“La révolution des Moocs, c’est l’interaction entre les élèves, pas la vidéo,” pour le DG d’Open Classrooms | La Revue du Digital

“La révolution des Moocs, c’est l’interaction entre les élèves, pas la vidéo,” pour le DG d’Open Classrooms

Mathieu Nebra - MOOC - BF

Les MOOCs sont trop souvent comparés aux écoles. Ils ont pourtant des buts différents et ne font pas usage des mêmes outils. Pour réussir son MOOC, il faut respecter plusieurs règles qui auront été détaillées le 6 Mai à école42 par Mathieu Nebra, fondateur du MOOC Open Classrooms. 

Tout professeur rêve d’un cours où 100% de ses élèves seraient actifs, que ce soit à l’école ou sur internet. Mais ce chiffre reste impossible à atteindre pour plus d’une raison. Mathieu Nebra a expliqué comment s’en rapprocher. Il est le  fondateur et directeur général de l’Open Classroom, un MOOC (Massive Open Online Course), appelé autrefois le “site du zéro”, qu’il a fondé alors qu’il était âgé de 13 ans. Il a pris la parole le 6 Mai, dans les locaux de l’école 42, lors de la French Touch de l’éducation, un événement organisé par LearnAssembly.

Pas de comparaison entre MOOCs et école

Il faut savoir qu’une moyenne de 40% des inscrits sur les MOOCs ne revient jamais, rappelle-t-il. Cette statistique est due aux différents profils d’étudiants. Il y en a quatre qui se démarquent. « Il y a l’intentionniste, il s’inscrit mais pourtant il ne viendra jamais. Le passif, lui il vient voir les cours, mais il n’y participe pas. Le curieux, qui participe un peu. Et enfin le motivé, qui veut avoir sa certification et qui fera tout pour l’obtenir. », décrit Mathieu Nebra. La règle veut qu’il y ait toujours moins de motivés que d’intentionnistes.

Mais l’existence des “intentionnistes” est également due au fait qu’une inscription en ligne se déroule en un clic et qu’il n’existe aucun engagement entre le MOOC et l’élève, « il n’y a pas de contrat, et pas de frais » continue le fondateur du site du zéro. Contrairement aux écoles, il n’y a pas de répercussions si on ne vient pas. Ce qui pousse en général les élèves en cours dans les amphithéâtre, c’est le coût des frais de scolarité. « Ces différences font qu’il y a peut-être moins d’engagement pour les MOOCs et revenir sur les cours, mais ce n’est pas grave, » rassure Mathieu Nebra.

Booster l’apprentissage, façon MOOCs

Pour intéresser les élèves, il faut déjà avoir en tête « quelles compétences je veux transmettre à l’élève, mais aussi, combien d’élèves ont acquis ces compétences grâce à mon cours. » Si l’on examine les chiffres en valeur absolue, les MOOCs prennent une longueur d’avance considérable sur les écoles.

« Dans un amphithéâtre de 200 personnes, on peut espérer toucher 120 personnes. Avec un cours en ligne, on peut très facilement atteindre 1600, 2000 ou 3000 personnes. Et même si ce n’est que 800, l’investissement demandé est plus intense, ce qui rend le ratio plus intéressant. », explique-t-il.

Pour mieux toucher les élèves, il existe quatre techniques que dévoile le directeur général d’Open ClassRooms. Tout d’abord « il faut faire un cours moins long, voire très court. » Il est plus facile de suivre une leçon sur une durée de deux à trois semaines que sur deux mois.

Eviter d’interroger les élèves

Ensuite « il faut poser peu de questions, voire pas de questions. »  Si l’élève a visionné la vidéo, il l’aura suivie et comprise. Ou alors, « poser des questions très simples » auxquelles les élèves n’auront pas de soucis à répondre, ce qui leurs donnera envie de continuer. Et enfin, « il faut éviter de demander de réaliser des projets, cela demande de l’investissement et on perd de la rétention. » Si ces quatre éléments sont respectés, les chiffres s’élèveront vers 55 à 60% de rétention. « Bien entendu, la vraie astuce est de faire un cours passionnant » s’exclame Mathieu Nebra.

Créer un engagement chez l’élève du MOOC

L’engagement est la clé du succès, et d’après Mathieu Nebra « La révolution des MOOCs finalement ce ne sont pas les vidéos, mais c’est l’interaction entre les élèves. ». Pour favoriser cet engagement, différents types d’activités sont mises en place.

On trouve en premier lieu les exercices automatisés, des Quiz par exemple. Ils sont faciles à mettre en œuvre et la correction est automatique. Deuxièmement, un exercice important est celui de la correction par les pairs. Ils sont très difficiles à mettre en place, et nécessitent une précision maximale dans le travail fourni. Mais ils sont très stimulants pour l’élève qui va corriger environ trois de ses camarades.

Le directeur général d’Open Classrooms démontre l’efficacité de cet exercice de correction : « En changeant de point de vue, les élèves apprennent encore mieux. Ils voient comment les autres ont pu approcher la question. Ils adorent ça et en redemandent. […] Pour info, en Novembre deux mille devoirs ont été réalisés. Il y avait donc six milles corrections à faire (2000 x 3), et bien elles ont été exécutées en 72 heures. ». Et troisièmement, il y a l’exercice de production de contenu par les pairs. Il n’est pas noté, mais il encourage la productivité des élèves.

Les MOOCs touchent beaucoup d’étudiants en ligne, ainsi que des professionnels qui désirent apprendre. Il n’y manque désormais plus que la reconnaissance des entreprises pour la certification obtenue en ligne.

Photo, Mathieu Nebra, Fondateur et Directeur Général du MOOC l’Open Classrooms (ex le site du zéro)

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Morgane Mons

Morgane Mons est journaliste spécialisée dans les nouvelles technologies et la transformation numérique des entreprises. Esprit Geek, passionnée de multimédia, retrouvez ses actualités sur son fil twitter.

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Une réaction sur ““La révolution des Moocs, c’est l’interaction entre les élèves, pas la vidéo,” pour le DG d’Open Classrooms” :

  1. Fanny

    J’ai passé ma scolarité à jongler entre les cours du MOOC et ceux de mon école informatique Infosup (www.infosup.com) et je trouve que les deux sont très complémentaires. Je conseille à tous ceux qui veulent approfondir leurs connaissances en informatique de suivre ces cours en ligne !

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