Louis Vuitton n’hésite plus à faire appel à des prestataires de Cloud américains | La Revue du Digital

Louis Vuitton n’hésite plus à faire appel à des prestataires de Cloud américains

Franck Le Moal - BF

Le groupe de luxe Louis Vuitton fait appel à Salesforce pour rénover sa relation client dans le monde via des tablettes et à Cornerstone pour son système d’information RH. Le Cloud apporte la rapidité et la flexibilité. Reste un certain flou entourant le coût sur le long terme. 

Le Cloud est employé dans tous ses registres chez Louis Vuitton. C’est ce qu’a décrit Franck Le Moal, DSI de Louis Vuitton Malletier, le 9 avril dernier lors du salon Cloud Computing World, au CNIT à la Défense.

Orange Business Service premier prestataire

Après ses premiers contrats Cloud spécifiquement conçus avec un prestataire français, Orange Business Service, LouisVuitton n’hésite plus à faire appel à des prestataires américains, tels que Salesforce pour la relation client, et Cornestone pour son SIRH (Système d’information sur les ressources humaines).

« Le Cloud, c’est la rapidité et la flexibilité » se réjouit le DSI. Un léger bémol concerne cependant l’aspect coût . Car passé le cap du premier contrat, usuellement de 3 à 5 ans, les DSI et les entreprises font  face à de nombreuses interrogations. Le DSI reconnaît lui-même une zone de flou dans le domaine.

Le Cloud hybride

Chez Louis Vuitton, le Cloud est employé en mode hybride dans le cadre de la concentration des 12 Data Centers du groupe sur trois plaques géographiques mondiales, afin de servir les 485 magasins situés dans 65 pays. Le choix du prestataire s’est alors porté sur Orange Business Service.

« Nous sommes partis dans une rationalisation. Chez Louis Vuitton, il y a quelques années encore,  nous avions 12 Data Centers dans le monde.  Nous sommes partis sur une consolidation sur 3 plaques géographiques » confirme le DSI.

Un Cloud privé associé à de l’infogérance

Il poursuit « nous avons monté un dispositif de Cloud hybride, avec du Cloud privé et de l’hébergement classique, sur ces trois plaques géographiques, avec une consistance, des contrats de service qui permettent de prendre de la puissance de calcul, quand on en a besoin et d’augmenter aussi la puissance de stockage. »

Et si Franck Le Moal n’a pas épilogué ni détaillé les raisons de ce choix, le fait de retenir un prestataire français a tout à voir avec le fait qu’il était hors de question à l’époque pour Louis Vuitton de confier ses données à un prestataire soumis au Patriot Act. Une crainte était même de voir le FBI débarquer dans les Data Centers. Une offre Cloud de Google apparaissait alors hérétique et très peu fiable pour ce qui concerne la bureautique de base.

Lire la suite de l’article … La relation client confiée à des Américains

Photo, Franck Le Moal, DSI du groupe Louis Vuitton malletier, le 9 avril. 

Le coût du Cloud sur le long terme reste flou

Franck Le Moal se veut optimiste. Pour lui, le coût du Cloud et son TCO (coût total de possession du Cloud) ne sont pas des points noirs mais des points à travailler. N’empêche que le flou règne quand on l’écoute attentivement. « Quel va être le TCO de toutes ces applications dans le Cloud dans le futur ? Cela reste une interrogation et des sujets à travailler en profondeur pour mieux les valoriser  » estime-t-il.

De plus, « on ne va pas changer nos offres Saas tous les deux ans. On sait très bien que l’on entre dans un modèle qui est plus à long terme que les 3 à 5 ans du contrat initial » pose-t-il. Le DSI de Louis Vuitton Malletier estime qu’il est assez facile de percevoir le coût des premières années d’un contrat, sur 3 à 5 ans, mais que va-t-il se passer dans l’évolution dans le temps ?

« Aujourd’hui, la dimension de valorisation du coût complet de ces opérations est encore un peu floue  y compris pour ce qui concerne la transition depuis un système d’information vers le Cloud, y compris le « Run » dans la durée, y compris la transformation et y compris la deuxième étape,» reconnaît-il.

A la décharge des DSI, ils ont un travail encore important à faire et probablement avec les partenaires du marché, pour bien comprendre les différentes composantes du coût du Cloud, dans la durée, et par rapport au modèle Capex que les DSI connaissent extrêmement bien, et basé sur une revue analytique des différents coûts.

« Le Cloud, que ce soit le Iaas, le Paas ou le Saas, c’est un changement de modèle économique, on passe d’un modèle de Capex sur lesquels nous DSI on a beaucoup construit nos systèmes d’information dans le passé, et d’ailleurs on continue de les construire, à un modèle d’Opex.  Il faut gérer cette transition. Et ce n’est pas simple dans un modèle de budget de réaliser cela en peu de temps » conclut Franck Le Moal.

 

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