« Google est de moins en moins neutre », selon le numéro 2 de France Télévision | La Revue du Digital

« Google est de moins en moins neutre », selon le numéro 2 de France Télévision

Bruno Patino - BF

Les chaînes de télévision doivent devenir des systèmes ouverts garantissant l’universalité des accès, contrairement à Google qui est en train de se refermer et d’être de moins en moins neutre. C’est l’opinion que défend Bruno Patino, numéro 2 de France Télévision.

Les chaînes de TV traditionnelles évoluent sous la pression d’internet. Elles doivent devenir des « néo diffuseurs » pour Bruno Patino, directeur général délégué aux programmes, aux antennes et aux développements numériques de France Télévision. Il s’est exprimé le 18 décembre lors des Assises de la convergence des médias. 

Ne rien imposer au spectateur

Pour lui, « les néo diffuseurs n’ont pas à imposer aux spectateurs le choix de leur technologie ou d’un unique système de recherche et de recommandation. » Il pointe du doigt Google. « Les systèmes se comportent tous de la même manière, d’abord ils sont ouverts, puis ils se referment progressivement. Google se referme et devient de moins en moins neutre, Facebook est fermé,» analyse-t-il. Par une ironie de l’histoire, « la chaîne de TV ouverte va garantir l’universalité des accès et l’ouverture, alors qu’au début une  chaîne de télévision cadenassait le téléspectateur » sourit-il.

Mais pour cela la route est encore longue. « Il faut passer d’organisations verticales à des organisations horizontales » plaide-t-il. Il faut s’adapter à l’ATAWAD (Anytime, Anywhere, Anydevice),  c’est-à-dire d’être accessible à tout moment, depuis n’importe où et sur n’importe quel terminal.

Proposer l’intégralité des contextes

Pour le numéro 2 de France Télévision, il faut s’adapter au contexte de consommation de la télévision, en délivrant à la fois une expérience individuelle et de groupe. « On peut être en train de regarder une émission ensemble à la télévision, et réagir sur le second écran de manière individuelle. Nous les diffuseurs, nous devons proposer l’intégralité des contextes » dit-il.

Le public entre dans la télévision. « Il faut maîtriser l’ère du partage, de la conversation, des contributions, et de la coproduction » pointe-t-il. Autre point, « on vit l’âge des interfaces, du type Facebook. Il faut passer du vertical à l’horizontal. Il faut produire des APIs, des interfaces applicatives, pour que le public dialogue avec les interfaces de son choix. Les medias les plus innovants dans le monde sont ceux qui produisent ces APIs » analyse-t-il. Dernier point, « nous vivons l’âge des algorithmes, les diffuseurs peuvent être des producteurs de données » termine-t-il.

A qui appartient l’avenir

Au final, Bruno Patino estime que les chaînes de TV ont de véritables opportunités devant elles et ne sont pas condamnées à devenir des intégrateurs un peu ringards, exception faite de quelques grands événements, d’ailleurs peu nombreux. Et il écarte également les scénarios où l’avenir appartiendrait aux sociétés qui maîtrisent l’accès, ou à celles qui maîtrisent les interfaces, ou la plateforme, ou l’écran. 

« Tous ces facteurs  sont à l’œuvre, mais je crois à l’émergence des néo diffuseurs, des néo chaînes de TV » affirme-t-il. Tout en concluant qu’il s’attend à l’arrivée massive de la SVOD  (Subscription VOD), la vidéo à la demande sur abonnement.  Son regard allant probablement vers Netflix dont tout le monde parle actuellement dans le monde des médias.

Photo, Bruno Patino de France Télévision, le 18 décembre.

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