« Tous les patrons n’ont pas intérêt à twitter » selon le président de Century 21 | La Revue du Digital

« Tous les patrons n’ont pas intérêt à twitter » selon le président de Century 21

intervenant de Century 21 - Bon format

Tous les patrons n’ont pas intérêt à twitter. « C’est super ‘touchy’, il faut faire attention. Il faut tourner 7 fois son doigt avant de cliquer » recommande Laurent Vimont, Président de Century 21 France, le réseau d’agents immobiliers. Il s’exprimait le 5 Novembre, à l’occasion d’un événement organisé sur le thème de « La parole du dirigeant à l’heure du 2.0 » par le Syntec Numérique à l’université Paris Dauphine.

Pour sa part, il intervient en propre sur les réseaux sociaux. Il refuse à son directeur de la communication que son compte soit géré par quelqu’un d’autre. « Je ne veux pas être le Kodak de demain, en passant à côté des outils digitaux, » dit-il. « Je n’ai pas mon bac, j’agis à l’instinct, j’ai pris le parti d’être présent sur twitter et Facebook, qu’il faut utiliser. » Ces réseaux viennent en complément des six millions d’euros de budget annuel qu’il dépense en communication. « Twitter et Facebook sont des amplificateurs de la communication » constate-t-il.

L’immobilier va-t-il augmenter?

Tout a démarré lorsqu’il s’est rendu compte que l’immobilier intéresse tout le monde lors des dîners.  « On me demandait toujours : les prix vont-ils baisser ou monter ? » Il s’est dit que cela intéresserait aussi sur twitter.  Sur les réseaux sociaux, il mêle des propos corporate et des propos plus légers.

« Je parle des émissions comme Danse avec les stars, ou l’amour est dans le pré » dit-il. « Je partage des émotions, cela permet de mettre de la chair et du sang, » illustre-t-il. De plus, réagir sur ces émissions permet de recruter de nouveaux followers ! « Utiliser le hashtag #danseaveclesstars, permet de récupérer des followers car il y a des millions de gens qui regardent cette émission » indique-t-il.

Il insiste : « je marche beaucoup à l’instinct. A l’occasion des deux conférences de presse annuelle, nous organisons la communication, mais sinon dans le quotidien je n’organise rien, je prends la parole quand j’ai un truc à dire. » C’est d’ailleurs son premier conseil à un patron qui veut aller sur twitter : « Qu’avez-vous à raconter ? Si vous n’avez rien à dire, ce n’est pas la peine. » Et en pratique, il incite à créer deux comptes : « l’un pour la marque et l’autre pour le dirigeant. » Il estime également qu’il ne doit pas y avoir d’usage de pseudo, car il faut pouvoir débattre, et il conseille la prudence en ce qui concerne l’humour, « tout le monde ne rit pas des mêmes choses. »

Le dirigeant doit réagir face au client mécontent

Il rappelle les bases du 2.0 : « le 2.0 c’est l’interactivité, la remontée immédiate de ce que les clients pensent de la marque. Aujourd’hui, quand un client mécontent se plaint auprès de ses amis, vous en êtes informé. » En ce qui le concerne, il répond aux clients mécontents. « Quand je réponds le WE, le client est bluffé, et cela apaise la situation le lundi matin quand il se rend dans l’agence. Le dirigeant doit réagir et dire qu’il prend en compte la réaction du client mais ce n’est pas lui qui résout le problème ni qui répond à la question. »

Il entend ainsi donner l’exemple pour les 900 patrons d’agence du réseau Century 21. « Manager c’est aussi communiquer » souligne-t-il. Enfin, il indique qu’il faut accepter de perdre le contrôle de la marque. « Il faut accepter que les fans créent eux-mêmes quelque chose sur la marque. Si on veut contrôler cette créativité, cela ne marche plus » termine-t-il.

Photo, de gauche à droite : Gilles Babinet, responsable des enjeux du numérique pour la France auprès de la Commission Européenne, Laurent Vimont, président de Century 21 France,
Didier Baichère, vice-président des ressources humaines de CGI France et Olivier Cimelière, ancien directeur de la communication de Google et auteur de «Managers, parlez numérique»

 

 

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