General Electric : l’internet des objets décolle silencieusement dans l’industrie avec des capteurs à 2$ | La Revue du Digital

General Electric : l’internet des objets décolle silencieusement dans l’industrie avec des capteurs à 2$

PDG GE Europe - BF2
Vincent Champain, directeur des opérations de General Electric

Il y a une révolution silencieuse dans l’industrie liée à l’arrivée des capteurs de données très peu coûteux, à 2 $ pièce. C’est ce qu’annonce Vincent  Champain, directeur des opérations de General Electric, le géant américain de l’industrie et de la production d’énergie, récent acquéreur du fleuron hexagonal Alstom.

Sous le feu des projecteurs 

Ce qui se passe, voyez ce petit système,” dit-il, présentant entre son pouce et son index un minuscule composant, que l’on distingue à peine, sous le feu des projecteurs, le 2 février sur la scène du 01 Business Forum, à Paris.

Cela peut tout faire, il y a juste besoin de rajouter une pile, ça peut traiter 100 millions d’opérations à la seconde, avoir 4 Mo de mémoire vive, communiquer avec un serveur, avec le Cloud, récupérer de l’information d’un compresseur, d’une machine, transmettre des commandes, pour aller plus vite ou aller moins vite, et ça coûte 2$,” annonce-t-il.

Optimiser les installations industrielles

Et cela signe un internet des objets encore plus puissant que l’internet des objets du grand public,dit-il. Et plus que cela, c’est l’annonce du développement de logiciels d’optimisation dans la conduite des dispositifs industriels.

Toutes les améliorations industrielles que vous pouvez imaginer et qui nécessitent d’avoir de l’information, de l’analyser, de la transmettre, de la comparer à des séries venant sur un siècle de fonctionnement de machines dans tous les pays du monde, dans tous les environnements du monde, toutes les améliorations de cette nature qui rapportent plus de 2$, vous allez pouvoir gagner de l’argent à les réaliser,” pronostique-t-il.

Et de rappeler que General Electric vend, entre autres, des chaudières pour faire de l’énergie électrique à 50 millions de dollars – le mot nucléaire ne sera toutefois jamais prononcé – et qu’à l’échelle du coût de ces produits, y ajouter ce type de capteurs est très largement négligeable, “basiquement à zéro,” dit-il.

La valeur est dans le logiciel

Cela veut dire deux choses. Pour le dirigeant, il va y avoir une vague d’améliorations considérables qui va toucher tous les métiers industriels. “Etant donné que capter l’information et la transmettre, la traduire en action ne coûte rien, ce qui coûtera c’est le software., le développement de logiciels,” déclare-t-il.

Le développement de logiciels, ce sont tous les algorithmes et toutes les façons dont il va être possible de transmettre des expertises qui étaient auparavant uniquement dans la tête des ingénieurs de General Electric.

Et ces logiciels vont agir “à chaque micro seconde, appliquer avec beaucoup plus d’ampleur et de réactivité, tous ces cas d’améliorations possibles. On en parle moins dans les journaux mais il y a une révolution silencieuse du modèle industriel qui est vraiment en train de se passer,” résume-t-il.

Concurrent de Microsoft et d’Oracle

Dès lors General Electric a en ligne de mire Oracle et Microsoft comme concurrents. “Il faut comprendre ce qui se passe dans l’industriel,” poursuit Vincent  Champain. “On prend peut être moins de part dans les médias. En termes de valeur économique créée, on estime que dans quelques années, ce sera le double de ce que l’on a dans l’internet de grande consommation,” conclut-il.

Un parcours entre performance de l’état et de l’industrie

Vincent Champain est directeur des opérations de General Electric pour la France depuis 2012. Economiste, il a débuté sa carrière au ministère des Finances. Il pilote ensuite les finances de la ville de Lille, puis intervient dans l’évaluation des politiques publiques. En 2009, il rejoint le cabinet de consulting McKinsey sur des missions de développement de la performance.

Vincent  Champain est passé par tout ce que la République fait de mieux en matière de formation – Polytechnique, l’ENSAE (École nationale de la statistique et de l’administration économique) et l’université Paris Dauphine.

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