Les DSI revendiquent de porter les contraintes du numérique | La Revue du Digital

Les DSI revendiquent de porter les contraintes du numérique

Pour que le numérique fonctionne, il faut mettre en place de multiples garde-fous, des valeurs et des bonnes pratiques. C’est ce qu’ont souligné les DSI lors de l’assemblée générale du Cigref. Ils sont volontaires pour porter ces contraintes et s’adapter à la nouvelle donne. 

La liste est longue des impératifs que les DSI ont intégrés à l’heure du digital et qu’ils acceptent de porter : sécurité, gestion rigoureuse du cycle de vie de la donnée, protection des consommateurs et de leur identité numérique, éducation des dirigeants, innovation, agilité, suppression des silos, informatique à deux vitesses, etc.

Assemblée générale

C’est ce qui ressort de la conférence de clôture de l’assemblée générale du Cigref, le club informatique des grandes entreprises françaises qui réunit 138 entreprises membres, dont une majorité du CAC 40. La conférence s’est tenue le 20 octobre à Paris, au Pavillon Gabriel.

Le contexte évolue, pour autant de vieux enjeux sont toujours présents.  C’est le cas de la place de la donnée. Elle est centrale.  Régis Delayat, DSI de Scor, le leader de la réassurance, insiste « il faut que l’on reconnaisse la donnée comme un actif clé de l’entreprise, et que soit mis en place un véritable cycle de la donnée.  »  Il ajoute « la donnée n’est pas assez valorisée dans nos organisations. »

Au coeur de l’évolution

La donnée sera au cœur des évolutions des systèmes d’information. « Il faudra savoir connecter les données. L’exploitation des données a été le gros problème sur ces trente dernières années » pointe Jean-Marc Lagoutte, DSI du groupe Danone. Il ajoute : « il faut se concevoir dans un écosystème, seul on ne peut plus rien. »

L’adaptabilité devient impérative et  reconnue comme telle par les DSI. Pour Agnès Mauffrey, DSI de Michelin, « si tous les DSI font des projets en méthodes agiles, désormais il nous reste tous à agiliser nos organisations. » Le DSI doit aussi se brancher sur l’innovation. « Il faut aller chercher l’innovation dans la rue » s’exclame Bruno Brocheton, DSI d’EuroDisney. « Il faut casser les silos, favoriser la démarche collaborative, » préconise Jean Chavinier, DSI de Pernod Ricard.

Gardien du temple

Dans le même temps, Christophe Leray, DOSI du PMU, rappelle que « le DSI doit aussi être le gardien du temple, avec un droit de veto quand il s’agit d’architecture du système d’information. »

Toute cette transformation doit se réaliser en protégeant le consommateur, avertit Georges Epinette, DOSI des Mousquetaires. « Il faut capitaliser sur le Cloud et le Big Data, mais le numérique doit être fondé sur une parfaite confiance » souligne-t-il.

Stopper le productivisme

« Sécurité, transparence, confiance numérique, » sont des concepts clés pour le DOSI. « Il faut définir un cadre éthique et moral, et non un absolu productiviste » déclare-t-il. L’éthique apparaît centrale pour le Cigref. Georges Epinette poursuit avec le droit à la déconnexion, l’impératif de préserver le bien être au travail, de préserver les rapports humains et de gérer le stress.

Pour Philippe Courqueux, DSI du groupe de distribution Cora,  « il faut contrôler le thème de l’identité numérique, et ne pas le laisser aux Gafa (Google Apple Facebook Amazon). »

Les dirigeants en question

Il faut également que les dirigeants aient les bonnes compétences, une responsabilité à la charge des DSI, affirme Konstantinos Voyiatzis, DSI d’Edenred, champion français des tickets restaurant, rayonnant à l’international.  Ce rôle clé des dirigeants est également mis en valeur par Régis Delayat de Scor qui souhaite que les DSI jouent un rôle pédagogique auprès d’eux. Il s’agit de leur expliquer la technologie, et son impact sur les modèles d’affaires.

Cet impératif de disposer à la tête des organisations de dirigeants à la hauteur des enjeux du numérique aura également été souligné par Bernard Duverneuil, DSI d’Essilor. Il souhaite que les dirigeants s’entourent des bons directeurs.

Facebook et le directeur marketing

Ainsi, il faut que le directeur marketing ait déjà utilisé Facebook s’il veut réaliser des investissements dans ce domaine. Bernard Duverneuil veut aussi briser les silos, et encourager la mixité générationnelle. “Il faut accepter une prise de risque plus importante,” relève-t-il. C’est capital, car sinon cela est pénalisant pour les startups que les grands groupes veulent faire travailler. “ça les asphyxie” prévient-il.

Pascal Buffard, président du Cigref, a clôturé la conférence en estimant que le DSI n’est pas prêt de disparaître dans les organisations.

Photo, de gauche à droite : Jean-Marc Lagoutte, DSI du groupe Danone, Bruno Brocheton DSI d’Eurodisney, Georges Epinette, DOSI d’intermarché, Bruno Ménard CIO de Sanofi Aventis et Bernard Duverneuil, DSI d’Essilor, le 20 octobre lors de l’assemblée générale du Cigref. 

Ce texte a été lu 8812 fois !

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *