« Nos entrepreneurs doivent être insolents » pour Nicolas Dufourcq, DG de BPiFrance | La Revue du Digital

« Nos entrepreneurs doivent être insolents » pour Nicolas Dufourcq, DG de BPiFrance

« L’entrepreneur doit être insolent et montrer de la volonté » affirme Nicolas Dufourcq,  DG de BPiFrance, la banque qui est le bras armé de l’état dans le financement des entreprises. Il s’exprimait le 15 octobre, lors de la présentation du classement des 250 premiers éditeurs de logiciels français réalisé par le Syntec Numérique.

« Il faut de la fierté, de l’audace, de la dés-inhibition. Nos entrepreneurs sont très bons techniquement, mais pas assez insolents » déplore-t-il. Il poursuit : « il faut des cours de dés-inhibition et ambitionner de conquérir le monde tout de suite. » Il ajoute :  « dans la Silicon Valley, si on s’arrête après avoir fait 20 millions de dollars on est considéré comme un loser, et quand on n’ouvre pas son capital, on est un mauvais. Pour devenir mondial, il faut ouvrir son capital » conseille-t-il.

De manière globale, il regrette que l’on ne sache pas « marketer » la France. « En Israël, toute présentation d’entreprise débute par la présentation d’Israël, en parlant de la startup nation. Je ne vois pas pourquoi la France ne serait pas la start-up nation » propose-t-il.

D’autant plus qu’il estime que la France a changé. Il se montre impressionné : « les énergies créatrices sont en région, j’étais longtemps à l’étranger, entre temps la France a changé, il y a des pôles de compétences, même si toutes les régions ne sont pas pro business. »

Afin de soutenir cette évolution, il entend que la BPi soit proche des entrepreneurs. « Notre réseau est extrêmement capillaire en régions. Je demande à nos agents sur le terrain de rencontrer chacun 150 entrepreneurs par an. » De plus, il veut de la réactivité. « Un dispositif FUI [NDLR : Fonds Unique Interministériel], c’est 12 à 18 mois pour obtenir l’argent, ce n’est pas possible. Aucun programme d’investissement ne doit prendre plus de six mois » promet-il.

A son écoute, les sommes investies par l’état donnent le tournis.  « Il y a 3 milliards d’euros pour l’innovation par an qui sont logés chez la BPI. Ce sont des choix publics impressionnants » dit-il. « La puissance publique est partout dans le Venture, je le confirme. » Ainsi, il indique « nous avons 1 milliard d’euros dans les fonds d’amorçage, avec 600 millions de fonds publics et 400 millions de fonds privés. Nous travaillons via 20 fonds d’investissements. Nous travaillons pour éviter que des startups se perdent dans les creux entre certains de ces fonds. »

En ce qui concerne les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire), il entend montrer que leur cas a été pris en compte, et qu’elles ne sont pas oubliées. « On reproche au FSI de ne pas avoir de cohérence, j’ai décidé d’isoler une partie pour les ETI (Entreprises de Taille intermédiaires) et les grosses PME avec 3 milliards d’euros. » Les sommes investies peuvent être importantes pour chaque entreprise. «  Avec le CICE [NDLR : Crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi], on peut aboutir à financer à hauteur de 20 à 30 millions d’euros une ETI. »

Le DG se montre un fervent partisan du CICE, qu’il qualifie de CIR (Crédit Impôt Recherche) des ingénieurs. « Sur 4 à 5 ans, cela est équivalent aux charges sociales des ingénieurs » conclut-il.

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