Toilettes publiques connectées : comment connecter des produits pour apporter de la valeur

L'absence de savon ou de papier toilette est remontée par ces nouvelles toilettes connectées

Qui va lentement va sûrement. Rendre des produits connectables exige de bien mesurer la valeur réelle et durable que ce changement va apporter aux clients.

Nouvelle version connectée des distributeurs

C’est la philosophie défendue par Thierry Launois, directeur général de JVD Hygiène. Sa société conçoit et fabrique des dispositifs destinés aux toilettes publiques tels que des distributeurs de savon, d’essuie main ou de papier toilettes. JVD Hygiène propose désormais une version connectée de ces équipements.

Il faut prendre le temps d’évaluer l’impact des objets connectés sur ses clients

JVD a pris le temps d’évaluer avec ses clients – les prestataires de service tels que le leader Onet – la valeur ajoutée de ces nouveaux équipements, notamment au travers de longs tests sur le terrain, en particulier à l’aéroport de Marseille. Le passage à l’internet des objets a un impact majeur pour les prestataires de services et les amène à faire évoluer leurs processus, leurs prestations et leurs tarifs.

Quant au métier de JVD Hygiène, il évolue également vers le service puisque l’entreprise doit désormais gérer des serveurs et des logiciels alors qu’elle était un industriel jusqu’alors. C’est ce que présente Thierry Launois. Il a pris la parole lors de l’événement Digital Change qui s’est déroulé à Nantes du 22 au 23 janvier.

70% des mécontentements liés à l’indisponibilité des consommables

« Le processus a démarré il y a un peu plus de deux ans. Cela est venu d’un premier constat qui nous a été partagé par nos clients [NDLR : les prestataires de services de propreté]. C’était que globalement 70% des insatisfactions ou des plaintes des usagers des toilettes publiques venaient de l’absence de consommables dans les distributeurs de papier ou de savon. L’idée nous est alors venue de faire que ces équipements communiquent l’information du niveau de consommables disponible » présente le directeur général. Il a alors été décidé d’équiper les distributeurs de savon, les distributeurs de papier hygiénique et d’essuie main de solutions communicantes.

Les objets connectés amènent les prestataires à adapter leur offre de services

JVD a alors pris le temps et beaucoup interagi avec les professionnels de la propreté, tout en effectuant des tests pilotes avec eux. « L’idée était de démontrer comment les professionnels pouvaient adopter cette technologie et qu’il n’y ait pas de rejet culturel de leur part. Nous voulions voir comment cela pouvait influencer les processus opérationnels et apporter de la valeur opérationnelle à nos clients qui sont les professionnels de la propreté. Et comment ils pouvaient adapter leur offre de service et leurs tarifs » ajoute le dirigeant.

La société JVD Hygiène est une PME d’une centaine de personnes, dont 40 sont présentes en France. Elle réalise environ 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en fabriquant ses produits dont la moitié concerne l’hygiène.  L’entreprise dispose de sa propre usine. Afin de rendre ses équipements communicants, elle a travaillé avec un bureau d’études de la région d’Angers.

Bouleversement du métier de l’industriel 

« Ce que nous avons apporté est notre compréhension des métiers, de ce qu’est le monde des toilettes publiques et de l’hygiène » poursuit Thierry Launois. Avec le passage à l’internet des objets, son métier d’industriel s’en trouve bouleversé. Il doit apporter des logiciels hébergés dans le Cloud qui vont communiquer avec ses équipements connectés et afficher des tableaux de bord à ses clients. « Nous ne sommes plus juste un industriel, nous devons faire fonctionner des serveurs » résume le DG.

Les agents de propreté se sont appropriés les nouveaux équipements connectés

Plusieurs expérimentations de ces nouveaux équipements connectés sont en cours. « La plus longue et celle qui nous a apporté le plus est celle de l’aéroport de Marseille avec la société Onet » précise-t-il. L’aéroport a été équipé de quelques dizaines d’équipements connectés. Il constate une bonne appropriation des nouveaux équipements par les agents de la propreté, qui se sont sentis valorisés par ce genre d’outils. « Cela facilitait la vie des équipes et il n’y avait plus d’indisponibilité des consommables dans les toilettes. Le pari était gagné » se réjouit-il. Ce test pilote a volontairement été très long, insiste le DG.

Côté choix technologiques, JVD Hygiène a opté il y a deux ans et demi pour le réseau radio LoRa afin de connecter ces nouveaux équipements. « Cela permettait de créer un réseau privé dans un bâtiment, et aussi de passer par un opérateur télécoms tel qu’Orange ou Bouygues Télécom en France » dit-il. L’architecture retenue repose sur une passerelle par bâtiment qui centralise les flux des équipements connectés en LoRa et les transmet vers le Cloud par le réseau 4G.

Réévaluer périodiquement les choix technologiques

Pour les équipements placés dans des lieux isolés, comme une aire d’autoroute, le lien télécoms géré par LoRa est directement activé. Si le choix de LoRa a été fait par rapport à celui de Sigfox il y a deux ans, le DG sait qu’il lui faudra réévaluer cette option à un moment car les technologies évoluent beaucoup. Il pense ainsi à l’arrivée de la 5G qui occupait le haut de l’affiche lors du récent salon CES de Las Vegas.

Des accords commerciaux majeurs sont en cours de finalisation avec des partenaires

« Après deux ans de développement, et 1 an d’expérimentation charnière sur le terrain, nous sommes en phase de pré-commercialisation. Nous finalisons des accords commerciaux majeurs avec des partenaires qui vont prochainement intégrer cette technologie et nos services dans leurs offres à leurs clients finaux » annonce le DG. « Notre volonté était que les professionnels de la propreté se réinventent » complète-t-il. Les données collectées par ces nouveaux équipements seront mis à disposition des professionnels.

Dans la foulée de ces nouvelles offres, un boîtier connecté sera commercialisé par JVD sous peu, destiné à mesurer le trafic dans les toilettes publiques et en déduire une idée de la nécessité d’intervenir sur le site pour le nettoyer. Le boîtier permet également de mesurer la satisfaction des utilisateurs et de tracer les interventions des personnels.

« Nous basculons dans le smart cleaning. Il faut que l’offre de services apporte de la valeur durable pour les usagers et les exploitants. Il s’agit d’enjeux métiers d’abord » conclut Thierry Launois En interne de JVD Hygiène, le projet a été piloté de manière transverse entre le bureau d’étude, le marketing, les achats et la direction générale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Newsletters de La Revue

Retrouvez le meilleur de l'actualité du digital


Restez connecté !