueuses, à forte déclinaison ou en conditions hivernales.

Enfin, le rapport préconise de généraliser et normaliser le recueil de données de maintenance. Cette recommandation vise à inciter les acteurs industriels à accélérer la mise d’un cadre global, c’est-à-dire des infrastructures numériques, des compétences et des processus, favorisant le développement des activités de maintenance prédictive. Idem, il faut stimuler la production de données environnementales chez les industriels. Elle vise à enrichir sensiblement la quantité, la variété, le degré de finesse et la fraîcheur des données relatives à la pollution industrielle.

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