Nathalie Balla, Présidente de La Redoute : « mener des projets, ce n’est pas lié à être un homme ou une femme »

Nathalie Balla, Présidente de La Redoute, 17 avril (Crédits Photo François Tancre)

Nathalie Balla codirige La Redoute avec Eric Courteille. A l’occasion de la journée de la femme digitale, organisée le 17 avril, elle analyse sa manière de conduire la transformation de La Redoute et si le fait d’être une femme impacte sa manière d’agir.

La Revue du Digital : y-a-il des qualités que l’on qualifie de féminines qui vous ont aidé dans votre carrière ?
Nathalie Balla :
je ne me suis jamais posé la question de « en quoi le fait d’être une femme peut m’aider à entreprendre, oser, avoir des projets et mener à bien mes projets ». Je pense que c’est hors genre. C’est quelque chose qui anime tout et chacun, les petits garçons, les petites filles, les hommes, les femmes. C’est une question de volonté, de travail et d’engagement.
Néanmoins, les femmes ont besoin de « role model », c’est pourquoi je m’engage auprès de la journée de la femme digitale. Cela me fait plaisir de partager et de transmettre afin de montrer que c’est possible et qu’il suffit d’y croire.

La Revue du Digital : la programmation informatique, indispensable dans le numérique et un métier souvent associé aux Geeks  convient-il aux femmes ?

Etre Geek c’est être passionné

Nathalie Balla : ma fille code. Donc pour moi cela colle. Des femmes peuvent être Geeks, être passionnées aussi. Je pense qu’être Geek c’est rien d’autre que d’être passionné par ce que l’on fait. Et les femmes peuvent être tout aussi passionnées que les hommes. Souvent on dit que les femmes sont plus dans la relation avec l’autre, et ont plus besoin des autres pour construire, mais j’observe autour de moi et il y autant d’hommes que de femmes qui ont besoin des autres pour se construire. Ce n’est pas du tout incompatible qu’une femme soit Geek et passionnée par ce qu’’elle fait. En quelque sorte, je suis aussi Geek par le projet que j’ai mené de reprise de La Redoute en 2014. J’ai passé ma vie à construire ce projet, à accompagner la transformation de mon entreprise. Vous vivez pour ce projet.

La Revue du Digital : vous codirigez La Redoute avec Eric Courteille, vos modes de management sont-ils similaires ?
Nathalie Balla : Je manage très différemment d’Eric Courteille. Si vous le voyiez, c’est un grand gaillard qui parle très fort, qui est très extraverti. Je suis plutôt intravertie. Je monte la voix très rarement. On est très complémentaires. On avait déjà travaillé ensemble pendant 5 ans avant de reprendre La Redoute. On savait que l’on s’entendait très bien, avec des valeurs communes. Lors de la reprise de La Redoute, tout le monde voulait que nous nous répartissions les tâches dans l’entreprise. Nous avons refusé cela. Nous sommes sur tous les sujets à deux. Nous sommes un binôme homme femme, et c’est une force. Nous n’aurions pas réussi cette entreprise entrepreneuriale si nous n’avions pas ce binôme pour mener à bien cette transformation que tout le monde pensait impossible. Nous, on y croyait dur comme fer.

La Revue du Digital : comment prenez-vous vos décisions ?

On est des personnalités qui savent écouter

Nathalie Balla : nous prenons toutes les décisions importantes ensemble. Nous n’avons jamais laissé personne se mettre entre le binôme que nous constituons. Quand on a des sujets à régler entre nous, on s’enferme dans une pièce, et parfois le ton monte. Mais on sort toujours de la pièce en ayant discuté, en s’étant challengés, et en ayant pris une décision. Une décision que l’on tient. On est beaucoup plus efficace en étant un vrai binôme. On est des personnalités qui savent écouter, qui savent accepter que l’autre peut avoir raison et parfois quand on ne sait pas qui a raison, finalement à un moment donné on prend une décision ensemble, et on l’assume ensemble. Et en rège générale, on a pris d’assez bonnes décisions.

La Revue du Digital : qu’est-ce qui a fait la différence pour que l’on vous confie la reprise de La Redoute ?
Nathalie Balla : ce qui fait la différence c’est la vision, l’engagement et la persévérance. Je ne me laisse pas distraire. J’ai un fil rouge et même si le chemin n’est pas tout à fait aussi droit et linéaire que l’on aurait pu l’imaginer, je ne lâche rien avant d’avoir obtenu mon objectif. Eric Courteille est très similaire. On est tous les deux des sportifs, donc on aime gagner. Et on très différents aussi. Je ne suis pas très extravertie, mais c’est une main de fer dans un gant de velours. Sur la forme, j’ai le gant de velours mais sur l’action et sur les décisions, c’est la main de fer.

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