Numérique : le Conseil européen va dans la bonne direction mais pas bien vite | La Revue du Digital

Numérique : le Conseil européen va dans la bonne direction mais pas bien vite

François Hollande et Angela Merkel - Bon format

Les chefs d’état européens ont montré les 24 et 25 octobre qu’ils avaient identifié les enjeux du moment en ce qui concerne le développement du numérique sur le continent.  Mais ils progressent lentement et il reste à voir comment ces enjeux seront résolus dans les textes réglementaires à venir. 

Les révélations sur les écoutes menées par l’agence fédérale américaine NSA ont occulté les résultats du conseil des Chefs d’état européens des 24 et 25 octobre à Bruxelles.  C’est dommage, car les patrons de l’Europe ont bien identifié les enjeux du moment sur le continent et annoncé leur feuille de route, au parcours un peu long toutefois.

L’objectif est la création d’un marché numérique unique en Europe dans deux ans, en 2015. Face à la rapidité d’évolution du numérique, le cadre prévu par le conseil paraît prendre exagérément son temps. Les actions prévues intègrent la protection des données personnelles, l’intéropérabilité des plateformes numériques, le Cloud Computing, le Big Data, l’Open Data et la formation. 

L’Europe havre des données ?

Première grande nouvelle, l’Europe pourrait tirer parti du scandale en cours sur les écoutes de la NSA. En effet, le Conseil veut mettre en place un marché unique européen pour le Cloud Computing et pour le Big Data. Il s’agit de promouvoir « des normes élevées permettant d’offrir des services de Cloud sûrs, fiables et de qualité » affirme le conseil. En clair, des services de Cloud qui ne soient pas sous la menace des Etats Unis ni de leurs pratiques discutables en termes d’accès aux données.

Les Etats Unis usent du Patriot Act et des écoutes de la NSA révélées par l’informaticien Edward Snowden afin de capter les informations qui les intéressent. Jusqu’alors seul le Patriot Act donnait un argument commercial aux opérateurs de Cloud souverains, souvent le seul d’ailleurs. L’affaire des écoutes de la NSA renforce le positionnement des opérateurs européens.  Bien exploité, l’argument de la confidentialité des données pourrait même transformer l’Europe en havre de paix pour les données, sauf si la NSA parvient encore à mettre son nez dans ces futurs Data Center.

L’Europe doit promouvoir l’adoption du Cloud

Quoiqu’il en soit, « l’Europe doit être en première ligne en ce qui concerne l’adoption du Cloud Computing, tout doit être mis en œuvre pour cela » affirme le conseil. Sur le terrain, un réseau de coordinateurs nationaux devrait  aider au développement du Cloud, du Big Data et de l’Open Data.

La sûreté sur internet apparaît d’ailleurs comme une préoccupation majeure. Le conseil veut que l’on accélère les travaux en cours relatifs aux propositions législatives, notamment celles qui concernent l’identification électronique et les services de confiance ainsi que la facturation électronique et les services de paiement, afin qu’elle puissent être adoptées d’ici la fin de la législature, c’est-à-dire avant mai 2014.

Alléger la pression sur les opérateurs télécoms

L’objectif du marché unique de 2015 est de favoriser la concurrence. «  La fragmentation actuelle du marché empêche d’exploiter pleinement le potentiel que recèle l’économie numérique » souligne le Conseil. C’est un leitmotiv également pour la Commission Européenne qui a contribué à préparer l’événement.

La Commission accuse en particulier les opérateurs mobiles de tous les maux à cause de leurs coûts de roaming prohibitifs, qui dissuadent tout utilisateur d’utiliser la 3G lorsqu’il se trouve à l’étranger. Pour autant, le conseil va donner de l’oxygène aux opérateurs télécoms. Il demande l’adoption rapide de mesures législatives visant à réduire le coût du déploiement du haut débit, qu’il s’agisse de la 4G ou de la fibre optique.

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