Le « ship from store » : la révolution en marche du commerce

Jonathan Attali, Etam, Nicolas Dubois, Jardiland et Alexandre Nottin, Franprix

Le « ship from store » convainc de plus en plus de commerçants. Il transforme les points de vente en petits entrepôts d’où sont expédiées les commandes des clients passées sur internet ou depuis d’autres boutiques d’une enseigne.

Etam, Jardiland et Franprix témoignent

Le « ship from store » change les activités des vendeurs en magasin et exige de nouvelle formes de livraison plus respectueuses de l’environnement, voire fait appel à la livraison collaborative entre voisins. C’est ce que l’on retient de la table ronde réunissant Etam, Jardiland et Franprix organisée par MDC Communications lors de l’événement du Commerce connecté Show, le 14 juin à Paris.

Les vendeurs préparent les commandes à faire livrer

La livraison et le retour marchandises sont le maillon faible du e-commerce. Le « ship from store » change la donne. Au lieu d’expédier les marchandises depuis un entrepôt central en région parisienne, elles sont préparées et expédiées par les vendeurs des points de vente locaux.

C’est ce qu’a choisi Jardiland, l’enseigne de distribution de plantes, d’articles de jardinage, de mobilier de plein air et d’animalerie. Jardiland dispose de 180 magasins en France et emploie 2500 personnes. Les magasins deviennent des entrepôts. Ils présentent d’ailleurs l’avantage de proposer des gammes plus diversifiées que ne pourrait conserver un entrepôt central, notamment tout ce qui concerne les plantes de serre. Et il devient inutile d’immobiliser plusieurs millions d’euros de stock en central sans savoir ce qui sera vendu. Jardiland gère 17 000 références produits qui vont de la boule de Noël à 50 centimes d’euros au salon de jardin à 2000 €.

Des vendeurs qui préparent des commandes

Challenge : il a fallu transformer les vendeurs en préparateurs de commandes pour le e-commerce. « Les vendeurs ont plusieurs journées dans leur journée de travail. Avec la préparation de commandes, on ajoute une activité à leurs activités comme la mise en rayons  ou le conseil et on profite des temps morts en magasin » présente Nicolas Dubois, directeur digital de Jardiland.

Le retour sur investissement est formidable chez Jardiland

Le retour sur investissement ? « C’est formidable » répond le responsable. Il souligne qu’il y a peu d’investissement à réaliser, pas de coûteux entrepôt central à mettre en place par exemple. On obtient une meilleure occupation des personnels et une meilleure rotation des stocks. En semaine par exemple, les vendeurs peuvent travailler à la préparation des commandes et être plus près des clients le samedi. Côté informatique, l’enseigne met en place un OMS (Order Management System) et un picking. Le coût apparaît mineur.

Franprix, l’enseigne de proximité en alimentaire, très présente en région parisienne puisque 90% de ses 900 points de vente sont en île de France, mise également sur le « ship from store », c’est-à-dire la livraison depuis le point de vente. Tous les magasins ne sont pas éligibles, il faut suffisamment de ressources pour réaliser cette tâche supplémentaire. C’est ce que précise Alexandre Nottin, directeur e-commerce de Franprix.

Réagir face à Amazon 

Franprix a mis en place ce service afin de réagir à Amazon Prime Now qui promet une livraison en 2 heures. De plus, cela lui évitait de créer un entrepôt centralisé et automatisé dont l’enseigne n’avait pas les moyens et dont elle ignorait le retour sur investissement. « Nous proposons une livraison en 30 minutes. En déployant depuis un magasin, c’est beaucoup plus facile de rentabiliser les choses » réagit Alexandre Nottin. Franprix joue sur son réseau de proximité, un atout dont ne dispose pas Amazon.

« Les livraisons s’effectuent à pied ou à vélo » précise le responsable. Côté sources de commandes, Franprix est partenaire de multiples acteurs tels que Deliveroo, Glovo, Just-eat ou CDiscount. “L’objectif c’est d’avoir des sources de commande qui viennent de différentes places” ajoute-t-il. Franprix concurrence également E.Leclerc. « Mais nous sommes sur des paniers moyens de 12 € et fréquents chez Franprix. Les paniers chez E.Leclerc sont plus importants et ils ne disposent pas de réseau de proximité » relève Alexandre Nottin.

Les performances du ship from store sont supérieures à celles des entrepôts

Etam pour sa part apparaît comme un vétéran du « ship from store ». Ses enseignes Undiz et Etam utilisent ce dispositif. Le « ship from store » est disponible depuis janvier 2017 chez Etam, précise Jonathan Attali, directeur digital et e-commerce d’Etam. “La e-logistique fait partie de l’expérience client” insiste-t-il.

Il s’appuie notamment sur la startup Deliveer.ee. Celle-ci intègre les services de différents prestataires de transports locaux qui viennent chercher les produits en magasin. Chez Undiz, marque du groupe Etam, « la performance des vendeurs en termes de préparation de commandes est supérieure à celle des entrepôts » souligne la société de conseil Neo26 qui accompagne Etam dans le « ship from store ». De plus, Undiz met à disposition des “lockers”,  des casiers sécurisés; où les clients peuvent venir chercher leur commande.

Et si la cliente préfère être livrée à domicile, « ce qu’apprécient les clientes c’est le fait de pouvoir choisir le créneau de livraison, plutôt que d’être livrée dans les 2 heures » relève Jonathan Attali. Le prochain défi pour la livraison du dernier kilomètre ? « Bannir les moteurs thermiques des centres villes et recourir au collaboratif pour la livraison entre voisins » conclut Neo26. La coopération entre les personnes permettra de réduire la pollution due aux transporteurs. Le e-commerce pourrait ainsi devenir compatible avec la protection de la planète.

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