“Il faut libérer les nouveaux salariés de la donnée”, pour Dataiku | La Revue du Digital

“Il faut libérer les nouveaux salariés de la donnée”, pour Dataiku

Les nouveaux salariés de la donnée ne doivent plus en être les esclaves. C’est le discours porté par Florian Douettau, Directeur Général de Dataiku, une jeune société française qui propose une solution de traitement des données du Big Data et qui assure la visualisation des corrélations entre les données et des analyses prédictives. Il s’exprimait lors de l’événement Open World Forum, le 4 octobre, à Montrouge (92).

Il est l’un des quatre fondateurs de cette société, qui réunit aujourd’hui huit personnes. Deux des co-fondateurs de la société sont issus de la société Exalead, qui a développé un moteur de recherche centré sur les usages en entreprise, et qui a été racheté il n’y a pas si longtemps par Dassault Systèmes.

Côté applications développées avec Dataiku, on peut par exemple déterminer pour quelles raisons les gens abandonnent leur panier d’achat sur un site Web ou quels produits mettre en avant selon l’internaute. La plupart des exemples d’applications viennent du marketing, mais on peut également utiliser le Big Data pour guider les automobilistes vers les rues où l’on est le plus susceptible de trouver une place de parking. « C’est une application que nous sommes en train d’aider à développer pour la ville de New York. Elle sera mise en service d’ici deux mois » précise le DG de Dataiku. L’application tient compte de la probabilité qu’une place de parking se libère et de l’attractivité des commerces.

La jeune société arrive dans un secteur où l’on trouve des caciques comme IBM avec sa solution SPSS. « Contrairement à SPSS d’IBM, nous pouvons exploiter des données venant de bases de données SQL et NoSQL, et de Hadoop » précise le DG.

Le Big Data fait apparaître une nouvelle catégorie de professionnels dans l’entreprise : les salariés de la donnée. Qui sont-ils ?  « Ils vont de l’informaticien qui travaille sur la donnée d’un point de vue de la programmation, jusqu’au marketeur et au Business Analyst » répond le DG.

« Ces nouveaux salariés travaillent sur la donnée. Il faut qu’ils arrêtent d’en être les esclaves » ajoute le DG. Dataiku fabrique un studio de travail pour les « Data Scientists ». Le « data scientist », cet oiseau rare doit d’abord être un « data cleaner » pointe Florian Douettau. Il faut absolument nettoyer les données. Ensuite, le même expert doit veiller à réparer les soucis que génère une plateforme Hadoop. « On ne compte plus le temps perdu à attendre qu’une tâche confiée à Hadoop soit finie » s’amuse le DG. Sans compter le temps perdu à essayer de récupérer les données éparpillées chez les différents partenaires de l’entreprise, tels que les prestataires de communication.

Qui pilote ces projets Big Data dans l’entreprise, est-ce l’informatique ou le marketing ? « Cela va dépendre des structures. C’est issu du marketing, puis piloté par le responsable de la Data  dans l’entreprise. Ce responsable peut être le responsable de la Business intelligence, le responsable du Data Mining ou de la connaissance client, qui dépend alors du marketing, ou bien le responsable du pilotage peut être le CTO, le directeur technique, ce qui est le cas dans les start-up où le CTO gère le produit développé par la société » répond Florian Douettau.

Le produit de Dataiku est employé par CDiscount, Ventesprivees.com ou PagesJaunes. Ces premiers contrats permettent de rendre la société rentable en complément de l’autofinancement apporté par les fondateurs.

Chez les e-commerçants, tels que CDiscount ou Venteprivees.com, Dataiku propose la compréhension du parcours client. Pour Pagesjaunes, la société propose l’amélioration de la pertinence du moteur de recherche, et l’analyse des raisons pour lesquelles l’utilisateur peut ne pas être satisfait par le résultat d’une recherche.

Pour Pagesjaunes, le projet a été initié par le marketing. Il est géré par l’équipe produit en charge de l’expérience de l’utilisateur sur le moteur de recherche. Cette équipe n’est pas composée d’informaticiens, mais le projet est ensuite piloté par l’informatique. Quant à CDiscount, le projet a été initié par le marketing puis il est piloté par le responsable des développements informatiques.

« Les informaticiens s’approprient ce type de projets parce que cela répond à un besoin de productivité » relève le DG. Il y a souvent une frustration dans l’entreprise si c’est cet  angle qui est pris.  Il faut un nouveau besoin métier pour créer une catalyse en valorisant un bénéfice métier, conclut-il.

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