Les projets Big Data réveillent les rivalités dans l’entreprise | La Revue du Digital

Les projets Big Data réveillent les rivalités dans l’entreprise

Table ronde - Luttes politiques - Bon format

Les projets Big Data concernent beaucoup de services dans l’entreprise. Pour autant, il est difficile de faire travailler tout le monde ensemble même quand on veille à ce que toutes les équipes soient assises autour de la table. Les raisons ? La diversité des objectifs et la crainte de se voir déposséder des gains associés au projet Big Data, ou qu’un autre service en tire un bénéfice.

C’est ce qui est ressorti de la table ronde organisée lors du salon Big Data Expo, le 16 octobre, sur le thème « Intégration du Big Data dans l’entreprise. »

« La direction marketing ne partage pas ses données », constate ainsi Jérôme Besson, directeur associé chez Sentelis, une société de conseil. «  Il y a des guerres politiques dans les grandes entreprises » estime Antoine Denoix, co-fondateur et program manager chez fifty-five, une agence spécialisée dans le traitement de la donnée. Il ajoute : «  On se retrouve alors pris entre deux feux, avec d’un côté l’équipe CRM et de l’autre, l’équipe digitale, pour peu qu’elle soit un peu agile, un peu nerveuse. »

Médéric Morel, directeur conseil chez SQLI confirme que « il y a une peur de se trouver dépossédé ou qu’un autre service soit gagnant. »

Il faut dire que les métiers concernés dans l’entreprise sont très différents. « En face de nous, on trouve trois équipes, les responsables de l’acquisition de trafic, les gens du CRM qui ont l’habitude de gérer des données et les chefs de produit sont entre les deux » décrit Antoine Denoix.

Il conseille d’établir une feuille de route, de lister l’ensemble des enjeux et des gains attendus au bout de quelques mois.  « On peut placer le CRM comme étant majeur » illustre-t-il. Isabelle Claverie, architecte logiciel chez IBM ajoute : «  il ne faut pas oublier d’embarquer l’équipe informatique. Il faut permettre à l’IT de monter en compétences. »

Plus tôt dans la journée, lors d’une première table ronde, Arnaud Massonnie, co-fondateur et directeur général de fifty-five, avait également conseillé de faire asseoir autour de la table les différents métiers de l’entreprise : les acheteurs médias, les responsables CRM, les responsables de contenu, les équipes de la business intelligence, … « Ces compétences sont très variées. Il est très difficile de les faire travailler ensemble » avait-il noté. Dans un second temps, Arnaud Massonnie ajoutera qu’il convient également de faire intervenir les DSI le plus tôt possible.

« Il y a des gémellités entre le DSI et le directeur marketing aujourd’hui » pense-t-il. « Le marketing de son côté doit s’intéresser à la technologie, et le DSI ne doit plus être focalisé sur la fiabilité et la sécurité. Ils devraient être les meilleurs amis du monde » analyse-t-il. Il avertit toutefois que le partage des données est une chose compliquée. “Il y a la protection de la vie privée, la privacy” dit-il. “Et il faut s’assurer  des données dont les entreprises sont vraiment propriétaires. Les données sont souvent dispersées et non intéropérables” termine-t-il.

Face aux objectifs trop divergents entre différentes équipes,  Gilles Venturi, DG et cofondateur de Soft.computing, une société de services spécialisée dans le domaine de la relation client, décrit la “dream team” du Big Data telle qu’il la conçoit en entreprise. Lors de la session qu’il a animé, il a proposé de marier le marketing, aux statisticiens et aux informaticiens.

Il faut quelqu’un du marketing, quelqu’un de la programmation et quelqu’un du Data Mining”  annonce-t-il. La personne du marketing “dira si la recommandation a du sens“, la personne du Data Mining travaillera sur les statistiques, et la personne de la programmation prendra en charge la partie Java du projet. “Il y a du Java, ce n’est pas du Excel contrairement à ce que disent les éditeurs” avertit Gilles Venturi.

Dernier conseil : “N’essayer pas de commencer par la technique, mais allez-y par le business. Ne faites pas un POC [NDLR : Proof of concept] technique. Cibler des ROI à six mois. Il faut que cela rapporte plus d’argent que cela n’en coûte” conclut-il.

Photo, de gauche à droite : Isabelle Claverie, architecte logiciel chez IBM,  Antoine Denoix, co-fondateur et program manager chez fifty-five, Médéric Morel, directeur conseil chez SQLI et Jérôme Besson, directeur associé chez Sentelis. 

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