L’Etat va-t-il écouter la voix de la raison en matière de Cloud à la française, demande le fondateur d’Ikoula | La Revue du Digital

L’Etat va-t-il écouter la voix de la raison en matière de Cloud à la française, demande le fondateur d’Ikoula

Le rachat de CloudWatt par Orange, fait fortement réagir son concurrent Ikoula. C’est de l’irritation et de la frustration sur fond de « je vous l’avais bien dit » qu’exprime Jules-Henri Gavetti fondateur d’Ikoula, par le biais d’une tribune qu’il a fait parvenir aux rédactions.

Les politiques

Pour lui, CloudWatt est en voie de dilution. Il espère qu’il va y avoir enfin une place et de la considération pour les acteurs français déjà présents depuis longtemps. « Nous sommes à la disposition des politiques, avec les autres acteurs du numérique français, pour avancer enfin dans la voix de la raison » déclare-t-il.

« Nous aurions pu être écoutés, […] nous avons une connaissance évidente d’un marché que nous pratiquons depuis plus de 17 ans maintenant. Le numérique ne s’impose pas, il se construit avec les pionniers » poursuit-il.

150 millions d’euros investis

Il y a deux ans, Ikoula faisait partie des acteurs du Cloud français ignorés par l’état (on peut en particulier citer OVH) lorsqu’il s’est agi de financement. CloudWatt et Numergy avaient réussi à récupérer chacun 75 millions d’euros de financement public. Ce qui avait été très mal accepté par les acteurs en place.

Il y a quelques jours Orange a annoncé qu’il rachetait CloudWatt. Ce qui fait triompher Jules-Henri Gavetti. « Nous avions indiqué il y a plus de deux ans que le projet ne pouvait aboutir en l’état, » déclare-t-il.

Manque de connaissance

Pourquoi ? « Car ce projet mettait en évidence un manque total de connaissance du marché » enfonce-t-il. Pour lui, la valse des actionnaires fait s’éteindre le grand fantasme de l’IT hexagonale, « le Cloud souverain, » créé en ignorant sublimement les différents acteurs d’un marché prospère et innovant.

Pour lui, le Cloud français existait déjà grâce à « un groupe de sociétés qui avait pris la voie de l’innovation, de l’implantation régionale et de la proposition de valeur pour leurs clients. »

Sauver le code développé

Au passage, il note que les équipes de CloudWatt ont travaillé au développement d’une infrastructure selon le standard Open Stack. Un effort qui est salué par Ikoula qui espère toutefois que l’on ne jettera pas le bébé avec l’eau du bain. « Ils ont produit un grand nombre de codes et ils ont développé une expertise sur le Cloud et nous espérons que tout cela ne soit pas perdu » conclut Jules-Henri Gavetti.

Des propositions déjà faites il y a 2 ans

Face à l’échec de CloudWatt, Jules-Henri Gavetti, le fondateur d’Ikoula reprend ses propositions émises il y a deux ans.
Il estime que les freins à l’expansion d’un Cloud français sont le manque d’infrastructures en région, les limitations de l’ouverture du réseau à l’ensemble des acteurs ou encore l’absence de promotion des prestataires du Cloud.
Le fondateur d’Ikoula rappelle es propositions faites il y a deux ans et qui sont restées lettre morte :

  • Fournir une cartographie référençant les réseaux existants disponibles, fourreaux et fibres, pour faciliter le partage d’infrastructures en région avec des règles claires. Il s’agit par exemple des fourreaux et fibres le long des routes nationales.
  • Appliquer la neutralité des réseaux à tous les acteurs du Cloud, avec des règles d’accès simples et des accords de peering négociés. Ainsi, un fournisseur français de solutions Cloud doit pouvoir accéder de façon privilégiée aux clients français d’un fournisseur d’accès.
  • Publier un annuaire regroupant l’ensemble des acteurs français du Cloud afin qu’ils soient identifiés, référencés sur un même support et connus du grand public.
  • Créer un label de confiance pour permettre une meilleure promotion du savoir-faire « made in France » du Cloud.
  • Conserver la fiscalité en cours et ne pas rajouter de fiscalité numérique.

 

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