DSI d’UBS : « les métiers de la banque doivent savoir ce que font les startups » | La Revue du Digital

DSI d’UBS : « les métiers de la banque doivent savoir ce que font les startups »

Le DSI d’UBS est aux avant postes de la transformation numérique de sa banque. Il branche ses équipes sur la communauté des startups, des Venture Capitalists et des incubateurs afin de remonter les idées et les technologies disruptives qui émergent pour transformer les métiers de la banque. 

L’informatique est proactive chez UBS. Le DSI, Oliver Busmann, se porte aux avant postes de la transformation numérique de sa banque par tous les moyens. Le DSI est entré en fonction il y a tout juste un an. Il vient de s’exprimer via une série d’interviews vidéo que ce soit pour le Huffignton Post ou pour Fujitsu, en Mai.

Oliver Busmann est connu pour sa volonté de communiquer. Il se qualifie lui-même de “Social DSI”. Il est particulièrement médiatique. La banque UBS emploie 63 000 personnes dans le monde, est présente dans 50 pays et sa DSI regroupe 8000 collaborateurs.

La transformation numérique est un effort commun IT Business

« La transformation numérique du business est un effort mené ensemble entre le business et l’IT. Ce n’est pas une question purement IT » déclare Oliver Bussmann. La transformation numérique consiste alors à comprendre quelles sont les technologies disruptives disponibles, et utiliser ces innovations IT, processus et produits, pour changer la manière dont on fait du business.  « Il faut penser à quoi va ressembler le futur modèle économique, et aussi quelle est la proposition de valeur » affirme-t-il.

« La question clé est où sera notre business en 2020 ? Quelles seront les attentes des clients qui changeront à ce moment là ? A quoi ressemblera notre modèle économique dans 10 ou 20 ans d’ici ? » liste-t-il. Il faut développer ces plans, aider le business.

« Si vous partez d’une pure vue applicative, ce n’est pas bon » pointe-t-il. Il s’agit de déterminer la partie du processus business de la chaîne de valeur que l’on veut numériser, et sur lequel on veut fournir une expérience utilisateur différente, ainsi que les types de produits qui seront proposés de cette manière.

Des équipes informatiques au sein des lignes métiers

UBS a plusieurs activités, la gestion d’actifs, de fortune, les investissements, la banque de détail. « Nous avons des équipes numériques dans ces business avec les équipes IT embarquées  Il faut un partenariat fort avec le business,» poursuit le DSI.

« C’est une des responsabilités de l’IT de donner le pouvoir d’agir au business » dit-il. Le DSI multiplie les canaux d’information en prise avec l’extérieur, au contact des endroits qui bougent. Ses équipes sont branchées sur l’environnement des startups de la Fintech (Technologies et Finances), afin de donner l’accès aux recherches, à ce qui est disponible dans ces communautés.

« Le numérique arrive rapidement dans les services financiers. Les Venture Capitalists investissent beaucoup actuellement dans les startups Fintech, c’est une communauté qui se développe rapidement. Que ce soit dans la banque de détail ou dans la gestion de patrimoine. Il faut passer par eux pour numériser certains processus » décrit-il.

Trouver les tendances qui vont émerger

Le DSI donne donc aux métiers d’UBS l’accès aux firmes de Venture Capitalists. « Les VC ont une bonne compréhension de ce qui se passe dans cette communauté de startups. On regarde les tendances et la probabilité que ces tendances émergent » décrit-il.

De même, il fait équipe avec les universités. « Nous avons établi des projets en Suisse et dans d’autres régions » dit-il. Il parle aux incubateurs de startups.  «  Par exemple, nous faisons parti de la communauté des startup Blueline à Zurich. On parle aux incubateurs pour apprendre d’eux immédiatement » résume-t-il. Au final, il s’agit d’aider le business à définir son agenda et à le mener.

« Il faut qu’ils aient accès à ce qui est disponible dans les différents canaux, les startups, les Venture Capitalists, les Universités, les environnements de startups, et s’assurer que les bonnes pratiques sont partagées et éviter la duplication » résume-t-il.

Mais à l’heure où l’informatique est encore trop souvent considérée par les métiers comme le helpdesk ou les infrastructures, comment créer cette coopération avec le business ? « Dans le cadre de la stratégie que nous avons développée l’année dernière, nous devons être orientés sur le client et avoir le focus sur le client. Quoique l’informatique fasse, cela doit aider notre business interne et nos activités à réussir et transformer le business » dit-il.

Comprendre le business absolument

C’est un travail de fond. « Nous avons fait beaucoup d’efforts pour comprendre la stratégie du business, dans quelle direction il va, quels sont les défis, comment nous pouvons les aider. Comprendre le le business, et là où ils veulent aller, est un facteur critique de succès » martèle-t-il.

Il termine : « et au dessus de tout cela, il faut être un partenaire de confiance autant que possible, en partageant ce qui se passe du côté de l’informatique de manière transparente, en s’éloignant d’une approche de boîte noire, dans laquelle l’informatique fait des trucs dans son coin. Les efforts pour comprendre le business sont critiques. »

Photo, Oliver Bussmann, DSI d’UBS. 

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