Résoudre le “non technique” des projets numériques | La Revue du Digital

Résoudre le “non technique” des projets numériques

Gil savel - Qui nous sommes

Dans un projet numérique, les problèmes sont surtout non techniques. Or dans les entreprises, les DRH sélectionnent des techniciens et non des professionnels de l’intelligence collective. Résultat, l’entreprise trouve des solutions techniques avant de s’intéresser aux vrais problèmes. C’est ce qu’analyse Gil Savel, spécialiste du management des systèmes d’information. 

Alain Duhamel : « Ce n’était pas ma question » ; Georges Marchais : « C’e n’était peut être pas votre question, oui mais c’est ma réponse ! ». 

Nous évoluons dans un monde de plus en plus complexe où le seul invariant est le changement. Nous passons d’un monde où les schémas directeurs informatiques devaient résister aux changements pour 3 à 5 ans, à un monde où les schémas d’orientation doivent gérer l’inattendu pour les 3 ans à venir et sont réajustés chaque année.

Penser systémique plutôt que cartésianisme

L’économiste Kenneth Boulding, avec son analyse des systèmes en neuf niveaux, a changé notre vue sur l’écosystème de l’entreprise. Après lui,  l’analyse systémique est intégrée dans les méthodologies gérant les systèmes d’information via MERISE, UML, ITIL, CMMI, COBIT ou TOGAF.

En pensant systémique, on considère que « tout a, potentiellement, un impact sur tout » par opposition au cartésianisme – où l’on découpe un gros problème en petits problèmes indépendants.

Nous avons, à peu près tous expérimenté qu’un simple battement d’ailes d’un papillon peut déclencher une tornade à l’autre bout de l’entreprise. La cohérence devient le graal. Et le développement de fragments de problèmes disjoints les uns des autres constitue un risque pour l’entreprise.

Les esprits n’y sont pas encore

Le message est généralement bien compris et accepté de tous. Cependant, les esprits n’y sont pas encore. Pour exemple, l’urbanisme des Systèmes d’Information a poussé à rechercher l’exhaustivité de chaque couche architecturale qu’elle soit métier, fonctionnelle, applicative ou technique. La démarche a bien souvent abouti à multiplier les architectes – profession à peine connue, il y a six ans – sans que ceux-ci communiquent les uns avec les autres et donc à multiplier les silos.

Des problèmes de relations humaines

Depuis des décennies, on sait que sur 100 problèmes, seulement 20 sont techniques. Les 80 autres sont de l’ordre de la relation, de la communication et de l’organisation. Même s’il s’agit de poncifs, cela n’est pas réellement pris en compte.

En pratique, que faisons-nous pour améliorer notre écosystème numérique ? C’est très simple, nous nous occupons des 20 problèmes techniques et non des 80 relatifs à l’organisation.

La Direction des systèmes d’information (DSI) est attendue par la Direction Générale sur son alignement technique et ça tombe bien, nos écoles nous ont formés à cela. Imprégnés de notre culture cartésienne, l’autre monde n’appartient pas à la rationalité. Pourtant on dit qu’une décision est irrationnelle lorsque l’on ignore sa cohérence psychologique.

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