L’indispensable nécessité d’un standard ouvert pour l’interaction des objets connectés | La Revue du Digital

L’indispensable nécessité d’un standard ouvert pour l’interaction des objets connectés

Nest - Bf

Nous sommes à la veille de la multiplication des objets connectés dans notre quotidien. Afin de gérer ces nouveaux outils depuis un seul point de commande, a priori le smartphone, des standards sont indispensables. Des solutions Open Source se proposent.

Selon Intel, un cercle familial composé de quatre personnes possède aujourd’hui 10 objets connectés en moyenne. La promesse de ces nouveaux objets: améliorer notre mode de vie en proposant de nouveaux services à partir des données recueillies.

Même si nous ne sommes pas encore à l’heure du “tout-connecté”, un problème se pose dès à présent : les objets connectés nécessitent un standard commun pour interagir entre eux et centraliser l’information au service de l’utilisateur final.

Deux ébauches de solutions via des consortiums d’acteurs privés

Samsung Electronics, Dell et Intel ont pris l’initiative de former le consortium Open Interconnect Consortium en juillet 2014 pour définir des standards communs à tous les objets connectés pour la maison.

Ce consortium a vocation à établir une plateforme open-source à destination des fabricants d’objets connectés pour assurer leur interopérabilité sans créer des nouveaux protocoles de communication (Wi-Fi, Bluetooth, NFC, Zigbee…). Cela permettrait concrètement à un objet sous iOS d’interagir avec un autre objet sous Android et permettrait à l’utilisateur de contrôler ces objets avec n’importe quel smartphone.

Cette initiative n’est cependant pas la première du genre. Qualcomm, Microsoft, LG, Sharp et Panasonic avaient déjà mis en place le partenariat AllSeen Alliance en décembre 2013 pour établir des standards pour la maison et la télévision connectée. L’OIC se concentre lui sur la santé et l’automobile.

La voie du standard ouvert

L’AllSeen Alliance devrait aussi collaborer avec la Fondation Linux sur un framework Open Source, développé à l’origine par Qualcomm sous le nom de AllJoyn Project. La communauté du logiciel libre peut d’ores et déjà accéder au code et se familiariser avec les API sur allseenalliance.org.

Selon Jim Zemlin, directeur exécutif de la Fondation, « à mesure que les entreprises créeront plus de produits intégrant ce code, la communauté des développeurs qui consacrera du temps à étendre et à améliorer ce code augmentera, à l’image de ce qui s’est passé avec d’autres projets basés sur Linux ou OpenStack ».

La simplicité d’usage pour l’utilisateur final est primordiale

Pour l’utilisateur final, ces partenariats apparaissent comme une bonne nouvelle. En effet, la seule chose qui lui importe est de piloter tous ses objets connectés à partir du smartphone de son choix, sans avoir à ouvrir une application pour la lumière de sa maison, et une autre pour son chauffage.

Samsung l’a bien compris avec son application Smart Home, permettant à l’utilisateur de contrôler son éclairage, son four et son aspirateur à partir d’un seul tableau de bord.

La centralisation des données et des services sur un même Dashboard

Au-delà du risque de balkanisation de l’Internet des objets, l’enjeu est d’éviter au consommateur le casse tête d’avoir plusieurs interfaces de commande et de restitution. D’une part, l’utilisateur final doit pouvoir accéder à l’information collectée de manière centralisée: température de la maison, temps restant pour votre machine à laver de finir son cycle ou position géographique de vos enfants sur le chemin de l’école.

D’autre part, ce tableau de bord doit rendre accessible à un même endroit les services offerts par les objets : visualiser l’historique de la consommation d’énergie et l’argent économisé, comparer sa performance sportive avec celle de ces amis, obtenir des conseils pour améliorer son sommeil, etc.

Un enjeu majeur pour les acteurs traditionnels de l’industrie

La vraie difficulté pour les entreprises qui souhaitent intégrer les objets connectés dans leur offre est de centraliser l’information collectée par les différents objets et de la restituer sous forme de tableaux de bord accessibles.

Les acteurs traditionnels de l’industrie doivent donc intégrer un métier de fabricant et acheteur de logiciel à leur activité habituelle pour offrir à leur clientèle une restitution de données performante et simple d’usage, clé du succès final du service mis en place.

Photo : Nest le thermostat connecté de Google

 

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Kilian Bazin

Kilian Bazin est directeur général de Toucan Toco, société spécialisée dans la facilitation de l’accès à la donnée en entreprise à travers la fabrication de nouveaux services. Les Objets connectés, le Big Data et l'Open Data sont les sources de données. Dataviz, Dashboards et Mobile sont les armes pour leur restitution.

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