« Pour la transformation digitale, il faut partager les données dans l’entreprise » | La Revue du Digital

 « Pour la transformation digitale, il faut partager les données dans l’entreprise »

Mick Lévy - B&D - BF

Pour la transformation digitale, il faut créer un socle de données et fluidifier le partage des données. Cela remet en question l’organisation de l’entreprise. C’est ce que défend Mick Lévy, en charge de l’innovation chez Business & décision. Il interviendra à l’occsion d’une session de travail de l’événement « connaissance client et digital » le 9 avril prochain.

Question : vous soulignez que la transformation digitale des entreprises doit s’appuyer sur un socle de données solide. Comment réussir un tel projet, qui est souvent aride ?
Mick Lévy : il faut casser les silos organisationnels, parvenir à faire travailler main dans la main l’IT et les métiers. Et les décideurs doivent intégrer le fait que ces projets sont stratégiques pour leur business. Un sponsoring fort et surtout impliqué de la direction générale est un facteur de réussite prépondérant. Ce type de projet crée des défis importants pour les organisations.

Question : en quoi la transformation digitale et le Big Data sont-ils liés ?
Mick Lévy : la transformation digitale vise à s’adresser aux clients de façon globale, sur tous les canaux  et avec un haut niveau d’interaction et une expérience utilisateur optimale. Cela nécessite une connaissance fine des clients et de leur comportement. Cela change en profondeur la relation aux marques. C’est là qu’intervient le Big Data. Les données sont  porteuses d’opportunités. Pour une stratégie digitale efficace il faut une capacité à collecter, analyser et rendre intelligentes les informations. Les entreprises réalisent que les données sont un capital à faire fructifier car elles peuvent constituer un avantage compétitif et être sources de nouveaux business.

Question : la création d’un socle de données est en général long et pénible. Y-a-t-il des « quick wins » ?
Mick Lévy : les choses ont évolué. Les nouvelles technologies s’accompagnent de démarches plus agiles, plus proches du temps de la décision et de l’action des entreprises. Nous venons de développer une initiative Big Data en seulement 4 semaines avec des résultats probants pour un client. C’est ce premier pas qui a permis de débloquer une enveloppe budgétaire plus importante et d’étendre le périmètre du projet. D’itération en itération, le socle se construit en faisant à chaque fois la preuve de la valeur.

Question : une fois ce socle construit, faut-il nommer des propriétaires des données, des responsables de leur mise à jour, voire un Chief Data Officer ?
Mick Lévy : la question posée est celle du cadre de travail de l’entreprise. C’est la gouvernance des données et c’est une des missions du Chief Data Officer. Cette fonction est essentielle pour lancer les actions business permettant de tirer des revenus de la data. Le CDO devra catalyser les énergies et mettre tous les acteurs en mouvement, tout en s’assurant du respect des contraintes CNIL et réglementaires ou de l’alignement avec la stratégie RH.
Le CDO devra aussi prendre à sa charge la conduite d’un changement culturel. Il faut parvenir à faire prendre conscience que les données ne livreront tous leurs bénéfices pour le business que si elles sont partagées et qu’elles circulent de façon fluide dans l’entreprise. C’est un défi pour beaucoup d’entre elles. La question est celle du partage des données, via des responsables de la cohérence, des mises à jour, etc.

Question : quels sont les apports marketing concrets d’un socle de données ?
Mick Lévy : les apports les plus parlants sont chiffrables. Parmi les sociétés que nous accompagnons, on peut citer un leader du tourisme qui a multiplié par 3 les ventes via ses campagnes digitales. Autre exemple, un organisme financier qui a pratiquement doublé les ventes de produits réputés difficiles à placer et pourtant à forte marge. Ces deux cas ont en commun d’avoir été déployés sur des délais très courts en s’appuyant sur des technologies temps-réel et sur des moteurs de recommandation basés sur des algorithmes de Machine Learning. 2015 sera au Big Data ce que 1998 a été à internet. Beaucoup d’entreprises hésitent à se lancer mais celles qui investiront tôt ce nouveau domaine seront celles qui en tireront les avantages les plus importants.

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