Axelle Lemaire : «  mon travail c’est de faire venir les investisseurs étrangers en France » | La Revue du Digital

Axelle Lemaire : «  mon travail c’est de faire venir les investisseurs étrangers en France »

La France héberge des pépites en matière de startups, il leur manque juste le financement au delà du million d’euros. Axelle Lemaire, secrétaire d’état au numérique, s’y emploie en travaillant à faire venir les investisseurs étrangers. Et elle se réjouit du leadership des Français en matière d’objets connectés.

La France  et l’Europe ont raté une décennie qui était celle des OTT (Over The Top) et des grandes plateformes numériques. Mais l’arrivée des objets connectés nous donne une seconde chance.  C’est ce qu’espère Axelle Lemaire, secrétaire d’état chargée du numérique.  Elle s’est exprimée à l’occasion d’une interview de La Revue du Digital durant l’événement Web2business 2015, organisé à Paris le 20 Janvier. « Nous pourrions être leader dans la décennie qui arrive sur les objets connectés, » affirme-t-elle.

Bilan positif

Elle tire un bilan positif de l’édition 2015 du CES Las Vegas qui s’est tenu du 6 au 9 Janvier. « Le président du CES Las Vegas, Gary Shapiro, a déclaré dans ses conclusions, que l’événement de cette édition, c’est la France » se félicite-t-elle.

Il y avait 66 startups françaises dans l’espace Eureka Park, ainsi que des grands groupes qui ne sont pas forcément dans l’économie numérique. « Ce sont les entreprises françaises qui ont remporté le plus grand nombre de prix. Vingt prix de l’innovation pour dix startups françaises. Techcrunch et Yahoo ! en ont parlé. The Economist parle très positivement de la French Tech » poursuit-elle.

Objets connectés

Les objets connectés faisaient partie des thématiques dominantes du CES Las Vegas, des produits de grande consommation présentés. « Dans ce secteur, les entreprises françaises sont bien positionnées, ont des idées géniales, et plusieurs ont signé des marchés avec des retailers américains » raconte Axelle Lemaire.

Ces objets connectés ont été vus dans tous les domaines. « Beaucoup dans les loisirs, je pense aux drones, aussi dans le domaine du bien être. Il y a une ceinture connectée dont la taille varie en fonction des repas. Il y a la chaussure chauffante qui peut permettre d’aider les alpinistes ou les secouristes en haute montagne. Il y avait un éventail de choix incroyables, et beaucoup d’imagination » sourit la ministre.

Faire venir les investisseurs

Axelle Lemaire souligne également son rôle d’agent commercial de la France. «  Je me déplace beaucoup à l’étranger pour mettre à plat certains stéréotypes sur l’économie française, et exposer les mesures prises par le gouvernement en faveur des entreprises, très méconnues à l’étranger. La une de certains médias continue de se focaliser sur quelques incidents anecdotiques du passé et pas sur la réalité » regrette-t-elle.

Objectif, faire venir les investisseurs. « Je rencontre beaucoup d’investisseurs, de Venture capitalists,  pour leur dire une chose, vous passez des vacances en France, vous la connaissez bien, venez pour faire du business, en liant pourquoi pas vacances et business » dit-elle.

Des pépites extraordinaires

Elle propose de venir voir les écosystèmes innovants à Paris et dans les métropoles labellisés FrentTech, « parce qu’il y a des pépites extraordinaires en recherche de financement. »

Elle souligne qu’un des obstacles principaux pour les startups françaises afin qu’elles deviennent des scale-up, croître en France et créer des emplois, c’est le financement au-delà des 1, 2 ou 3 millions d’euros, pour industrialiser et s’internationaliser. «  Là il y a un manque critique. Mon travail c’est d’aller convaincre les investisseurs étrangers qu’ils doivent venir investir en France » insiste-t-elle.

300 millions d’euros pour les startups

Elle cite le fond Partech Shaker qui est le 2ème fond d’investissement en capital risque en Europe. Il est à la fois français et allemand, et basé dans la Silicon valley. Il réunit plus de 300 millions d’euros pour financer des startups qui seront incubées à Paris, avec des grands groupes.

Afin d’encourager l’investissement des grands groupes, Axelle Lemaire rappelle qu’elle vient de mettre en place un dispositif d’amortissement fiscal sur 5 ans, de l’investissement des grands groupes dans des startups par le biais de fonds d’investissement. « Le corporate Venture en France c’est 250 millions d’euros par an. C’est très insuffisant. Je voudrais que ce soit 1 milliard d’euros dans deux ans » affirme-t-elle.

Financer par les capitaux

En ce qui concerne l’investissement des particuliers, elle reconnaît que le PEA PME a un succès très mitigé et qu’il n’attire pas beaucoup. « C’est dommage. Il faudrait que les banques et les compagnies d’assurance puissent réserver une partie de l’épargne qu’ils gèrent au financement de l’économie innovante de manière plus risquée, plus osée. Et que l’on ne soit pas dans le financement de l’économie par la dette, et plus dans un financement par les capitaux » conclut-elle.

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2 réactions sur “Axelle Lemaire : «  mon travail c’est de faire venir les investisseurs étrangers en France »

  1. leguay

    Bel interview, mais plein d’aveux. Nous avons le système bancaire le plus riche et le plus rentable d’Europe, avec des fleurons comme la BNP ou la Société Générale, qui possèdent de superbes buildings à New York !!! Nous avons le taux d’épargne le plus élevé d’Europe. Nous avons des grands groupes financiers qui investissent des milliards pour construire des centres commerciaux inutiles autour de Paris. Nous avons financé des milliers de rond point, à plusieurs centaines de milliers d’euros sur toute la France !!! Et nous n’arrivons pas à financer la moindre Start Up au delà d’un million d’euros ? Mais WTF ???

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