“Le transmedia essaime vers la ville intelligente, les objets connectés et le Big Data” pour Eric Viennot | La Revue du Digital

“Le transmedia essaime vers la ville intelligente, les objets connectés et le Big Data” pour Eric Viennot

Le transmédia raconte une histoire en utilisant au mieux les différents médias (TV, internet, mobiles, tablettes).  Il suscite l’émergence de nouveaux métiers qui font la part belle au digital. C’est ce que décrit Eric Viennot, directeur de création et fondateur de Lexis Numérique, studio de création vidéo. 

Question : quelles évolutions voyez-vous dans les métiers du numérique, des jeux vidéos et de l’audiovisuel ?Eric Viennot : le domaine du transmédia est en pleine évolution. Traditionnellement il était rattaché aux  jeux vidéo et à l’audiovisuel, il essaime actuellement dans des horizons plus larges comme la ville intelligente, les objets connectés et le Big data. On fait émerger des comportements sociaux par recoupements de données comme la géolocalisation.

Côté métiers, des activités marginales il y a cinq ans, deviennent des métiers recherchés. Lors d’une étude menée pour la création d’une école transmédia à Marseille nous avons cerné des métiers nouveaux impliqués dans la création et la production transmédia.

Parmi les plus emblématiques, on trouve le producteur transmédia ; l’architecte narratif qui crée une histoire qui se joue simultanément sur différents supports ; le designer d’expérience capable d’engager le public dans un processus narratif ou interactif (comme la  visite d’un musée) sur smartphones, tablettes ou tout autre support ; le créatif technologiste mi-codeur mi-graphiste et le designer de communautés, chargé de créer l’audience et d’agréger différentes communautés.

Question : comment préparer des professionnels à ces métiers du numérique que l’on ne connaît pas encore ?
Er
ic Viennot : les universités apparaissent souvent trop lentes. Les professionnels sont obligés de développer des formations courtes d’expertise. Il est également intéressant de constater, que le recrutement de ces talents atypiques se déroule également de manière également atypique en utilisant d’ailleurs les réseaux sociaux. La pédagogie doit donc sortir des schémas classiques en se concentrant sur la pédagogie de projets par exemple. Les initiatives de l’Ecole 42 sont intéressantes à suivre comme l’auto-évaluation des étudiants.

Question : comment prépare-t-on les leaders du numérique de demain ?

Eric Viennot : la problématique du transfert d’expérience est complexe dans un environnement  technologique très mouvant. Il faut être capable de détecter les potentiels et de les accompagner y compris financièrement. Là encore, il y a nécessité à trouver de nouveaux modèles pour comprendre comment le monde évolue et les nouvelles façons de penser de la génération Y.

Question : comment la France et l’Europe doivent-elles se positionner afin de réussir face l’hégémonie américaine ou chinoise ?

Eric Viennot : la question est récurrente dans l’environnement des jeux vidéo où l’emploi est passé de 25 000 à 5 000 en 15 ans. Les Français ont l’avantage de pouvoir élargir leur spectre culturel en s’appropriant le meilleur des cultures américaines et japonaise. Leur identité s’en trouve élargie. La France a des atouts. Ses formations de graphiste comme les Gobelins ou le CNAM sont reconnues à travers le monde entier.

De plus,  la France a des moyens à faire valoir dans une période où l’on a jamais autant écrit, grâce à sa longue histoire, sa culture littéraire et son humanité.

La capacité à manier des concepts complexes et sophistiqués, qui par ailleurs, peut nous entraver à passer à l’acte, se révèle déterminante dans un retour en force de la pensée intuitive (complexity thinking) pour innover en matière d’iterative management.

Photo, Eric Viennot. 

 

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