Face à la fraude sur internet, la police déçue du traitement judiciaire | La Revue du Digital

Face à la fraude sur internet, la police déçue du traitement judiciaire

Sécurité - e-commerce - BF

La fraude sur internet est en hausse en France depuis deux ans. C’est ce qu’a rappelé Christelle Faubert de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (l’OCLCITC), un service du ministère de l’intérieur, lors du salon e-commerce du 25 septembre dernier à la Porte de Versailles à Paris.

Les points relais facilitent la fraude

Le constat de son intervention est que la fraude sur internet s’est professionnalisée. Pire, la livraison en points relais a permis d’anonymiser les données de réception des produits frauduleusement commandés sur internet. Face à la recrudescence des escroqueries, Christelle Faubert s’est montrée déçue par le traitement judiciaire des affaires révélées par la police.

« On essaie de rapprocher le temps judiciaire avec le temps numérique, ce n’est pas simple » relève-t-elle. Les enquêtes consomment extrêmement de ressources, « la tête de réseau est souvent à l’étranger » pointe-t-elle. «  Nous travaillons sur les sites de carding, très difficiles à combattre, car les forums sont hébergés à l’étranger, dans des pays qui ne collaborent pas avec la France » regrette-t-elle.

L’escroquerie mal punie par rapport au trafic de drogue

Son intervention s’est déroulée en partenariat avec la société Fianet. « Nous collaborons avec Fianet » indique Christelle Faubert. « L’escroquerie est mal punie par rapport au trafic de drogue » est intervenu Christophe Charbot, de Fia-net. Quant à Alexandre Arcouteil également de Fia-net, il incite les e-commerçants à être très attentifs aux premiers achats sur leur site car il s’agit d’un moment critique : « sur 4% des premiers achats, on détecte 33% de fraude, et elles représentent la moitié des fraudes abouties. »

Il attire l’attention sur la facilité de se procurer des packs de piratage sur des sites tels que “Mez***.” il ajoute “on constate un recyclage de faux papiers d’identités” facilitant les escroqueries en ligne. A la conclusion de la conférence, il a été demandé de ne pas publier de photo de Christelle Faubert, ce qui explique le floutage appliqué à l’image.

Photo : intervention de Fia-net et de Christelle Faubert de l’OCLCITC, le 25 septembre 2013. Les personnes ont demandé à être floutées. 

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